Le Poney Parc de Blodelsheim, un lieu apprécié pour ses activités équestres et ses espaces de détente, se trouve au cœur d'une controverse qui mènera à sa fermeture définitive le 1er janvier 2026. Ce conflit, qui couve depuis plusieurs années entre l'Office National des Forêts (ONF) et le concessionnaire Jacky Boesch, a pris une tournure décisive suite à un incident survenu lors d'une soirée orageuse. L'ONF, gestionnaire du domaine de l'État, a signifié sa volonté de reprendre la pleine disposition du site à l'échéance de la convention d'occupation temporaire, laissant le concessionnaire sans autre alternative que de cesser son activité.

Les Racines du Conflit : Sécurité et Non-Renouvellement de Convention
L'histoire récente du Poney Parc est marquée par un événement déclencheur : la chute d'un arbre durant un épisode orageux. Cet incident, survenu l'été dernier, a mis en lumière des préoccupations sécuritaires et a accéléré les démarches de l'ONF. Jacky Boesch, qui avait repris la gestion du site en 2017, a été notifié par l'ONF que sa convention d'occupation temporaire ne serait pas renouvelée au-delà du 31 décembre 2025. Cette décision signifie que l'ONF reprendra la libre disposition de l'ensemble des constructions et installations du Poney Parc à cette date. « L’ONF m’a notifié qu’en qualité de gestionnaire du domaine de l’État, il reprendra la libre disposition de l’ensemble des constructions et installations du site du Poney Parc à l’échéance de la convention », rapporte Jacky Boesch, courrier à l’appui. Cette notification, envoyée par recommandé, scelle le sort de l'établissement en tant que concession.
La Sécurité Avant Tout : L'Arrêté Municipal et les Interventions sur le Site
Face aux inquiétudes soulevées par la chute de l'arbre et les risques potentiels liés à la sécurité du site, le maire de Blodelsheim a pris un arrêté de fermeture administrative temporaire pour le public. Cette décision, bien que perçue comme une victoire par certains défenseurs du bien-être animal, a suscité une vive opposition de la part du gérant et des usagers du parc. L'arrêté initial, pris le 18 juillet, avait entraîné la fermeture temporaire du Poney Parc.

La situation a rapidement évolué. Suite à la polémique, le maire a modifié son arrêté pour clarifier la situation et permettre notamment l'accès aux propriétaires de chevaux et aux soigneurs pour s'occuper des animaux. « J'ai voulu clarifier la situation », explique l'élu. « C'est scandaleux d'avoir dit que j'interdisais l'accès au vétérinaire et aux personnes chargés du nourrissage, bien entendu personne n'a jamais voulu laisser les animaux mourir de faim. J'ai pris une mesure d'interdiction d'accueil du public, et je la maintiens. J'ai peut-être sauvé la vie d'enfants ou de personnes qui auraient fait un pique-nique sous un arbre. »
L'ONF, conscient de l'urgence, a dépêché des agents sur place. Une centaine d'arbres ont été identifiés comme nécessitant un abattage ou un élagage dans les zones accueillant du public. Les travaux, prévus pour durer un mois, ont débuté fin juillet 2024. Une inspection détaillée a été réalisée par l'ONF, accompagnée d'un huissier, pour dresser un état des lieux précis des arbres concernés.
Mobilisation et Soutien : Les Usagers Contre la Fermeture
La fermeture du Poney Parc a suscité une forte mobilisation des usagers. Le 24 juillet, plus de 160 personnes ont manifesté devant la mairie de Blodelsheim pour exprimer leur mécontentement face à l'arrêté de fermeture. Ces manifestants, principalement des usagers du parc, ont dénoncé cette décision qui mettait en péril l'activité mais aussi les soins quotidiens apportés aux chevaux et poneys.
