La Renault Twingo II : Une Nouvelle Ère pour la Citadine Française

La Renault Twingo, icône de la polyvalence et de la praticité urbaine, a franchi un nouveau cap avec le lancement de sa seconde génération. Annoncée par le concept-car Twingo Concept au Mondial de l'automobile de Paris en 2006, la Twingo de série de seconde génération a été officiellement présentée au salon de l'automobile de Genève le 6 mars 2007. Portant le nom de code interne X44, elle succède à une première génération qui avait marqué les esprits pendant 14 ans. Cette nouvelle mouture, fabriquée en Slovénie dans l'usine de Novo Mesto, est arrivée dans les concessions françaises et slovènes dès le 15 juin 2007, marquant le début d'une nouvelle ère pour la citadine au losange.

Renault Twingo II concept car

Une Évolution Esthétique Marquée

Sur le plan esthétique, la Twingo II a subi une transformation significative. Si elle conserve une physionomie générale reconnaissable, elle abandonne toutefois une partie de sa bonhomie et de son originalité intrinsèque qui avaient fait le succès de sa devancière. Renault a délibérément choisi de s'éloigner de l'image jugée trop féminine de la génération précédente, dans le but d'attirer une clientèle plus mixte. La marque a également souhaité un capot plus long, conférant à la voiture une impression de sécurité accrue. Les dimensions évoluent considérablement : la Twingo II s'allonge pour atteindre 3,60 m, s'élargit à 1,65 m et gagne en hauteur avec 1,47 m. Cette croissance s'accompagne d'une augmentation de poids de 13 % par rapport à la Twingo I, passant de 820 à 925 kg. L'empattement est augmenté de 2 cm, profitant notamment à une meilleure protection des piétons et à l'intégration de motorisations plus performantes, y compris des blocs diesel.

Une Révolution Mécanique et Structurelle

Sur le plan mécanique, la Twingo II représente une véritable révolution. Si elle conserve des motorisations essence, elle introduit pour la première fois des moteurs diesel dans sa gamme, une première pour le modèle. Cette offre répondait à une demande forte, particulièrement sur le marché français, où les motorisations diesel jouissent d'une popularité indéniable. La Twingo II repose sur la plateforme technique de la Clio II, dont le train avant est d'ailleurs dérivé des Renault 9 et Renault 11. Cette nouvelle architecture, plus imposante, a permis d'améliorer la sécurité. En témoigne sa note de 4 étoiles aux crash-tests EuroNCAP pour la protection des passagers et du conducteur, bien que la protection des piétons ait été évaluée à 2 étoiles. Le 500 000ème exemplaire de Twingo II est sorti de l'usine le 6 septembre 2010, soulignant le succès commercial de ce nouveau modèle.

La Phase 2 : Une Identité Visuelle Renouvelée

Le 500 000ème exemplaire de Twingo II sortant de l'usine le 6 septembre 2010 marquait une étape importante, mais l'évolution du modèle ne s'est pas arrêtée là. La Twingo II « phase 2 » a été partiellement dévoilée fin janvier 2011, suite à diverses fuites dans la presse, notamment néerlandaise. Cette mise à jour a inauguré la nouvelle identité visuelle de Renault, particulièrement perceptible au niveau de la face avant. On y retrouve une fente de calandre plus large englobant un logo plus imposant, ainsi que des clignotants ronds désormais séparés des phares. À l'arrière, les feux adoptent un nouveau design en deux parties, dont une intégrée au hayon. L'habitacle, quant à lui, a subi moins de changements majeurs. Pour des raisons de coût, certaines versions destinées au marché français, y compris le modèle d'entrée de gamme Access, se sont vues dépourvues de phares automatiques et d'essuie-glaces à capteur de pluie. De même, le compte-tours a été supprimé sur la plupart des finitions, à l'exception des versions sportives Gordini, RS et Gordini RS.

Renault Twingo II phase 2 avant

Toutes les motorisations de la Twingo II phase 2 sont associées à des boîtes de vitesses de la famille JB, JH ou JR, des transmissions éprouvées, dont la JB trouve son origine sur les Renault 9 et 11. Le coefficient de traînée aérodynamique (Cx) est d'environ 0,34, un chiffre honorable pour la catégorie.

