La Course de Noyant-la-Gravoyère : Victoire de Benoît Tardif et Immersion dans l'Histoire Minière

La troisième édition de la course de Noyant-la-Gravoyère a réuni une centaine de participants, répartis entre le 15 km et le 6 km. Sur la distance la plus longue, c'est Benoît Tardif qui s'est imposé, démontrant sa forme malgré une blessure récente au genou. L'événement, qui s'est déroulé dans un cadre pittoresque, a également offert un aperçu de l'histoire industrielle de la commune, marquée par l'exploitation de l'ardoise et du fer.

Course à pied dans un paysage rural

Benoît Tardif Triomphe sur le 15 km

Parmi la petite centaine de coureurs ayant pris le départ, 79 s'étaient engagés sur le 15 km. Benoît Tardif, originaire de Segré, a été le plus rapide sur cette distance. Il a franchi la ligne d'arrivée avec une avance de 34 secondes sur son dauphin, Clément Sinqsous. La stratégie de Tardif fut particulièrement intéressante. Parti rapidement, il a rapidement pris la foulée de Steeve Gault. "Je pensais qu’il était engagé sur le 15 km," a-t-il déclaré à l'arrivée. "Mais lorsque je l’ai vu bifurquer, j’ai compris qu’il était sur la plus courte distance." Cette observation lui a permis d'ajuster son rythme et de gérer son effort, lui assurant ainsi la victoire.

Malgré son succès, Benoît Tardif a souligné qu'il était venu pour le plaisir, sans objectifs précis pour l'avenir. "Je suis venu ici pour prendre du plaisir sans réel objectif pour la suite," a-t-il ajouté. "J’ai été blessé au genou durant de longs mois donc je ne me fixe pas d’objectif sur le long terme." Sa performance témoigne d'une belle récupération et d'une gestion de course avisée.

La troisième place du 15 km a été décrochée par Ozgur Tanyeli, qui a reconnu ne pas être un "gars du matin". "Je ne suis pas un gars du matin," rigolait-il. "Je me suis couché tôt mais j’ai eu un coup de mou durant la course. Au bout du huitième kilomètre, le coureur de Châteauneuf Athlé n’avait plus de jambe." Malgré un passage à vide, Tanyeli a salué la performance de Tardif : "Benoît était le plus fort." Il a également mentionné avoir bien récupéré de la semaine précédente, où il avait participé à un trail à La Tranche-sur-Mer.

Les résultats complets du 15 km placent donc : 1. Tardif (ES Segré) en 58'32", 2. Sinqsous (Montreuil-sur-Maine) en 59'06", et 3. Tanyeli (Châteauneuf Athlé) en 59'51". Suivent Gouabau (Segré Triathlon) en 1h03'44'' et Letourneux (Le Lion-d’Angers) en 1h05’09''.

Steeve Gault S'impose sur le 6 km, une Participation Inattendue

Sur la distance plus courte de 6 km, c'est Steeve Gault qui a décroché la victoire. Sa participation à l'épreuve était d'ailleurs inattendue, même pour lui. "J’avais convié des coureurs de mon club à venir découvrir ce site pour préparer une course en relais," a précisé le licencié à l'E2A. Cette course en relais, prévue pour le 24 juin, se déroulera en hommage au général Leclerc.

Gault a terminé l'épreuve en 25'59". Il devance Pécot (Aviré), second en 29'20", et Pelluault (Segré), troisième en 30'11". La participation sur le 6 km était de 15 coureurs.

Carte de Noyant-la-Gravoyère et ses environs

Noyant-la-Gravoyère : Entre Patrimoine Industriel et Beauté Naturelle

Noyant-la-Gravoyère, ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, offre un riche passé industriel et un cadre naturel préservé. Avec une population d'environ 1 894 habitants, la commune culmine à 97 mètres d'altitude, avec un point bas à 32 mètres. Son paysage est marqué par la présence de plusieurs étangs, tels que l'étang de la Coudre, l'étang de Saint-Blaise et l'étang de la Corbinière, tous alimentés par le ruisseau du Misengrain. La limite sud de la commune est délimitée par la rivière Verzée, où se jette le ruisseau de la Dionnais.

L'histoire de Noyant-la-Gravoyère remonte au moins à 1177, date de sa première mention sous la dénomination de "Noientum". Le nom "Noyant" pourrait provenir du mot gallo-romain "noventium", lui-même dérivé de l'adjectif celte "noviento", signifiant "nouveau", désignant ainsi une cité nouvelle durant la période gallo-romaine. L'ajout plus tardif de "Gravoyère" proviendrait de la déformation de "gravière", issu de l'ancien mot celte "grava" qui signifie "petite pierre".

