L'Hippodrome de Saint-Cloud : Un Joyau Historique Face aux Défis Modernes

L'hippodrome de Saint-Cloud, niché sur le plateau de la Fouilleuse aux confins de quatre communes (Saint-Cloud, Rueil-Malmaison, Garches et Suresnes), est bien plus qu'un simple lieu de courses hippiques. C'est un site chargé d'histoire, un témoin de l'évolution du sport hippique en France, et un espace dont l'avenir fait aujourd'hui l'objet de vifs débats. Son histoire est intrinsèquement liée à la vision d'un homme, Edmond Blanc, et à sa volonté de créer un centre d'entraînement et de compétition de premier plan à proximité immédiate de Paris.

Vue aérienne de l'hippodrome de Saint-Cloud

La Genèse d'un Projet Ambitieux : Edmond Blanc et la Création de l'Hippodrome

L'histoire de l'hippodrome de Saint-Cloud débute à la fin du XIXe siècle, sous l'impulsion du grand propriétaire-éleveur Edmond Blanc. Désireux de pouvoir entraîner ses chevaux dans des conditions optimales, à la fois aux portes de la capitale et sur des pistes gazonnées privées, il acquiert en 1898 le domaine de la Fouilleuse. Ce vaste terrain, situé à cheval sur les communes de Rueil, Saint-Cloud, Suresnes et Garches, devient le théâtre de la création d'un champ de courses et d'écuries d'entraînement, le tout agrémenté d'une luxueuse habitation personnelle. La conception architecturale est confiée à Léon Berthault, qui opte pour un style anglo-normand, conférant au lieu une élégance distinctive. Les travaux et l'ensemencement des pistes sont réalisés avec diligence, permettant l'ouverture de l'hippodrome moins de deux ans et demi plus tard.

Un Partage des Pistes : Galopeurs et Trotteurs sur le Gazon de la Fouilleuse

Edmond Blanc, tout en se réservant l'usage des pistes pour l'entraînement de ses pur-sang, donne à bail l'hippodrome, qui s'étend sur 61 hectares, à la « Société d’Encouragement pour l’amélioration du cheval français de demi-sang ». Cette société, mère du trot, se trouvait alors dans une situation délicate, ayant dû cesser ses activités sur l'hippodrome de Neuilly-Levallois et menacée de perdre le champ de courses de Vincennes, réclamé par l'armée. L'hippodrome de Saint-Cloud offre donc une solution bienvenue, permettant aux trotters et aux galopeurs de se partager ses vastes étendues gazonnées. L'ouverture officielle au public a lieu le vendredi 15 mars 1901, avec une réunion de plat. La première épreuve, le Prix d’Ouverture, est remportée par Vestris, propriété du comte Gérard de Ganay. Le 11 mai de la même année, ce sont les trotteurs qui foulent le gazon. Le 3 juin, le Prix du Président de la République, transféré de Vincennes, couronne Diomède. Ainsi, pendant de nombreuses années, les après-midis de courses voient se succéder trotters et galopeurs, tandis que le matin, les pur-sang d'Edmond Blanc, tels que les célèbres Quo Vadis, Ajax, Gouvernant, Val d’Or, Jardy et Dagor, s'y entraînent. Cette cohabitation prend fin en juillet 1914.

Photo d'époque d'un entraînement sur l'hippodrome de Saint-Cloud

L'Après-Guerre et les Transformations : Un Nouvel Âge pour Saint-Cloud

Après la Première Guerre mondiale, durant laquelle l'hippodrome sert de camp à l'armée canadienne, la Société du Demi-Sang, désireuse de moderniser l'hippodrome de Vincennes, cède le bail de Saint-Cloud et ses réunions de galop à la « Société Sportive d’Encouragement ». Cette dernière exploite déjà les hippodromes de Maisons-Laffitte et d’Enghien. C'est dans ce contexte que le Prix du Président de la République, qui se disputait à Maisons-Laffitte depuis 1904, est transféré à Saint-Cloud. Cette épreuve, la plus prestigieuse de la Société Sportive (ouverte aux chevaux de 3 ans et plus), sera renommée Grand Prix de Saint-Cloud en 1941.

L'hippodrome connaît une période de fermeture de juillet 1939 à 1945. En 1952, il devient la propriété de Marcel Boussac. Suite au renouvellement du bail, la Société Sportive entreprend une politique de "modernisation" de l'hippodrome. Entre fin juillet 1954 et février 1955, l'ensemble des bâtiments est rasé pour être remplacé par des tribunes et des dépendances plus fonctionnelles. Cependant, les écuries et les habitations de la Fouilleuse, témoins de l'élégance architecturale d'origine, sont préservées. Depuis le début des années 1980, elles servent d'installations au « Paris Country Club ». L'ancien manège est réaménagé pour accueillir des ventes aux enchères de chevaux, et la pelouse, désormais fermée au public, voit l'aménagement d'un parcours de golf, ouvert depuis 1990.

