La Fourbure chez le Jeune Veau : Causes, Symptômes et Traitement

La fourbure, également connue sous le nom de pododermatite aseptique diffuse, est un syndrome complexe et multifactoriel qui affecte le pododerme, le tissu conjonctif situé sous la corne du sabot. Bien que ses causes ne soient pas entièrement élucidées, elle résulte d'un processus non infectieux, congestif et inflammatoire. Chez le jeune veau, et plus généralement chez les bovins, cette affection locomotrice, souvent sous-estimée, peut avoir des conséquences économiques importantes. Elle se manifeste sous différentes formes, notamment subaiguë, chronique et aiguë, cette dernière étant moins fréquente chez les bovins. Dès son apparition, la maladie impacte le système circulatoire et la corne du doigt, mais sa manifestation clinique est souvent tardive, et ses capacités de guérison sont malheureusement limitées. Certaines études suggèrent que plus de 45 à 65 % de toutes les lésions des pieds de bovins seraient provoquées directement ou indirectement par ce syndrome, soulignant ainsi son importance capitale dans la santé animale.

Bovins avec des problèmes de locomotion

Des Causes et Facteurs de Risque Multiples

L'alimentation joue un rôle prépondérant dans l'apparition de la fourbure chez les bovins. Un équilibre alimentaire adéquat est essentiel pour la production d'une corne de qualité. Les rations à valeur énergétique élevée, dites acidogènes, caractérisées par une teneur élevée en concentrés et une faible teneur en fibres, prédisposent particulièrement à la fourbure, notamment à sa forme chronique. Les carences nutritionnelles en cuivre et en zinc, éléments cruciaux dans la synthèse de la kératine, peuvent également favoriser le développement de cette affection locomotrice.

En outre, les conditions environnementales peuvent exacerber le problème. Une période prolongée passée debout, comme lors du transport des animaux ou pendant l'attente des vaches laitières en salle de traite, constitue un facteur aggravant. Les sols glissants, les bétons rugueux, irréguliers ou neufs, non neutralisés, ainsi qu'un rainurage des sols trop large ou trop profond, sont également des facteurs favorisants.

Les vaches en période de péripartum sont particulièrement prédisposées à la fourbure. Elles subissent divers stress et des changements physiologiques importants, tels que des modifications de leur ration, de leur lot d'animaux ou de leur bâtiment lors du vêlage. De plus, des complications telles que la non-délivrance, les mammites ou les métrites peuvent entraîner la sécrétion de toxines vasomotrices. Ces toxines, une fois résorbées, peuvent provoquer secondairement des fourbures.

Une étude menée sur des vaches laitières de race frisonne, âgées de 10 à 24 mois, a révélé que l'incidence maximale des lésions dues à la fourbure subclinique (bleimes de la sole et le long de la ligne blanche, croissance rapide de la corne de la sole) est observée dans les cent premiers jours après la mise bas, avec un pic situé entre 20 et 24 semaines post-partum. Bien que les prédispositions génétiques semblent évidentes, elles restent peu étudiées et peu prises en compte dans les programmes de sélection.

Symptômes et Lésions Caractéristiques

Les signes d'appel de la fourbure se manifestent principalement sous forme de boiterie, d'une sévérité variable, ou par la découverte fortuite de lésions caractéristiques lors d'un parage préventif. Ces observations sont plus fréquentes dans les élevages intensifs de vaches laitières à haute production. Les symptômes et les lésions varient en fonction de la forme de la maladie (aiguë, chronique, subaiguë ou subclinique) et de sa phase (discrète ou violente en phase I, compliquée ou non en phase II).

Dans la forme subclinique, par définition, la vache ne présente aucune boiterie. Seules des hémorragies diffuses et minimes sont visibles dans la sole, particulièrement proche de la ligne blanche, sur l'onglon externe du membre supérieur.

