L'organisation des courses hippiques à huis clos, une mesure imposée par les directives nationales dans un contexte sanitaire particulier, a marqué les esprits en cette année. Bien que la mairie ait initialement souhaité interdire ces événements en raison de la situation sanitaire, c'est l'État qui a eu le dernier mot, autorisant la tenue des courses mais sans la présence du public. Cette décision, bien que contrainte, visait à soutenir la filière des écuries d'entraînement de course, secteur en grand péril, représentant 70 000 emplois directs et indirects, dont 4 300 dans les écuries, et impliquant 10 000 chevaux à l'entraînement au trot.
L'Atmosphère Particulière des Courses Sans Public
Dès l'arrivée sur les sites, un protocole strict est mis en place. L'identité, la fonction de chacun sont vérifiées, et le port du masque est obligatoire. L'atmosphère qui en résulte est inhabituelle, marquée par des gradins vides et l'absence de spectateurs au bord de la piste. Seul le bruit des chevaux au trot vient rompre le silence, créant une quiétude singulière.
À l'hippodrome de Chambray, le 17 mai, malgré ces conditions particulières, la présidente de la société des courses, Marie-France Peltier, a exprimé sa satisfaction quant au maintien de l'événement. Le départ de la première course, à 14h, a vu s'affronter 12 chevaux âgés de 3 ans sur une distance de 2 800 mètres. C'est le N°4 Héroïne des Landes qui a remporté la victoire. Huit autres courses ont suivi dans l'après-midi, dont une seule en trot monté. Deux autres réunions hippiques chambraisiennes étaient encore prévues pour les 6 et 27 septembre de la même année.

L'hippodrome de Deauville-La Touques a également accueilli une réunion à huis clos le mardi 24 novembre 2020. Dans la cinquième course, Olivier Peslier s'est imposé sur Silvestri, une pouliche de 2 ans. La réunion d'automne proposait un programme riche de 9 courses, dont la 4ème servait de support au Quinté +. Pourtant, l'hippodrome était quasiment désert, le second confinement imposant cette mesure.
Pour pénétrer sur l'hippodrome de Deauville-La Touques en période de confinement, il fallait "montrer patte blanche". Les réunions se déroulaient dans le cadre d'un strict huis clos renforcé, avec un cahier des charges rigoureux. Seuls les intervenants ayant une fonction opérationnelle étaient admis. Le filtrage à l'entrée était très sévère : si le nom du visiteur n'était pas inscrit dans le registre avec ses coordonnées, il ne pouvait accéder au site. Franck Le Mestre, directeur de l'hippodrome, a précisé que les conditions s'étaient même assouplies, car lors du premier confinement, la prise de température était obligatoire.
Les allées de l'hippodrome étaient désertes. Même à quelques minutes du départ d'une course, le rond de présentation était inhabituellement calme. Des personnalités reconnues du monde des courses, comme Jean-Claude Rouget, se trouvaient dans une solitude frappante.
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Le Silence Assourdissant et ses Implications
Seule la voix des chevaux brisait le silence. Olivier Peslier, vainqueur d'une course de 1 500 mètres, franchissait le poteau d'arrivée devant des tribunes totalement vides. Quelques photographes, un cameraman et une poignée d'employés de l'hippodrome constituaient la seule présence humaine au bord de la piste. Un silence improbable régnait, permettant même d'entendre les jockeys se parler lorsqu'ils passaient à portée de voix. Le manque de la clameur habituelle des tribunes, qui porte les chevaux dans leurs derniers mètres, était particulièrement troublant. Pourtant, malgré ces conditions, le spectacle restait intact, mais l'absence de public ajoutait une dimension mélancolique.
À l'hippodrome de Laloubère, le 9 juin, les neuf courses programmées se sont déroulées dans un strict huis clos. Cette journée, qui aurait dû être un événement pour les amateurs, a été marquée par le protocole sanitaire imposé par le ministère de l'agriculture. "C'est dommage ! On ne peut même pas aller voir les chevaux en préparation", déplorait Gérard, un parieur. Une vingtaine de personnes a fait le déplacement, exprimant leur incompréhension face à cette mesure drastique, d'autant plus que les événements se déroulaient en extérieur. "On marche vraiment sur la tête", s'indignait Catherine, comparant la situation aux rassemblements autorisés dans les magasins.
