Le mythe de l'enfant et de l'animal, particulièrement le lien fusionnel entre un jeune garçon et un cheval, a toujours fasciné Hollywood. "L'Étalon Noir" s'inscrit brillamment dans cette tradition, offrant une adaptation cinématographique d'un roman culte de la littérature jeunesse américaine, écrit par Walter Farley. Le film, produit par Melissa Mathison, Jeanne Rosenberg et William D. Coppola, a marqué les esprits par sa puissance évocatrice et la beauté de ses images, tout en inspirant le monde de l'élevage équin, notamment à travers la postérité de l'étalon Vidéo Rock.

Des Documentaires à la Magie du Grand Écran
Carroll Ballard, réalisateur jusqu'alors reconnu pour ses documentaires, se voit confier les rênes de ce projet ambitieux. Son expérience dans l'observation et la capture de la nature prend tout son sens dans la première partie du film. Fort de son passé dans le documentaire, Ballard privilégie le langage visuel, laissant les images raconter l'histoire. La première partie du film, considérée par beaucoup comme la plus réussie, est une véritable ode à la nature sauvage. Elle dépeint la relation naissante entre un jeune Alec, rescapé d'un naufrage, et un magnifique étalon noir, également échoué sur une île déserte. C'est sur ces rivages idylliques, dans un décor rappelant la Sardaigne, que se tisse un lien d'apprivoisement mutuel, une communion silencieuse entre l'homme et l'animal.
L'étalon noir le choix
Un Retour à la Civilisation sous le Signe de la Compétition
La seconde partie du film délaisse la rudesse de l'île pour un retour à la civilisation. Bien que conservant une atmosphère sympathique, ce retour est plus conventionnel dans son déroulement narratif. L'intrigue s'oriente alors vers le monde des courses hippiques, avec l'introduction du personnage de Mickey Rooney. Cet ancien jockey, dont la carrière a été écourtée, voit dans la relation magique entre Alec et son étalon noir une opportunité de reconquérir la gloire qu'il n'a pu atteindre en tant que compétiteur. Mickey Rooney, dont la propre jeunesse fut marquée par le cinéma équestre avec sa participation au film "Le Grand National" de Clarence Brown en 1944, apporte une touche de nostalgie et d'authenticité à ce segment. Il rappelle que le lien entre l'homme et le cheval, qu'il soit documentaire ou fictionnel, a toujours été une source d'inspiration cinématographique inépuisable, comme en témoignent les célèbres séries "Lassie" ou le feuilleton "Rintintin".
L'Héritage Réel de l'Étalon Noir : Vidéo Rock
Au-delà de la fiction cinématographique, le mythe de l'étalon noir trouve un écho saisissant dans le monde de l'élevage équin, illustré par la trajectoire impressionnante de l'étalon Vidéo Rock. Ce cheval, beau et d'un noir profond, a débuté sa carrière d'étalon avec peu d'arguments apparents. Personne ne pouvait alors imaginer ses qualités exceptionnelles d'améliorateur, qui lui assureraient, peu avant la fin de l'année 2009, d'être couronné meilleur étalon d'obstacle par les gains en France. Cette distinction est d'autant plus remarquable qu'elle est obtenue quasi exclusivement grâce à sa production issue de l'élevage AQPS (Association de Quarteron Races et de Chevaux de Sang), dont le champion Rendons Grâce est issu de sa dernière génération.

Un Succès Inattendu et une Carrière Singulière
Le classement de Vidéo Rock en 2009 diffère significativement de celui de France Sire, qui se concentre sur les étalons en activité sur le territoire français. Ce succès posthume est d'autant plus poignant que Vidéo Rock a disparu prématurément le 9 août 2004, emporté par une colique, une mort malheureusement commune chez les chevaux, alors qu'il se trouvait au Haras National de Cluny. Il avait juste eu le temps de saillir sa dernière génération, dont faisait partie le regretté champion Rendons Grâce.
Une particularité de la carrière de Vidéo Rock est qu'il n'a jamais foulé le sol d'un paddock en tant qu'étalon. La raison en est simple : le Haras de Cercy la Tour n'était pas encore aménagé de manière permanente comme il l'est aujourd'hui. Le cheval ne quittait son box que pour saillir au printemps, passant le reste de l'année à Cluny, une ville où est implanté le haras national.
