La question de transformer les bars-tabacs en "lieux refuge" pour les victimes de harcèlement de rue soulève un débat complexe, opposant une initiative potentiellement salvatrice à des préoccupations légitimes quant à leur nature intrinsèque. Tandis que la Française des Jeux (FDJ), par l'intermédiaire de sa présidente Stéphane Pallez, met en avant le rôle des bars-tabacs comme "lieux de vie essentiels" dotés d'horaires d'ouverture étendus et de commerçants ancrés dans leur communauté, les associations et collectifs féministes expriment de sérieuses réserves. L'idée de ces établissements devenant des havres de sécurité pour les personnes subissant des agressions dans l'espace public est loin de faire l'unanimité, soulevant des interrogations sur leur adéquation réelle à cette mission.
La FDJ et la Vision des Bars-Tabacs comme Espaces de Vie Essentiels

La FDJ, à travers la voix de sa présidente Stéphane Pallez, souligne le potentiel des bars-tabacs à servir de points d'ancrage dans la vie locale. Ces établissements, souvent ouverts tard et tenus par des commerçants impliqués dans leur quartier, présentent des caractéristiques qui, en théorie, pourraient les rendre propices à offrir un refuge. Leurs horaires étendus, par exemple, signifient qu'ils sont souvent accessibles à des moments où d'autres commerces sont fermés, offrant ainsi une présence et une disponibilité potentiellement cruciales pour quelqu'un en détresse. La notion de "lieux de vie" met l'accent sur leur rôle social, leur capacité à rassembler et à offrir un certain sentiment de normalité et de sécurité. L'argument repose sur l'idée que ces commerces, déjà intégrés au tissu social, pourraient facilement intégrer une nouvelle fonction de soutien. L'implication des détaillants, souvent des figures familières dans leur environnement, pourrait faciliter l'accueil et l'aide aux victimes.
Les Réserves des Mouvements Féministes : Une Analyse Critique
Cependant, cette vision est loin d'être partagée par tous. Les associations et collectifs féministes soulèvent des objections fondamentales quant à la pertinence des bars-tabacs en tant qu'espaces refuge. Leur critique se concentre sur la double nature de ces établissements : ils sont à la fois des lieux de débit de boissons et des fournisseurs de jeux d'argent. Cette combinaison soulève des inquiétudes quant à l'environnement qu'ils créent. Amy Bah, présidente de la branche lilloise de #NousToutes, a exprimé ces préoccupations auprès de l'AFP, commentant : « C’est bien de faire des “safe place” partout mais il faut que ce soit bien fait ». Elle interroge directement la faisabilité et l'efficacité d'une telle initiative : « En quoi consistera la formation des buralistes ? Est-ce le lieu le plus approprié ? »
Le cœur du problème réside dans la fréquentation majoritairement masculine de ces lieux et leur propension à encourager la consommation d'alcool et les jeux de hasard. Ces éléments, loin d'offrir un environnement sécurisant pour une victime de harcèlement de rue, pourraient potentiellement aggraver la situation ou créer un malaise supplémentaire. L'alcool peut désinhiber et augmenter l'agressivité, tandis que l'environnement des jeux d'argent peut être stressant et impersonnel. Pour une personne cherchant à échapper à une situation de danger, entrer dans un lieu où ces dynamiques sont prégnantes pourrait s'avérer contre-productif, voire dangereux. Les féministes craignent donc un "féminisme washing", une instrumentalisation de la lutte contre le harcèlement à des fins de communication, sans réelle volonté d'apporter une solution adéquate. L'initiative est donc abordée avec "beaucoup de précaution", en attendant de voir le déroulement de l'expérimentation.
Le Contexte Économique des Bars-Tabacs et l'Initiative PMU
L'idée d'impliquer les bars-tabacs dans des dispositifs de soutien s'inscrit également dans un contexte économique délicat pour ces commerces. Le responsable d'une organisation professionnelle a souligné que "40 %, soit 1 500 d’entre eux, s’estiment en grande difficulté et menacés de mettre la clé sous la porte". Face à cette situation, une aide a été proposée : payer un mois de loyer aux 1 500 commerçants en difficulté, avec un versement début 2021. Cette aide est motivée par la nécessité de "nous protéger", car malgré la croissance des paris en ligne, "75 % des enjeux passent encore par les bars PMU". Cette dépendance économique souligne l'importance de ces points de vente pour des acteurs comme le PMU.
Brasseries, bars-tabacs, bouillons : le retour en grâce des lieux populaires
Le PMU, en particulier, a récemment dévoilé un nouveau système de rémunération pour ses commerces partenaires, effectif depuis le 1er janvier 2026. Ce système vise à être plus simple et incitatif, reposant sur trois axes : une commission mensuelle sur les enjeux revalorisée (jusqu'à +11% pour le taux minimum), intégrant désormais les enjeux passés par SMS, Viber et AlloPMU+. Une prime de performance semestrielle (au lieu d'annuelle) pour les points de vente "Or, Platine et Argent", pouvant atteindre deux mois de commission supplémentaire par semestre. Enfin, un bonus qualité annuel exclusif pour les points de vente "Or et Platine", prenant en compte la qualité de tenue et la diffusion des courses. L'objectif est que "90% de nos points de vente devraient voir leur commission mensuelle augmenter". Ce nouveau système s'inscrit dans une stratégie de renforcement de l'engagement des commerces partenaires, matérialisé par un système de statut évolutif (casaques Or, Platine, Argent, Bronze), où un statut plus élevé offre davantage d'avantages.
Les Paris Hippiques et la Performance du PMU
Hors périodes de confinement, les paris hippiques ont connu une croissance de 6,6 % sur l'année 2020, selon le patron du PMU. Cependant, en tenant compte de l'impact des fermetures, "nous devrions finir l’année avec un recul de 10 à 15 %". Malgré les fluctuations, le réseau physique des bars PMU reste un pilier essentiel pour l'activité de l'entreprise. Le PMU a également investi dans un "design élégant dans ces nouveaux espaces de jeux", cherchant à améliorer l'expérience client dans ses points de vente.
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En somme, la proposition d'utiliser les bars-tabacs comme refuges pour victimes de harcèlement de rue met en lumière une tension entre la volonté d'élargir les dispositifs de sécurité et la réalité des environnements commerciaux. Si l'intention est louable, les critiques soulevées par les mouvements féministes méritent une attention particulière, afin de s'assurer que toute initiative de ce type soit réellement efficace et ne contribue pas à invisibiliser ou à minimiser les problèmes sous-jacents.

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