Les habitués ressentaient un profond "blues". "D'habitude, on vient parier un peu. On en profite pour boire un coup à la buvette, manger un sandwich, on discute. On s'échange des tuyaux. Aujourd'hui, on va faire des économies, parce que moins on joue, moins on perd", confiait Pierre, qui ne pariait pas en ligne. M. Lapique, président de la Société des Courses Tarbaises, reconnaissait la gêne occasionnée pour le parieur local et espérait ne plus connaître une telle situation.
Les jockeys étaient également affectés, contraints de porter un masque pendant les courses, ajoutant une gêne respiratoire à l'effort physique déjà conséquent.
Les Défis Économiques et Organisationnels
L'hippodrome de Nîmes a accueilli des courses hippiques chapeautées par la Société sportive des courses du Gard, proposant trot, galop et obstacle. Des professionnels venaient de Suisse, du Centre, de Normandie, de Haute-Loire, du Nord… Ces courses professionnelles, qui se déroulent habituellement devant un public, ont été contraintes au huis clos pour les trois premières réunions hippiques de printemps de la saison 2021.
La déception et la frustration étaient palpables chez les turfistes de la région. Philippe Souchaud, président de la Société hippique, soulignait que les 8 000 € alloués par la Fédération ne suffiraient pas à couvrir les frais d'organisation sans les recettes des entrées et des bars. La société puisait dans ses réserves, soutenue par une quinzaine de bénévoles mobilisés chaque jeudi pour l'entretien de l'hippodrome.
Le président était encore sous le choc d'un grave accident survenu en mai 2019, qui avait coûté la vie à une jockey. Initialement, les installations n'avaient pas été mises en cause, mais début 2021, la société s'est vue retirer les courses de galop en raison de cet accident. Les trois réunions de printemps se sont tenues les 5 avril, 18 avril et 9 mai, avec sept courses au programme : trois de trot, deux de steeple et deux de cross. La possibilité de parier via internet restait une question ouverte pour les turfistes.
Deux autres réunions étaient programmées pour le mois d'août, avec l'élection de Miss Loire-Atlantique, et une autre en septembre.

Perspectives et Adaptations
Face à ces contraintes, la filière hippique a dû faire preuve d'une grande adaptabilité. L'organisation des courses à huis clos, bien que privant le public de son expérience habituelle, a permis de maintenir une activité essentielle pour les professionnels et les chevaux. La mobilisation des bénévoles et le soutien financier des fédérations ont joué un rôle crucial dans la survie de cette filière.
L'avenir des courses hippiques sans public reste incertain, mais les expériences passées démontrent la résilience du secteur. La nécessité de trouver des solutions pour compenser les pertes de revenus liés à l'absence de spectateurs, tout en garantissant la sécurité sanitaire, demeure un défi majeur. L'innovation, notamment dans les plateformes de paris en ligne et la diffusion numérique des courses, pourrait jouer un rôle croissant dans l'engagement des turfistes et la pérennité de la filière.
Les données brutes fournies, telles que les dates de courses (24/03/26, 28/12/25, 26/10/25, 10/10/25, 08/09/25, 06/08/25, 11/07/25, 18/06/25, 21/05/25, 19/04/25) et les détails des courses (hippodromes, distances, classements, drivers/jockeys, temps, gains), bien qu'apparemment déconnectées des événements de huis clos mentionnés précédemment, illustrent la richesse et la régularité de l'activité hippique, même dans des périodes difficiles. Ces informations, issues de calendriers de courses passés, soulignent la continuité des compétitions et l'importance de ces événements pour l'écosystème des courses. Elles servent de rappel que derrière les mesures exceptionnelles de huis clos, se trouve une tradition et une industrie bien établies qui s'efforcent de perdurer.
L'ensemble des informations convergent vers une réalité : les courses hippiques, même privées de leur public, continuent de se dérouler, portées par la passion des professionnels et la nécessité de soutenir une filière économique vitale. Le silence des gradins est le témoignage d'une période transitoire, où l'adaptation et la persévérance sont les maîtres mots.
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