L'Influence Majeure sur l'Élevage AQPS
Vidéo Rock a décroché le titre de 2009 grâce à sa production AQPS, un fait d'armes considérable. Sa production a généré près de 1,5 million d'euros, dont seulement une petite partie provient de trois pur-sang (PS). Vidéo Rock a entretenu une relation particulièrement fructueuse avec les AQPS du Centre, région où il a effectué toute sa carrière d'étalon, débutant à Cercy la Tour en 1990. Sa lignée, bien que considérée comme "vieille France", n'était pas particulièrement à la mode, surtout avec un père de mère peu estimé comme Home Guard. Pourtant, sa mère avait produit neuf vainqueurs, un signe avant-coureur de son potentiel.
Des Débuts Modestes et une Carrière Sportive Prometteuse
Vidéo Rock, tardif dans son développement, n'a pas été placé lors de ses deux sorties à 2 ans, mais a remporté un tiercé à 3 ans. Il a également gagné deux courses de niveau Listed. Son exploit le plus notable reste sa deuxième place derrière Trempolino, futur vainqueur du Prix de l'Arc de Triomphe, dans le Prix Niel. Les Haras Nationaux, qui étaient de grands acquéreurs de chevaux à l'époque, l'ont acquis pour une somme modique. Durant l'hiver 1989-1990, la région Centre recherchait trois nouveaux étalons. Trebrook, un autre étalon dont le nom a été oublié, et Vidéo Rock, dont personne ne voulait, ont comblé ce manque.

Un Handicap Surmonté et une Production Exceptionnelle
Vidéo Rock portait un handicap notable : selon son entraîneur Tony Clout, il ne performait pas sur terrain lourd, ce qui semblait préjudiciable pour un étalon destiné à l'obstacle. Malgré cela, il a connu des débuts fulgurants. Dès sa première génération, les "D" nés en 1991, il a produit Darling de Thaix. Par la suite, sa progéniture a inclus des chevaux de renom comme le riche Fou du Roy V, élevé par Guy de Villette, la crack des courses plates Gloria IV, et de grands sauteurs tels que Homme du Jour et Hussard Collonges (en Grande-Bretagne), élevé par les frères Delorme. D'autres produits notables incluent Hard Rock, élevé par Patrick Joubert, Imposant, élevé par Bruno Vagne, Lycaon de Vauzelle, élevé par Françoise Beaudot, Moulin Riche, New Rock, Maurice, et Porto Rico, élevé par Thierry Cyprès.
En 2009, Vidéo Rock a brillé particulièrement avec le phénomène Rendons Grâce, élevé par le Haras de Saint-Voir, ainsi qu'avec l'excellente jument Quizas Jolie. Vidéo Rock avait la capacité de transmettre sa beauté et sa santé à ses descendants mâles. Cet héritage était moins marqué chez les femelles, qui tendaient à ressembler davantage à leur mère.
Une Influence Durable et une Transmission Spécifique
Après avoir débuté sa carrière à Cercy, Vidéo Rock a officié à Génelard, une ancienne station nationale située en Saône-et-Loire, avant de retourner dans la Nièvre. Au fil des ans, les saillies de Vidéo Rock sont devenues des biens extrêmement précieux. Son influence ne risque pas de s'estomper, car bien qu'il n'ait pas eu de fils étalons, nombre de ses filles ont été précieusement conservées par les éleveurs du Centre, ainsi que par d'autres en France qui ont eu la chance d'acquérir de telles pouliches.
Vidéo Rock n'était pas un cheval parfait ; il produisait souvent des sujets au caractère délicat, peu enclins aux terrains lourds. Cependant, sa grande qualité résidait dans sa capacité à insuffler du "feu" à sa progéniture. Ses meilleurs produits sont issus de juments filles d'étalons de grandes distances, de pur-sang d'obstacle, voire de chevaux au tempérament de "tracteurs".