En cas de forme subaiguë, la boiterie est moins prononcée que dans la forme aiguë, et la démarche des animaux devient progressivement douloureuse. Les bovins boiteux semblent "marcher sur des œufs". À l'arrêt et en mouvement, les animaux modifient leurs aplombs pour réduire la pression sur les onglons externes des membres postérieurs, adoptant une posture avec les pieds en rotation externe et les jarrets serrés.

L'examen des onglons, après un parage fonctionnel, peut révéler une ou plusieurs des lésions suivantes : décolorations rougeâtres (bleimes) ou jaunâtres dans la corne de la sole, décollement possible de la ligne blanche, ulcère de la sole avec ou sans "cerise" (une excroissance charnue), ou encore une cassure horizontale de la paroi (seime cerclée).

Parage d'un onglon bovin montrant des lésions

Formes Aiguës et Chroniques de la Fourbure

La forme aiguë de la fourbure est relativement peu répandue chez les bovins, survenant par exemple suite à un épisode d'acidose ruminale aiguë. Dans ce cas, la boiterie est brutale, intense, et affecte simultanément les onglons des membres postérieurs et antérieurs. Les bovins atteints présentent généralement une raideur et piétinent. Lorsqu'ils sont debout, ils adoptent une posture avec le dos voûté et les membres postérieurs portés sous eux. Les onglons peuvent être chauds et douloureux à la percussion, mais aucune déformation ou lésion de la corne n'est immédiatement observable. Les hémorragies de la corne n'apparaîtront que plus tard, environ deux mois après l'épisode aigu.

Concernant la forme chronique de la fourbure, les signes locomoteurs sont encore plus progressifs que dans la forme subaiguë. Des modifications lentes apparaissent sur les onglons, en particulier sur les onglons externes des membres postérieurs. Ces changements résultent d'un désengrènement du système de suspension de la phalange distale. Les lésions rencontrées incluent une concavité de la muraille, avec la présence de cerclages marqués, non parallèles à la couronne.

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Prévention : Une Clé Essentielle

Le traitement de la fourbure varie en fonction des lésions observées lors du parage. Cependant, la prévention demeure la stratégie la plus efficace. Elle repose principalement sur la correction de l'acidose ruminale subclinique et, surtout, sur l'amélioration du confort des animaux. Cela inclut la mise à disposition d'une litière suffisante, l'utilisation de tapis en caoutchouc ou de matelas, des logettes confortables et la réduction du temps passé debout.

Le traitement actif des affections du péripartum, telles que les mammites, les métrites et la non-délivrance, fait également partie intégrante du dispositif de lutte contre la fourbure. Il est également crucial de réaliser un parage fonctionnel systématique, une ou deux fois par an, sur l'ensemble du troupeau.

En cas de forme aiguë, un traitement antihistaminique, un anti-inflammatoire non stéroïdien, et éventuellement une corticothérapie peuvent être recommandés pour soulager la douleur et réduire l'inflammation.

Comprendre la Mécanique de la Fourbure

À l'échelle anatomique, il est essentiel de comprendre que les capillaires sanguins du vif du pied sont négativement influencés par un écrasement excessif et/ou par les molécules issues d'un processus inflammatoire. Compte tenu du poids considérable qui pèse sur eux, ces capillaires ne peuvent plus assurer la production d'une corne de la plus haute qualité.

La fourbure alimentaire ou métabolique trouve souvent son origine dans le rumen. Un déséquilibre de la ration entraîne de mauvaises fermentations (sub-acidose), modifiant l'équilibre dans la panse. Dans les élevages laitiers modernes, où les vaches reçoivent des rations de haute qualité pour favoriser la production laitière, des problèmes d'accès à l'alimentation et à l'eau peuvent accentuer ce déséquilibre. Les molécules bio-actives de l'inflammation peuvent alors facilement traverser la paroi du rumen et atteindre la circulation sanguine. Si le pédicure bovin observe, lors du parage préventif, un grand nombre d'animaux atteints de fourbure aux deux sabots postérieurs, voire même aux pattes antérieures, la piste de la "fourbure alimentaire" se précise.

