L'École Notre-Dame de Tiercé : Un Siècle d'Éducation et d'Engagement Communautaire

L'histoire de l'école maternelle Notre-Dame à Tiercé est une mosaïque fascinante de dévouement, d'architecture évolutive et d'un engagement profond envers l'éducation des jeunes esprits. Construite au début des années 1830, cette institution a traversé les époques, s'adaptant aux besoins changeants de la communauté tout en restant fidèle à ses valeurs fondamentales.

Les Origines : Une Volonté Pastorale et un Bâtiment Emblematique

Les fondations de l'école Notre-Dame remontent à une initiative audacieuse du curé Joseph-Marie Grenier. Soucieux de l'éducation des filles dans sa paroisse, il entreprit, en parallèle de la construction du presbytère, l'édification d'un "établissement stable pour l'éducation des filles". Les plans de cet édifice furent dressés par l'architecte d'arrondissement Claude-Marie Dalloz. En mai 1836, un état des ouvrages exécutés par l'entrepreneur Vital Ponard, originaire de Longchaumois, révélait que la construction était quasiment achevée.

La situation administrative de l'établissement fut officialisée par deux conventions en 1837 et 1838. Ces accords stipulaient que la propriété du bâtiment serait cédée à la ville, à condition qu'il soit "destiné à perpétuité à l'éducation des filles". De plus, la jouissance de l'école devait revenir aux Sœurs de l'ordre du Saint-Sacrement, dont la maison principale se trouvait à Autun, ou, à défaut, à des sœurs choisies par les successeurs du curé Grenier et agréées par l'évêque. Ce lieu, affectueusement surnommé "le couvent", accueillait au milieu du 19ème siècle 15 religieuses de l'ordre des Saints-Anges, accompagnées de novices. L'enseignement était dispensé dans deux salles d'étude, recevant 60 élèves. Parallèlement, 30 autres élèves étaient instruites dans une salle louée dans le bas de la ville, soulignant l'importance et la demande pour l'éducation féminine à cette époque.

Vue ancienne de l'école Notre-Dame de Tiercé

Évolutions Architecturales et Organisation Pédagogique

L'architecture initiale de l'établissement présentait une façade ouest, donnant sur la place, avec une élévation ordonnancée. Un avant-corps central en léger relief était couronné d'un fronton triangulaire percé d'un oculus ovale. Le bâtiment principal était coiffé d'un toit à croupes et s'élevait sur deux étages carrés et un étage de comble à surcroît. Un escalier droit en charpente, intégré à la structure, desservait ces niveaux.

L'agrandissement de l'établissement vers l'est, entre 1841 et 1842, témoigne de sa croissance et de son succès. Deux corps de bâtiment parallèles furent ajoutés. Ces nouvelles extensions, séparées par une cour, comptaient trois étages carrés chacune et étaient couvertes d'un toit à longs pans à pignons couverts. Le pignon sud-ouest du bâtiment nord, le plus éloigné de l'église, bénéficiait d'une protection par un essentage de tôle. Un escalier extérieur en maçonnerie, situé à l'est près de la grotte de Lourdes, offrait un accès direct au premier étage du corps de bâtiment sud. La cour était quant à elle fermée au nord par un préau, doté d'une charpente en bois et d'un toit en appentis, créant un espace abrité pour les activités.

Claude-Marie Dalloz, architecte de renom, avait une longue carrière, étant architecte de la ville et de l'arrondissement de Saint-Claude (Jura) dès 1824. Vital Ponard, également architecte, a joué un rôle dans l'aménagement des jardins de l'avant de l'école et du presbytère, comme en témoignent ses dessins datant du 7 décembre 1840, date à laquelle la fabrique de l'église décida de créer ces espaces verts. Joseph-Marie Grenier, le curé visionnaire, né à Prémanon (Jura) en 1790, avait servi comme prêtre à Bellefontaine de 1818 à 1822 avant de s'établir à Morez en 1823, où il résida jusqu'à son décès en 1871.

Au milieu du 19ème siècle, l'école comptait quatre classes de filles donnant sur la rue Raspail et trois classes de garçons sur la rue Cécile. L'établissement connut une fréquentation soutenue jusqu'à la guerre. Cependant, en 1948, l'école des garçons ferma ses portes, laissant seule subsister l'école des filles. Les enseignantes Mesdames Meyer et Chemier prirent la relève de 1942 à 1950, marquant une transition dans l'histoire pédagogique de l'école.

Plan d'architecte d'une école du 19ème siècle

L'École Notre-Dame Aujourd'hui : Un Centre d'Apprentissage Dynamique

L'établissement, aujourd'hui connu sous le nom d'École Privée Maternelle à Tiercé, est toujours en activité. Immatriculé sous le siret 321 029 225 00018, il a été créé le 1er janvier 1981, il y a donc 45 ans. Il s'agit d'un établissement secondaire de l'association OGEC TIERCE ECOLE PRIV MIXT NOTRE DAME, qui gère d'autres établissements. Son domaine d'activité principal est l'enseignement primaire (code NAF 85.20z).