Jacky Boesch, le propriétaire du parc, a exprimé son inquiétude quant à l'impact de cette fermeture sur son activité et sur le bien-être des animaux. « Les discussions ont été âpres et nous avons défendu notre cause. Monsieur le maire s'est rendu compte que cette décision était dans l'excès. Nous attendons maintenant les conclusions de l'ONF, il y a une urgence d'intervention et de constat. C'était extrêmement important pour nous que ça aille dans le bon sens, pour continuer notre exploitation, pour donner du plaisir à tout le monde », a expliqué l'exploitant.
Des solutions ont été recherchées activement. Après des discussions intenses, une entente a été trouvée. « On a trouvé une solution après une heure et demie de discussions. Maintenant, il me faut la levée de l'interdiction de l'ONF qui me dit que le site est sécurisé et dès que j'ai ce retour, bien sûr on rouvrira le parc », souligne François Béringer, le maire de Blodelsheim.
Au-delà du Poney Parc : Réflexions sur le Bien-être Animal et la Gestion des Espaces
Le cas du Poney Parc de Blodelsheim soulève des questions plus larges sur la place des animaux dans nos sociétés et la gestion des espaces naturels. L'association Paz, engagée contre la maltraitance animale, a rappelé la nécessité d'une approche respectueuse envers les animaux : "Il est temps d’en finir avec cette vision considérant les animaux comme des attractions. Notre société doit apprendre aux enfants que les animaux sont des êtres sensibles et non, des objets de divertissement."
Tour du monde : comment la loi protège les animaux
La municipalité de Labarthe, par exemple, a pris position contre ce type de manège, votant à l'unanimité contre. Cependant, comme l'a souligné l'adjoint au maire David Carlier, la municipalité n'a qu'un rôle consultatif et c'est à l'État de légiférer sur ces questions. Cette situation illustre la complexité de la gestion des sites mixtes, où coexistent des activités de loisirs, des préoccupations environnementales et des impératifs de sécurité.
L'ONF, en tant que gestionnaire du domaine public, a la responsabilité d'assurer la sécurité des sites qu'il administre. Le conflit avec le club de poney, qui a même mené à une procédure judiciaire, met en lumière les tensions qui peuvent naître entre les impératifs de conservation et les activités humaines.
Le devenir du Poney Parc de Blodelsheim, malgré les efforts pour trouver des solutions et rouvrir le site, reste suspendu aux conclusions de l'ONF et à la levée des mesures de sécurité. La situation actuelle, bien qu'ayant conduit à des interventions pour sécuriser le site, ne parvient pas à inverser la décision de non-renouvellement de la convention.
Perspectives Locales et Comparaisons : Le Parc de Blodelsheim dans son Contexte
L'affaire du Poney Parc de Blodelsheim s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la gestion des parcs et des espaces de loisirs. La mairie de Strasbourg, par exemple, a récemment lancé une enquête auprès des habitants pour le renouvellement de son plus grand parc, recueillant plus de 1.237 réponses. Ces démarches participatives visent à mieux cerner les attentes de la population et à adapter les espaces aux besoins actuels.
D'autres événements récents dans la région de Mulhouse ont également mis en lumière des problématiques liées aux animaux et aux parcs. La mort de Baïkal, un tigre de Sibérie du parc zoologique de Mulhouse, a rappelé la fragilité de la vie animale, même dans des environnements protégés. Parallèlement, des initiatives comme la journée découverte organisée au zoo de Mulhouse, dont les bénéfices sont reversés à la cause animale, témoignent d'un engagement croissant en faveur de la protection des espèces.
Le cas du Poney Parc de Blodelsheim, avec ses aspects sécuritaires, ses conflits administratifs et ses implications pour le bien-être animal, est un exemple concret des défis auxquels sont confrontées les autorités locales et les gestionnaires d'espaces de loisirs. L'épisode des arbres coupés par les propriétaires de chevaux, en présence d'un huissier, souligne la volonté des acteurs locaux de trouver des solutions pragmatiques, même face à des procédures administratives complexes. L'avenir de ce site particulier reste incertain, mais les discussions et les actions menées témoignent d'une prise de conscience collective des enjeux liés à la sécurité, à l'environnement et au respect des êtres vivants.