La fourbure peut également résulter d'un processus inflammatoire généralisé. De nombreuses pathologies, comme une mammite, une pneumonie, une métrite ou une affection de la caillette, peuvent déclencher la fourbure chez un animal via la production de toxines vasomotrices par ces infections.

La Boiterie : Un Indicateur Clé et ses Implications

La boiterie survient lorsque l'animal ressent des douleurs aux jambes ou aux pieds qui altèrent sa démarche. Elle représente un problème de santé et de bien-être animal, avec des répercussions significatives sur la production. Il existe de nombreux types de boiterie, aux causes diverses et souvent interdépendantes.

Chez les bovins de boucherie, la boiterie est une affection douloureuse qui soulève des préoccupations majeures en matière de santé et de bien-être. Les animaux en mauvaise santé sont plus susceptibles de développer une boiterie, qui à son tour devient un facteur de risque pour d'autres maladies. Avant le transport, un examen attentif est nécessaire pour s'assurer de l'aptitude des animaux. Il est important de noter que toutes les boiteries ne sont pas causées par le piétin, et un diagnostic précis est crucial pour un traitement efficace et pour éviter des traitements inutiles, notamment avec des antibiotiques. Certaines blessures, telles que les engelures, les fissures de sable, les fractures ou les entorses, peuvent ne pas être traitables.

La boiterie chez les bovins de boucherie a des conséquences économiques non négligeables pour les éleveurs et les exploitants de parcs d'engraissement. Des études démontrent que les bovins boiteux dans les parcs d'engraissement grandissent plus lentement que leurs congénères non boiteux. Les bouvillons diagnostiqués avec le piétin pendant la période de finition peuvent nécessiter jusqu'à deux semaines supplémentaires pour atteindre le poids d'abattage. De nombreux animaux se rétablissent avec un traitement approprié, et même les cas chroniques peuvent être sauvés, à condition que les exigences de retrait pharmaceutique soient respectées et que l'animal puisse être transporté sans souffrance supplémentaire.

Une étude récente analysant les dossiers médicaux de 28 parcs d'engraissement dans l'Ouest canadien sur une période de dix ans a estimé la prévalence des conditions de boiterie courantes. L'analyse a révélé que la boiterie était diagnostiquée chez 4,4 % des bouvillons et 4,7 % des génisses. Parmi les cas de boiterie diagnostiqués, le piétin était le plus répandu (74,5 %), suivi des infections articulaires (16,1 %), de la boiterie sans gonflement visible (6,1 %) et de la boiterie due à une blessure physique (3,1 %).

La saison de placement peut influencer l'incidence de la boiterie. L'étude de l'Ouest canadien a montré que les veaux placés en automne et en hiver avaient une probabilité plus élevée d'être diagnostiqués avec le piétin que les veaux d'un an. La boiterie est plus fréquente chez les bovins en mauvaise santé et constitue également un facteur de risque de développer des maladies supplémentaires. Dans l'étude sur les parcs d'engraissement de l'Ouest canadien, les bovins diagnostiqués avec une boiterie due à une blessure, une infection articulaire ou une boiterie sans gonflement visible étaient associés à un diagnostic de maladie respiratoire bovine (MRB).

Les pratiques de transport peuvent affecter la boiterie et aggraver les problèmes existants. Cependant, le risque est réduit lorsque les bovins sont en bonne santé et en forme au moment du chargement. Une enquête menée en 2007-2008 auprès de 50 000 bovins de boucherie transportés en Ontario a identifié 79 bovins boiteux. Une enquête de 2008 portant sur plus de 290 866 bovins de boucherie transportés dans l'Ouest canadien a révélé 37 bovins boiteux, mais l'étude a également signalé que la boiterie était considérablement plus fréquente chez les vaches de marché que chez les bovins gras, les engraisseurs ou les veaux.