La Twingo RS et Gordini RS : La Performance à la Française

Pour les amateurs de sensations fortes, Renault a proposé les versions RS (Renault Sport) et Gordini RS. Ces modèles se distinguent par leur motorisation essence 1,6 L développant 133 chevaux. La base mécanique est le bien connu bloc 1,6 L 16v (K4M), éprouvé depuis des années sur de nombreux modèles Renault, ici dénommé K4M 854. Des optimisations significatives ont été apportées pour accroître sa puissance. Cela inclut un collecteur d'admission en aluminium de "grosses sections", un boîtier papillon issu de la Clio RS (moteur F4R RS), un collecteur d'échappement 4 en 1 à parois minces avec catalyseur intégré, un vilebrequin issu du K9K (1.5 dCi), de nouveaux pistons pour un taux de compression de 11:1, des jupes graphitées pour réduire les frottements, des axes flottants pour la fiabilité, des arbres à cames spécifiques avec une levée de soupapes supérieure (11 mm au lieu de 9), des injecteurs "gros débit" (300 cm³/min à 3,5 bars) et des bougies hybrides de la F4R RS. Le déphaseur d'arbre à cames d'admission, actif entre 1500 et 4500 tr/min, est identique à celui des autres K4M équipés de la technologie VVT.

Le châssis des Twingo RS et Gordini RS est également entièrement revu. Le train arrière est hérité de la Clio II RS, avec des moyeux arrière provenant de la Mégane II. Le train avant est spécifique à la Twingo RS et à la Wind, bénéficiant d'un berceau renforcé et de triangles de suspension en aluminium. Les porte-fusées sont également spécifiques, et les moyeux proviennent de la Mégane II. La barre stabilisatrice avant affiche un diamètre de 21 mm, et les ressorts de suspension sont plus rigides. Le châssis Sport est abaissé de 10 mm, tandis que le châssis Cup, plus radical et réservé à la piste, est abaissé de 14 mm. Les couples amortisseurs/ressorts sont adaptés à chaque châssis, avec des amortisseurs à gaz fabriqués par KYB. Les pneumatiques d'origine sont des Continental ContiSportContact 3 en 195/40R17 pour le châssis Cup et en 195/45R16 pour le châssis Sport. Les jantes disponibles sont en 16 ou 17 pouces.

Le système de freinage est emprunté aux Mégane II et Laguna III pour garantir puissance et endurance. On retrouve ainsi des étriers avant de Laguna III (monopiston de 57 mm), des disques avant de Mégane II (280 mm ventilés), et des étriers et disques arrière de Mégane II (240 mm pleins, mono-piston de 34 mm). La boîte de vitesses est une JR5-176, à timonerie par câbles, idéalement étagée pour une conduite sportive, bien que cela se traduise par un régime moteur élevé sur autoroute (4400 tr/min à 130 km/h). L'habitacle des versions RS et Gordini RS reprend l'essentiel de la Twingo standard, avec pour différences notables un compte-tours gradué jusqu'à 8000 tr/min, des sièges offrant un bon maintien, des ceintures de sécurité orange (sauf sur Gordini), un volant en cuir perforé, et un pommeau de levier de vitesse et une poignée de frein à main en zamak chromé satiné en option.

Essai Renault Twingo RS Gordini

La Twingo R.S. Compétition : L'Ascension vers le Sport Automobile

L'engagement de Renault Sport dans la compétition automobile a également vu naître des versions dédiées de la Twingo. Homologuée en 2010, la Twingo RS R2 est la première Twingo de compétition. Elle reprend le train avant McPherson avec bras inférieurs en aluminium et une barre antiroulis de série. Des rotules peuvent remplacer les silentblocs pour une meilleure précision de pilotage. Le système de freinage hérite des étriers et disques de série, auxquels s'ajoutent des plaquettes compétition. Le moteur "K" (type K4M) RS 1598 cm³ 16v atmosphérique, développé par Renault Sport, voit sa puissance augmenter grâce à des modifications ciblées sur les pistons, arbres à cames, volant moteur, ligne d'échappement et boîte à air. Cette préparation permet au moteur d'atteindre 160 ch (118 kW) à 7250 tr/min. La gestion moteur et boîte de vitesses est assurée par un boîtier électronique dédié à la compétition, avec une commande par joystick et un système de passage de rapports au volant. L'embrayage est monodisque à commande hydraulique. L'instrumentation est simplifiée pour afficher les informations essentielles en course.

En 2012, Renault Sport présente la Twingo RS R2 Evo. Grâce à une collaboration avec Sodemo, la puissance du moteur K4M RS atmosphérique est portée à 190 ch. Les liaisons au sol sont également optimisées. La Twingo RS R1, quant à elle, s'inspire largement de la version de série, avec un moteur et une boîte de vitesses d'origine, mais bénéficie d'un couple court pour améliorer l'efficacité en rallye. Un arceau-cage soudé et manchonné facilite le montage. La préparation de la Twingo RS R1 comprend des renforts de caisse pour l'arceau, l'installation du couple court dans la boîte de vitesses, et un nouveau circuit de freinage avec répartiteur avant/arrière et déconnexion de l'ABS. La Twingo RS R1 a servi de base à plusieurs trophées organisés par Renault Sport, tels que le Championnat de France des Rallyes Junior et le Trophée Twingo R1 France, ainsi que le Twingo RS R1 Trophy UK.