La Perspective d'un Critique : Une Expérience Contrastée
Certains critiques ont exprimé une opinion plus mitigée sur le film, allant jusqu'à le qualifier d'erreur. L'idée d'un film centré sur un cheval comme héros est acceptable, mais la présence d'un jeune garçon aux caractéristiques jugées peu attrayantes a pu déplaire. L'ouverture du film, avec un naufrage spectaculaire impliquant Coppola et ses effets spéciaux, où le jeune garçon échappe à la catastrophe en s'accrochant à un cheval, a été jugée peu crédible par certains. La rencontre sur l'île déserte entre le cheval et le jeune naufragé a pu susciter l'ennui chez certains spectateurs, qui ont anticipé un film lent.
Le salut espéré à l'arrivée des secours s'est avéré éphémère, le film évoluant vers une tonalité plus tendre avec l'introduction de personnages âgés, dont un vieil homme noir plein de sagesse et Mickey Rooney, dépeint comme un vieil homme empreint de sagesse. L'intrigue prend alors une tournure prévisible : une course décisive s'annonce, avec le jeune garçon comme jockey. La préparation de cette course est décrite comme éprouvante, accentuant le suspense. Finalement, l'étalon remporte la course, un dénouement jugé prévisible. Le générique final, sur lequel apparaissent des images de l'île déserte, laisse une impression douce-amère, suggérant que le temps passé sur cette île aurait peut-être dû être préservé.
Un Film d'Aventure et d'Émotion
Malgré ces critiques, le film "L'Étalon Noir" est largement considéré comme un classique. L'histoire débute avec le jeune Alec Ramsey, voyageant avec son père à bord d'un paquebot qui fait naufrage. Le garçon est sauvé par un magnifique étalon noir, et tous deux échouent sur une île déserte. Alec nomme le cheval "Black", en raison de sa robe. Après avoir réussi à apprivoiser l'animal sauvage, ils sont secourus par un navire. De retour chez lui, Alec découvre la vitesse exceptionnelle de son cheval, peut-être le plus rapide du monde.
"L'Étalon Noir" est souvent cité parmi les grands films sur l'équitation, aux côtés d'œuvres telles que "Champions" de John Irvin et "Two Thoroughbreds" de Jack Hively, souvent méconnues du grand public. Produit par Francis Ford Coppola, qui réalisait simultanément le monumental "Apocalypse Now" la même année, "The Black Stallion" raconte avec brio l'amitié qui se noue entre un jeune garçon et un cheval, avec la participation notable de Mickey Rooney dans le rôle d'Henry. Le film est décrit comme une œuvre bouleversante, aux décors somptueux, portée par des acteurs exceptionnels, offrant une soirée divine en famille. Pour les fans inconditionnels de la série "L'Étalon Noir", le film représente une redécouverte émouvante, rendant les spectateurs aussi émerveillés qu'un enfant.
L'étalon noir le choix
Des Origines Littéraires et des Adaptations Successives
"L'Étalon Noir" est l'adaptation cinématographique d'un roman éponyme de Walter Farley, publié pour la première fois en 1941 par l'éditeur Random House. Le succès rencontré par "L'Étalon Noir" a donné lieu à une suite, "Le Retour de l'étalon noir", réalisée en 1983 par Robert Dalva. L'étalon noir du film est incarné par Cass Ole, un pur-sang arabe originaire de San Antonio, au Texas. Les producteurs Tom Sternberg et Fred Roos, ainsi que le réalisateur Carroll Ballard, ont déniché cet animal après des recherches approfondies en Angleterre, au Maroc, en Égypte et aux États-Unis.
En 1949, le jeune Alec Ramsay rentre des Indes à bord d'un cargo. Le navire fait naufrage, et le jeune homme est sauvé par un cheval sauvage, un étalon arabe à la robe noire. Ils se retrouvent tous deux sur une île déserte, où le cheval, d'abord sauvage, se laisse apprivoiser par Alec, qui le nomme Black. Secourus par un navire, ils découvrent au retour que Black est d'une rapidité exceptionnelle. Le scénario est l'œuvre de Melissa Mathison, Jeanne Rosenberg et William D. Coppola. Le livre de Walter Farley, publié en 1941, fut un succès mondial, donnant naissance à une vingtaine de suites et trois adaptations cinématographiques.