Les causes de la boiterie peuvent être regroupées en plusieurs catégories :

  • Nutrition : Déséquilibres alimentaires, rations riches en céréales, consommation d'aliments irrégulière.
  • Blessure physique : Entorses, fractures, fissures de sable, engelures.
  • Génétique : Mauvaise conformation des pieds et des membres.
  • Environnement : Sols abrasifs, conditions humides, logement inadéquat.
  • Infection : Piétin, infections articulaires, dermatite digitale, nécrose du bout des orteils.

Les causes émergentes de la boiterie, telles que la dermatite digitale et la nécrose du bout des orteils, sont de mieux en mieux comprises, tout comme les multiples causes interdépendantes de la boiterie. Par exemple, des bovins nerveux (pouvant être liés à la génétique) se bousculant sur un sol dur peuvent endommager la plante du pied (blessure), permettant aux bactéries de pénétrer et de coloniser le pied (infection). Chacun de ces types de boiterie est associé à des facteurs de risque spécifiques. Les traumatismes ou les conditions humides qui affectent l'intégrité de la peau ou des sabots peuvent provoquer directement la boiterie et également offrir une voie aux bactéries pour pénétrer et coloniser une plaie.

Le Piétin et la Nécrose du Bout des Orteils

Le piétin est une affection douloureuse qui provoque la boiterie et peut affecter n'importe quelle catégorie de bétail, que ce soit dans un parc d'engraissement, un corral ou un pâturage. Le piétin se caractérise souvent par une boiterie soudaine qui s'aggrave par temps humide. Il est supposé à tort que toute boiterie est causée par le piétin, mais ce n'est pas le cas. Le piétin est très contagieux et est causé par des bactéries, le plus souvent Fusobacterium necrophorum. L'infection prend naissance entre les griffes du sabot et peut se manifester par de la chaleur et un gonflement entre les griffes, ainsi qu'along de la bande coronaire où le sabot rencontre la peau. Si elle n'est pas identifiée et traitée rapidement, l'infection peut se propager aux os, aux articulations ou aux tendons, entraînant un retard de guérison ou d'autres complications.

Le Dr. Jacques van Zyl, vétérinaire en Ontario travaillant avec les bovins, souligne qu'il est possible d'intégrer un traitement de contrôle de la douleur dans les protocoles de traitement des maladies comme la pourriture du pied. Lorsque les taureaux reproducteurs sont atteints de piétin, cela peut avoir des conséquences négatives à long terme pour l'ensemble du troupeau. L'augmentation de la température corporelle, du stress et de la douleur causés par le piétin peut réduire la production de sperme et la libido d'un taureau pendant un certain temps, entraînant des vaches non gestantes.

Anatomie d'un sabot de bovin

La nécrose de la pointe des orteils est une condition de boiterie affectant les pattes arrière des bovins en parc d'engraissement. Elle se développe au début de la période d'alimentation et survient souvent au sein de groupes d'animaux ou de cohortes. Parfois appelée abcès ou ulcère de l'orteil, maladie de la ligne blanche apicale ou nécrose P3, elle a été associée à un traitement ou une manipulation inappropriée, à un sol abrasif, ainsi qu'à un comportement animal instable. Une manipulation soigneuse et peu stressante, ainsi qu'un revêtement de sol approprié, peuvent aider à prévenir le développement de la nécrose du bout des orteils. Les symptômes de la nécrose du bout des orteils peuvent ressembler à une blessure, rendant le diagnostic définitif difficile. De nombreux animaux réagissent aux antibiotiques, mais les taux de mortalité sont élevés chez ceux qui ne réagissent pas aux médicaments. Des recherches récentes suggèrent que la maladie semble se développer de l'extérieur vers l'intérieur. Elle commence lorsque la ligne blanche entre la semelle et la paroi du sabot se sépare, permettant aux bactéries de pénétrer dans le pied et d'atteindre le corium, un tissu très sensible. La recherche actuelle examine l'impact de différents protocoles de traitement de la nécrose de la pointe des orteils sur différentes catégories de poids de bovins, ainsi que la combinaison de produits antidouleur. La pression s'accumule lorsqu'un abcès se forme dans les orteils d'un pied arrière lors d'une infection par nécrose de la pointe des orteils.