L'école maternelle Notre-Dame ne se contente pas de dispenser un enseignement académique ; elle s'engage activement dans la vie de ses élèves et de la communauté. Des initiatives variées illustrent cet engagement. La ferme pédagogique "Galinette" de Matthieu, installée au presbytère, offre aux élèves des moments privilégiés avec les animaux et des ateliers pratiques, tels que la fabrication du pain ou la découverte des empreintes animales. Ces expériences enrichissent l'apprentissage et développent la curiosité des enfants.

Tous à la ferme pédagogique ! - La Maison des maternelles #LMDM

Le carnaval est une autre occasion de fête et de créativité, où les élèves défilent en costumes, transformant l'école en un lieu de célébration. Les liens intergénérationnels sont également renforcés par les défilés des maternelles à l'EHPAD, un moment de partage qui réjouit les résidents et apporte de la couleur et de la joie à leur quotidien.

L'association des parents d'élèves (Apel) joue un rôle crucial dans l'animation de la vie scolaire. L'organisation d'événements conviviaux et de partage, tels que des ventes dont les profits financent les sorties scolaires, témoigne de cet engagement. Un comité de pilotage, réunissant parents, enseignants et agents spécialisés des écoles maternelles (ASEM), travaille activement à l'embellissement des cours, promettant de futures réalisations attrayantes pour les enfants.

La solidarité est une valeur fondamentale promue par l'école. Chaque année, les élèves participent au "Bol de riz", une action solidaire qui soutient une association caritative, cette année "Des étoiles dans la mer". Les ateliers de printemps, organisés par l'Apel, proposent des activités créatives autour de Pâques, rencontrant un vif succès auprès des élèves.

L'implication citoyenne est également encouragée. Les élèves de CM1 et CM2 ont participé aux élections du conseil municipal des jeunes (CMJ), découvrant le fonctionnement d'un scrutin et le rôle des élus locaux. Cet engagement précoce dans la vie civique prépare les jeunes à devenir des citoyens actifs.

L'apprentissage par l'expérience en extérieur est une priorité. Les classes de GS et CP ont bénéficié de séances de "classe dehors" tous les jeudis après-midi de mars et avril. Cette initiative a favorisé la connaissance mutuelle, le tissage de liens entre les différentes classes et sites de l'école, et a permis d'explorer de nouvelles modalités d'apprentissage dans un cadre différent.

L'école ouvre ses portes aux futures familles. Une journée de visite des locaux, d'échanges avec l'équipe pédagogique et de découverte des projets est organisée le samedi 1er mars, de 10h00 à 12h00, pour les inscriptions de la rentrée 2025/26.

La fréquentation de la bibliothèque est une tradition importante. Les élèves s'y rendent trois fois par an pour des moments de lecture offerte, suivie d'une exploration libre des rayons. Cette immersion dans le monde des livres nourrit leur imaginaire et leur goût pour la lecture.

Les arts sont également à l'honneur. Les élèves de GS ont eu la chance d'assister à un spectacle musical au cinéma PAX, présenté par la compagnie Crock’notes. Les enfants ont découvert des instruments comme la guitare, la contrebasse et le charleston à travers des chansons de leur album "Sur le fil des saisons". Cette sortie, offerte par le service culturel de la ville de Tiercé, a été un moment magique et joyeux.

L'école s'inscrit dans une démarche de développement durable à travers le programme "Eco-Ecole". Ce programme vise à intégrer des pratiques respectueuses de l'environnement dans le quotidien de l'école et à sensibiliser les élèves aux enjeux écologiques. L'engagement dans les "3R d'Anjou" (Réduire, Réutiliser, Recycler) s'est traduit par une collecte réussie de 62 kg de piles, démontrant l'implication de toute la communauté.

L'année scolaire est marquée par des thèmes fédérateurs. L'un d'eux, "Tous unis pour une année olympique", a été lancé par une cérémonie d'ouverture au stade. Les classes ont défilé avec des porteurs de drapeaux symboliques, des flammes olympiques ont été assemblées, et les élèves ont représenté les cinq anneaux olympiques par des T-shirts colorés. Un chant et une danse communs ont renforcé le sentiment d'unité autour de ce thème.

Enfin, l'école participe activement à des actions caritatives, comme la contribution au Resto du Cœur, soulignant son rôle d'acteur social et éducatif au sein de la ville de Tiercé.

L'histoire de l'école maternelle Notre-Dame de Tiercé est donc celle d'une institution qui a su traverser le temps en s'adaptant, tout en conservant un esprit d'ouverture, de partage et d'engagement envers l'éducation et le bien-être de ses élèves.

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