Une Gamme de Motorisations Variée

La Twingo II a été proposée avec une large gamme de motorisations pour répondre aux différents besoins des automobilistes.

Motorisations Diesel :

  • 1.5 dCi 65 ch : Ce moteur, sorti en 2010, a remplacé le 1.5 dCi 65 ch précédent. Il offre des performances honorables pour un usage urbain et se distingue par sa faible consommation. Historiquement, cette version 16 soupapes était la moins puissante des déclinaisons 1.5 dCi, destinée aux petits véhicules d'entrée de gamme. Sa puissance fiscale est de 4 CV et sa consommation moyenne avoisine les 5,3 litres aux 100 km. Bien qu'agréable et peu gourmand, il manque de punch pour rendre la Twingo polyvalente.
  • 1.5 dCi 75 ch : Ce moteur remplace le vieillissant 1.5 dCi 65 ch, offrant un gain de 20 Nm de couple (180 Nm). Il devient ainsi nettement plus intéressant et constitue une alternative au dCi 85 ch. Son couple moteur arrive tôt (1800 tr/min), favorisant une consommation réduite (entre 4,2 et 4,5 L/100 km). La puissance fiscale est de 4 CV. Le 1.5 dCi, issu du moteur essence Cléon, est apparu lors du restylage de la Clio 2. Il est à noter que cette motorisation a parfois pu présenter une fragilité de la bielle.
  • 1.5 dCi 85 ch : Considéré comme le moteur à privilégier, il offre un surplus de puissance appréciable. Les consommations relevées sont d'environ 4 L/100 km en conditions normales, pouvant monter à 3,9 L/100 km avec la climatisation en été et 4,0 L/100 km en hiver avec le chauffage. La puissance fiscale est de 4 CV.

Motorisations Essence :

  • 1.2 60 ch : Ce moteur, bien que suffisant pour les petits trajets en ville, n'est pas idéal pour les longues distances. La finition Access, qui l'équipait souvent, est critiquée pour son équipement peu généreux. La vidange est jugée très simple et accessible. Sa puissance fiscale est de 4 CV.
  • 1.2 16v 75 ch : Ce bloc est considéré comme le moteur essence à choisir pour un bon rapport puissance/consommation. Le couple moteur arrive assez tard (4500 tr/min), ce qui peut impacter la consommation si l'on n'adopte pas une conduite souple. Sa puissance fiscale est de 4 CV et sa consommation moyenne avoisine les 5,8 litres aux 100 km. Il est à noter qu'une version LEV (Low Emission Vehicle) de ce moteur, émettant 120 g/km de CO2, a été proposée dès 2008, bénéficiant d'incitations fiscales grâce à une réduction de 15 g/km par rapport à la version classique. Cette version eco² bénéficie d'une boîte de vitesses aux rapports allongés, réduisant le régime moteur à vitesse égale et la consommation de carburant, pour une moyenne de 5,1 litres aux 100 km, ce qui en fait la motorisation essence 1.2 la plus économique du marché. Cependant, son coût supplémentaire efface en grande partie le bonus écologique.
  • 1.2 TCe 100 ch : Cette version, réservée au milieu urbain, n'est pas conseillée pour les longs trajets. Le couple est très limité, donnant une sensation de moteur anémique. Cependant, le 1.2 TCe est une version au rendement optimisé du classique 1.2 16v 75 ch, doté d'un turbo et d'une injection haute pression, portant sa puissance à 100 chevaux. Il équipe principalement les citadines du groupe Renault. La puissance fiscale est de 7 CV. Les consommations peuvent varier : environ 6,2 litres en moyenne, mais peuvent grimper jusqu'à 8 litres ou plus selon la conduite et le type de parcours. Le modèle GT 100 ch de 2010 avec 129 000 km et reprogrammé à 140 ch frise les 8 litres. La finition Gordini bvm5 avec 120 000 km en 2011 consomme environ 8 L/100km. Il est conseillé de rouler régulièrement sur autoroute pour "décrasser" le moteur et éviter l'allumage du voyant moteur, surtout si la voiture est principalement utilisée en ville. Cette motorisation supporte de moins en moins le carburant bas de gamme avec le temps.
  • 1.6 133 ch (RS / Gordini RS) : Ce moteur à caractère sportif rend la Twingo II très joueuse. Le couple arrive assez tard (3500 tr/min), ce qui ne favorise pas les consommations en conduite soutenue. Les consommations peuvent être élevées, atteignant 8,6 L/100 km en mixte pour la version Gordini avec pneus 195/45 R16, et pouvant grimper à 13,8 L/100 km sur circuit. La puissance fiscale est de 6 CV. Pour la version Gordini phase 1 avec 116 000 km, la consommation est de 10 L/100km. À 90 km/h, la consommation est de 6,50 L, et au-dessus de 7,50 L. Le réservoir d'une capacité annoncée de 40 litres semble sous-estimé, le plein pouvant atteindre 41 litres avant la réserve. Les problèmes mécaniques sont rares, souvent liés à l'usure normale.