Dermatite Digitale et Autres Infections

La dermatite digitale, également connue sous le nom de verrue poilue du talon ou pourriture du pied de la fraise, est une infection cutanée qui affecte la zone autour des ergots, entre les griffes et parfois le talon des sabots. La maladie se caractérise par des lésions surélevées souvent situées entre les griffes et les ergots. Ces lésions sont très douloureuses, peuvent apparaître rouges et saigner facilement si elles sont dérangées, et certaines peuvent présenter de longs poils fibreux. La dermatite digitale est hautement contagieuse, mais ne répond pas bien au traitement antibiotique injectable. Une fois qu'un animal est infecté par Treponema, l'organisme principalement associé à la dermatite digitale, il le portera à vie. Pour compliquer les choses, la dermatite digitale peut survenir simultanément avec le piétin.

Un animal malade pendant une longue période court le risque de voir l'infection se propager aux os ou aux articulations, ce qui rend le traitement très difficile. Par exemple, Mycoplasma bovis est couramment impliqué dans les cas de pneumonie et de mammite. Histophilus somni est un autre organisme lié à l'arthrite. Contrairement à M. bovis, il existe un vaccin contre H. somni. Les animaux atteints d'infections articulaires peuvent devenir chroniquement malades s'ils ne sont pas diagnostiqués et traités à temps, ou si des lésions tissulaires compromettent le traitement. La gestion de la douleur et, dans les cas graves, l'euthanasie peuvent être nécessaires.

Fourbure et Mycotoxines

La fourbure est une condition où les lamelles, la couche de tissu entre la paroi du sabot et l'os du cercueil, sont affaiblies ou se séparent. La fourbure est liée à l'acidose du rumen, c'est-à-dire lorsque le pH du rumen chute, provoquant la production par les bactéries du rumen de toxines qui peuvent traverser la paroi du rumen. Ces toxines peuvent provoquer un gonflement des vaisseaux sanguins des sabots, entraînant une fourbure.

Les mycotoxines présentes dans les aliments, causées par des corps de l'ergot ou d'autres champignons dans des conditions de croissance humides, peuvent également entraîner une boiterie. L'ergot limite le flux sanguin vers les sabots et autres extrémités, ce qui peut provoquer une boiterie grave et même une desquamation des sabots ou d'autres problèmes de santé et de bien-être débilitants. Ces animaux deviennent souvent des malades chroniques et nécessitent une gestion de la douleur ou une euthanasie. La prévention de la nécrose liée aux mycotoxines passe par le dépistage des aliments pour éviter ou diluer les aliments contaminés par les mycotoxines.

Blessures Physiques et Génétique

Les bovins de boucherie peuvent subir des blessures physiques, notamment des entorses, des fractures, des fissures de sable ou des engelures. Les blessures doivent être soigneusement examinées pour s'assurer que la boiterie n'est pas causée par une infection. Le traitement dépendra de l'étendue de la blessure et le plan d'action doit être décidé en consultation avec un vétérinaire.

Les fissures de sable, qui sont des fissures verticales dans la paroi du sabot, sont relativement courantes chez les bovins de parcours dans les provinces des Prairies. Les fissures de sable guérissent généralement d'elles-mêmes grâce à l'épaississement de la paroi du sabot. L'environnement, l'exposition à l'humidité ou les animaux lourds peuvent contribuer à l'incidence des fissures de sable. Tant que l'animal n'est pas boiteux, le traitement est souvent inefficace et inutile.

Les engelures surviennent le plus souvent chez les jeunes animaux, bien que les bovins plus âgés ne soient pas immunisés. Lorsque les tissus gèlent, la circulation sanguine vers les sabots est restreinte et des lésions tissulaires, temporaires ou permanentes, se produisent. Si l'animal se remet de dommages temporaires dus aux engelures, il peut maintenir une vie normale, mais des dommages permanents aux vaisseaux sanguins survenant à un jeune âge peuvent empêcher les sabots de se développer correctement.