Schéma de l'organisation des pistes et des bâtiments de l'hippodrome de Saint-Cloud

Un Patrimoine en Débat : L'Opération d'Intérêt National et ses Conséquences

Vendu en 1974 par Marcel Boussac à la Société Sportive d’Encouragement, l'hippodrome fait aujourd'hui partie du patrimoine de France Galop, suite à la fusion des sociétés de courses parisiennes fin 1994. L'hippodrome s'étend sur 75 hectares sur le plateau de la Fouilleuse, au pied du Mont-Valérien, aux confins de quatre communes. Le Critérium de Saint-Cloud est l'une des courses emblématiques qui s'y déroulent.

Cependant, la pérennité de l'hippodrome en tant que tel est aujourd'hui menacée. Le Maire de Saint-Cloud, Éric Berdoati, s'oppose fermement à la décision du Gouvernement, initiée par Madame Sylvia Pinel, alors Ministre du Logement, de l'Égalité des territoires et de la Ruralité, de créer une Opération d’Intérêt National (OIN) sur le site de l'hippodrome. Cette décision soulève de vives inquiétudes quant à l'avenir de ce lieu historique et de son activité hippique.

Immersion : dans les coulisses de l'hippodrome de St-Cloud

Les Courses du 12 Juin : Performances et Potentiels

Au-delà des enjeux patrimoniaux, l'hippodrome de Saint-Cloud est le théâtre de compétitions hippiques régulières, offrant des moments de sport et de spectacle. Le 12 juin, plusieurs chevaux ont marqué les esprits par leurs performances, révélant des potentiels intéressants pour les courses à venir.

Parmi les engagés, Plaisant s'est distingué lors de ses débuts, remportant une victoire prometteuse. Sa confirmation s'est faite avec une solide deuxième place sur la même piste, seulement devancé par Daryz, un concurrent qui a depuis démontré sa valeur en remportant une course listed. Ces performances témoignent du talent de ces jeunes chevaux et de leur potentiel d'évolution.

Le pilote Stéphane Pasquier, toujours en grande forme et particulièrement performant dans les gros handicaps, était attendu au tournant avec trois montes ce jeudi. Sa première chance résidait en Pioli Is On Fire (306). Ce cheval a montré de belles choses depuis son retour à la compétition, avec deux podiums consécutifs à ce niveau et sur cette piste. Bien que ne bénéficiant pas de décharge cette fois et se retrouvant un peu moins bien placé au poids, un déroulement de course favorable pourrait lui permettre de jouer les premiers rôles.

Plus tard dans la soirée, Tortisambert (604) était un candidat sérieux dans l'épreuve support du Ze5-ordre. Ce cheval a déjà réalisé de bonnes courses dans cette catégorie au printemps. Sa marge de manœuvre pour la victoire n'est pas immense, mais il représente un candidat crédible pour les places.

Enfin, Britania (808) promettait de clore la réunion en beauté. Bien que toujours maiden, elle a systématiquement terminé sur le podium. Cette fille d'Al Wukair, bien que pas toujours une gagneuse, affiche une forme olympique et offre des garanties solides dans ce type de tournoi. Sa monte est pratique, et son numéro de corde idéal devrait lui permettre de prendre une bonne position en tête ou à proximité durant le parcours.

Dans une autre course, un élève de Mickaël Seror, revenu avec succès sur le plat après un interlude infructueux sur les obstacles, a démontré sa compétitivité. Après avoir remporté un handicap en avril, il a écopé d'une pénalisation, mais a prouvé qu'il restait performant. Ce cheval de Nicolas Caullery, malgré un poids conséquent qui pourrait peser dans la lutte, retrouve sa catégorie de prédilection et ne devrait pas être gêné par le terrain rapide du jour.

Une protégée de Jess Parize, après avoir patienté à mi-peloton, a effectué une excellente fin de course en revenant de loin, arrachant une bonne deuxième place à l'extérieur. Cette performance souligne sa capacité de réaction et sa ténacité.

Une autre élève, de Rémi Fradet, a longtemps été pointée en queue de peloton. Elle est venue en dehors, à la sortie du dernier virage, pour terminer de belle manière, se contentant de l'accessit d'honneur derrière Lamento, qui a bien fini.

Un pensionnaire de Julien Phelippon, effectuant son parcours au sein du "wagon de deux" dans le sillage des animateurs, n'a pas réussi à "hausser son niveau de jeu" dans le sprint final, terminant septième.

Une fille d'Hello Youmzain, après avoir patienté dans le sillage des animatrices, a placé son accélération en phase finale, faisant illusion pour la deuxième place avant de subir une double attaque à l'approche du poteau, échouant de peu pour les places (quatrième).

Enfin, un représentant de l'entraînement de Jean-Claude Rouget, principal animateur, s'est retrouvé dans une "lutte à trois" pour la victoire à mi-ligne droite. Il a dû laisser partir les deux premiers, mais a néanmoins terminé son parcours de façon honorable, à la troisième place.

Ces performances, qu'elles soient victorieuses, sur le podium ou dans les accessits, démontrent la vitalité des courses hippiques à Saint-Cloud et la qualité des compétiteurs qui foulent son gazon. L'avenir de ce lieu emblématique reste cependant un sujet de préoccupation, où se mêlent histoire, passion hippique et enjeux d'aménagement du territoire.

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