Moteur Renault Twingo II RS

Finitions et Séries Spéciales : Personnalisation et Accessibilité

La Twingo II a été proposée dans différentes finitions, visant à offrir un large choix aux consommateurs :

  • Access : La version de base, symbolisant la simplicité et l'accessibilité, était proposée à un prix très compétitif. Elle incluait de série l'ABS et l'aide au freinage d'urgence, ainsi que les airbags conducteur et passager.
  • Authentique : Cette finition ajoutait les vitres électriques, la direction assistée, la condamnation des ouvrants en roulant et le réglage en hauteur du volant.
  • Expression : Jouant sur un côté plus jovial, cette finition tentait de retrouver l'esprit de la Twingo I.
  • Dynamique : Axée sur la tonicité, elle recevait une sellerie avec surpiqûre orange, une planche de bord carbone foncé et un compte-tours. L'extérieur se distinguait par un bouclier sport, des projecteurs antibrouillard, des rétroviseurs ton caisse et un bandeau noir sur le pied milieu. Elle était équipée de roues de 14 pouces avec enjoliveurs spécifiques.
  • GT : Encore plus dynamique, cette version affichait une ligne affirmée avec un bouclier sport intégrant un marquage GT, des baguettes latérales ton caisse, des roues aluminium sport 15 pouces "Noxiane", une sortie d'échappement chromée, un bas de marche siglé GT, un becquet arrière et des coques de rétroviseur gris satinés. L'intérieur proposait un volant et pommeau de levier de vitesses en cuir, la climatisation manuelle de série et l'autoradio 80 W avec lecteur CD MP3 et prise audio RCA. Des vitres teintées étaient disponibles en option.
  • Initiale : Représentant le haut de gamme, cette finition se distinguait par des matériaux plus élégants et un équipement complet, incluant le capteur de pluie et de luminosité, le radar de recul et la climatisation régulée. L'habitacle était traité dans des tons clairs, avec une sellerie cuir "Tropic Clair", et des éléments chromés satinés. L'extérieur bénéficiait de la peinture métallisée, de jantes aluminium 15 pouces, et de baguettes et rétroviseurs ton caisse.

Au fil de sa carrière, la Twingo II a également été déclinée en de nombreuses séries spéciales ou limitées, enrichissant son catalogue et proposant des personnalisations uniques :

  • Twingo Dolce Vita (2009) : Cette série spéciale proposait un équipement audio amélioré, avec une radio 140W CD compatible MP3 et une Audio Connexion Box offrant des entrées USB, jack 3,5 mm et DIN (iPod).
  • Twingo Nokia (2009) : En partenariat avec Nokia, cette série offrait un téléphone Nokia 6110 Navigator avec système de navigation GPS intégré, et une compatibilité Bluetooth avancée pour la gestion des appels et de la musique via les commandes au volant.
  • Twingo Art Collection : Basée sur la finition Dynamique, cette série se distinguait par une sellerie spécifique ornée du motif "Faces" de la styliste Christina Drejenstam, un lecteur CD MP3 avec port USB et prise iPod, un toit ouvrant panoramique électrique, une peinture exclusive noire nacrée, et des montants de portes signés par la créatrice. L'utilisation de la technologie d'impression jet d'encre permettait un rendu photogénique et une grande durabilité.
  • Twingo Rip Curl (2009) : Suite au succès sur la Clio, cette série spéciale a été étendue à la Twingo, apportant un style inspiré des sports de glisse.

Ces différentes versions, motorisations et finitions ont fait de la Renault Twingo II un véhicule polyvalent et adaptable, capable de séduire un large public, tout en conservant l'esprit pratique qui a fait le succès de son aînée.

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