Alors que la gestion et les conditions environnementales peuvent causer des problèmes de boiterie, une mauvaise conformation des pieds et des membres peut également être le résultat de la génétique. Les causes génétiques de la boiterie peuvent être transmises à la progéniture et sont parfois lentes à apparaître. Les producteurs devraient travailler avec des vétérinaires pour évaluer la conformation des pieds et des membres chez les taureaux reproducteurs et les femelles de remplacement.

Diagnostic et Prise en Charge

Un diagnostic précis est essentiel pour le succès du traitement et la prévention de la boiterie. Les vétérinaires et les chercheurs acquièrent de plus en plus de connaissances sur les types courants de boiterie, y compris les causes infectieuses telles que la nécrose du bout des orteils et la dermatite digitale. À mesure que de nouvelles informations émergent, les producteurs et le personnel des parcs d'engraissement apprennent à identifier et à diagnostiquer plus précisément les différences entre les maladies de boiterie.

La gestion de la douleur est une considération importante pour améliorer à la fois le bien-être et les résultats de production d'un animal boiteux. Certains vétérinaires et producteurs peuvent utiliser des stéroïdes, comme la dexaméthasone, comme anti-inflammatoire dans certains cas.

L'Importance de la Fourbure Subclinique

La fourbure subclinique est la forme de fourbure la plus répandue chez les vaches laitières. Les animaux affectés ne présentent pas de boiterie, mais lors du parage des onglons, des couches jaunâtres et rougeâtres signalent des hémorragies localisées à l'intérieur de la corne.

Une étude expérimentale menée dans trois élevages laitiers de grande taille a examiné 123 vaches de race Prim'holstein, du tarissement jusqu'à la fin du deuxième mois de lactation. Les vaches étaient logées en stabulation libre avec logettes. Trois types de sols de circulation ont été comparés :

  • Exploitation A : asphalte coulé
  • Exploitation B : couloirs de circulation avec paille
  • Exploitation C : couloirs de circulation avec revêtement caoutchouc

Les résultats significatifs ont montré que l'exploitation C, avec un sol intégralement recouvert de caoutchouc, a enregistré le moins de signes précurseurs subcliniques de fourbure.

La maîtrise des facteurs de risque et la prévention de la fourbure augmentent de façon significative la longévité du troupeau. L'apparition d'une boiterie chez une primipare augmente le risque de voir cet animal boiter à nouveau au cours des lactations suivantes. Les phénomènes infectieux à l'origine des boiteries n'affectent pas significativement plus les primipares que les vaches adultes. Ce n'est pas le cas de la fourbure, génératrice de boiteries sévères pouvant mettre en péril l'avenir de l'animal.

La fourbure (ou pododermatite aseptique) peut se définir comme l'ensemble des phénomènes qui contribuent à provoquer une compression du pododerme à l'intérieur de la boîte cornée. Cette compression peut être localisée ou généralisée dans le cas d'une fourbure aiguë. Celle-ci affecte en priorité les primipares. Dans ce cas, l'animal exprime une douleur intense, avec l'encolure tendue de manière à soulager le train postérieur. Il refuse les déplacements et reste la plupart du temps couché, souvent en dehors des logettes. Ces fourbures aiguës sont une alerte pour l'éleveur mais ne génèrent que peu de lésions podales. C'est la fourbure subclinique qui est à l'origine des lésions du pied. Dans les élevages concernés, elle est toujours plus sévère sur les génisses avec un taux de morbidité pouvant atteindre 50 % et des cas de mortalité. Les complications (arthrite des articulations, rupture du tendon fléchisseur du pied…) sont fréquentes et souvent sévères. Les contusions du jarret, avec complication en arthrite, sont parfois rattachées à ce symptôme.