La commune est stratégiquement située le long de l'ancienne voie romaine reliant Angers à Rennes. Au XVIIe siècle, Noyant-la-Gravoyère comptait un nombre important d'ouvriers travaillant dans les métiers du bois et de l'ardoise. Les fiefs de la Roche et de la Gravoyère furent réunis en 1636. À la veille de la Révolution française, le territoire dépendait du bailliage et de l'élection d'Angers.

LE MUSÉE DE L ARDOISE à TRÉLAZÉ MAINE et LOIRE

La Mine Bleue : Un Héritage Minier Transformé en Attraction Touristique

L'un des sites les plus emblématiques de Noyant-la-Gravoyère est la Mine Bleue. Ancienne mine d'ardoise, elle a été transformée en établissement patrimonial, offrant au public une plongée dans l'univers des mineurs. Exploité de 1916 à 1986, ce site fut le principal employeur de la commune, employant jusqu'à 310 personnes lors de sa liquidation en 1986. La fermeture des ardoisières, consécutive aux difficultés économiques de l'industrie minière, a conduit la commune à se tourner vers le tourisme.

En 1986, le parc de loisirs Saint-Blaise fut créé. L'année suivante, la commune aménagea l'ancien site ardoisier de la Gatelière pour y créer la Mine Bleue. Après une fermeture en 2000, le site a été repris et rouvert en 2007, devenant un lieu de découverte et de mémoire. La Mine Bleue permet de comprendre l'importance de l'ardoise dans l'économie locale et l'histoire de la région.

Intérieur de la Mine Bleue, ancienne mine d'ardoise

L'Épopée des Vélodromes et la Renaissance du Cyclisme

L'histoire de Noyant-la-Gravoyère est également marquée par une passion pour le cyclisme, avec la création et l'exploitation de vélodromes. En août-septembre 1921, un vélodrome fut aménagé en bordure de la route de Segré à Pouancé. Affilié à l'Union Vélocipédique de France, il a accueilli ses premières courses officielles en octobre de la même année, avant d'être abandonné quelques années plus tard.

En janvier 1934, la société Cycliste La Joyeuse fut recréée à l'initiative de Léon Dohin. Un nouveau vélodrome fut aménagé sur un terrain lui appartenant, situé au lieu-dit La Promenade. La piste en terre battue fut réalisée par des bénévoles. Dès la première saison, trois réunions cyclistes y furent organisées. En 1938, une tribune en bois fut ajoutée. En 1951, de nouveaux gradins en ardoise furent aménagés.

L'année 1952 fut un moment clé pour le cyclisme local, avec l'annonce que les Championnats d'Anjou se dérouleraient sur le vélodrome de Noyant-la-Gravoyère. Cette nouvelle entraîna la décision de remplacer la piste en terre battue par une piste en ciment, nécessitant des travaux importants.

L'Industrie Minière au XXe Siècle et ses Défis Économiques

Le XXe siècle a été le théâtre d'une activité minière intense à Noyant-la-Gravoyère. En 1912, la mine de fer du Bois I fut ouverte par la société des mines de fer de Segré. Durant la Première Guerre mondiale, la commune a perdu 68 hommes, et 17 autres lors de la Seconde Guerre mondiale.

En 1979, l'activité minière était encore significative, avec 411 employés aux ardoisières de Misengrain produisant 17 000 tonnes d'ardoises, et la mine du Bois I produisant 11 400 tonnes de fer par mois avec 253 ouvriers. Cependant, les difficultés économiques ont commencé à s'accumuler. La mine de fer du Bois I a fermé en 1985, suivie de la liquidation de la Société des Ardoisières d'Anjou en 1986, entraînant la fermeture des ardoisières et le licenciement de 310 employés.

Héritage Architectural et Social : La Cité Jardin et la Salle des Parageots

L'histoire sociale de Noyant-la-Gravoyère est également visible à travers son architecture. Dans les années 1920, une cité ouvrière, la "Cité jardin", fut construite pour les ouvriers des ardoisières. Elle se composait de pavillons similaires mais distincts, équipés de commodités modernes pour l'époque comme des toilettes, de l'eau courante, voire l'électricité, et implantés le long de rues courbes.

La "Salle des Parageots" est un ancien cinéma bâti par des mineurs ardoisiers. Aujourd'hui, cet espace accueille divers événements culturels tels que du théâtre, des concerts, des résidences d'artistes et des ateliers, témoignant de la vitalité culturelle de la commune.

L'évolution démographique de Noyant-la-Gravoyère, comme dans de nombreuses communes françaises, est suivie par des recensements réguliers depuis 1793. La population actuelle est relativement âgée, et la répartition entre hommes et femmes reflète les tendances nationales et départementales, avec une légère prédominance féminine. La commune, bien que confrontée aux défis de la désindustrialisation, a su capitaliser sur son patrimoine pour développer de nouvelles perspectives, notamment dans le domaine du tourisme et de la valorisation de son histoire.

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