L'organisation du réseau vasculaire à l'intérieur du sabot est complexe, avec des shunts artério-veineux dont le rôle est de court-circuiter le flux sanguin lorsque le pied vient à l'appui, minimisant ainsi la compression du derme. En cas d'acidose ruminale, de mammite ou de métrite, la production de toxines vasoactives provoque l'ouverture de ces shunts. On peut observer alors des œdèmes importants et des colorations en rouge ou jaune de la corne de la sole. Plus généralement, les stress métaboliques survenant dans la période du peripartum entraînent une dégradation de la qualité et de la pousse de la corne, avec altération des aplombs et apparition de lésions aux points de compression. L'approche de la mise bas est concomitante du relâchement des ligaments du bassin du fait de l'augmentation du taux d'œstrogène. Mais ce phénomène affecte tous les autres ligaments de l'organisme et notamment ceux qui participent à la suspension de l'os du pied dans la boîte cornée. Si l'on ajoute à cela l'augmentation importante de la masse corporelle de la génisse consécutive à la croissance du fœtus et au développement mammaire, le relâchement de l'appareil suspenseur expose fortement la génisse parturiente à la fourbure.

Par ailleurs, l'élevage des génisses est fréquemment réalisé dans un bâtiment avec aire paillée. Les déplacements des animaux dans ces stabulations sont réduits au minimum. Au contraire, la vache en production fréquente souvent des stabulations à logettes, parfois sur caillebotis. Les contraintes mécaniques subies par le pied dans ces bâtiments aux sols durs constituent des facteurs aggravants de la fourbure. Par ailleurs, les déplacements des animaux dans de tels bâtiments sont souvent plus importants que dans les systèmes à aire paillée. Cela génère un martèlement incessant du derme de la sole, amplifiant le phénomène. Chez la génisse, l'augmentation des déplacements dus à la configuration de la stabulation est significativement augmentée par la socialisation, d'où l'intérêt d'intégrer les génisses par lots et non pas individuellement. Les génisses, outre le fait qu'elles ont un appareil suspenseur déficient, subissent les conséquences de ces transitions entre sols mous et sols durs avec une augmentation forte des déplacements.

  • L'élevage de la génisse : L'appareil suspenseur du pied des génisses doit être soumis en permanence à des stimulations qui renforcent sa solidité anatomique. Il semblerait que l'élevage des génisses sur des aires d'exercice en pente ou leur passage sur des prés escarpés les endurcissent vis-à-vis de la fourbure.
  • L'équilibre de la ration : L'équilibre de la ration doit prévenir toute acidose ruminale. C'est vrai pour toutes les vaches, mais c'est capital pour les primipares en début de lactation. Dans les grands troupeaux aux vêlages groupés, il peut être nécessaire d'élaborer une ration propre aux primipares qui ne négligera pas l'apport de brins longs et de tampons (bicarbonate). Par ailleurs, les transitions alimentaires devront être menées en prévision de la baisse de pH ruminal.
  • Le confort du bâtiment : Une vache doit passer au minimum 10 à 12 heures par jour couchée pour dormir et très souvent pour ruminer. Or, les bâtiments à logettes, plus que ceux à aire paillée, génèrent des phénomènes de compétition et de dominance avec augmentation des déplacements pour l'accès au couchage et à l'auge. La solution est d'avoir des logettes confortables pour y attirer toutes les vaches. Certains éleveurs aménagent une aire paillée proche des logettes. Elle est destinée à la convalescence des malades et à l'adaptation des génisses. De plus, dans les grandes structures, les stations debout prolongées sont un facteur aggravant de la fourbure. Les animaux doivent attendre parfois deux heures matin et soir dans l'aire d'attente de la salle de traite. La mise en place de tapis en caoutchouc dans les aires d'exercice et les aires d'attente réduira le martèlement du derme de la sole, tout en réduisant le risque de glissade et de chute.

Sur un onglon de génisse, lorsque le stade de l'hématome est dépassé pour des signes de fourbure plus aiguë, avec, au centre du talon de l'onglon externe, le vif quasiment à nu, cela indique des problèmes mécaniques, car seul l'onglon externe est atteint.

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