La santé des équidés en Dordogne fait l'objet d'une attention particulière suite à la détection de plusieurs cas de maladies graves. Ces événements soulignent l'importance de la surveillance épidémiologique et des mesures de précaution adaptées pour protéger la population équine. VigiRESPE, un outil de veille sanitaire, joue un rôle crucial en informant en temps réel des risques présents sur le territoire français, permettant ainsi aux professionnels et aux propriétaires d'équidés de se tenir informés et d'appliquer les mesures de prévention nécessaires.
L'Anémie Infectieuse Équine (AIE) : Un Danger Sanitaire de Catégorie 1
Un foyer d'anémie infectieuse équine (AIE) a été détecté dans un centre équestre près du Bugue, en Dordogne. Cette maladie grave, transmissible à tous les équidés, a malheureusement conduit à l'euthanasie de six animaux pour endiguer sa propagation. L'AIE est une maladie causée par un rétrovirus, similaire à celui du SIDA, et pour laquelle il n'existe aucun traitement. Sa particularité réside dans la discrétion de ses symptômes : l'équidé peut présenter des poussées de fièvre épisodiques sur de longues périodes, s'affaiblissant progressivement sans manifestation clinique évidente. Certains animaux peuvent même être porteurs sains, ne révélant aucun signe extérieur de la maladie.

Malgré cette discrétion, l'AIE est hautement contagieuse et classée parmi les dangers sanitaires de catégorie 1. Elle est donc soumise à une réglementation stricte de l'État, imposant l'euthanasie ou l'abattage des équidés infectés. Dans le cas du centre équestre près du Bugue, un arrêté préfectoral a été pris, déclarant l'infection et imposant une quarantaine de trois mois durant lesquels aucun équidé ne peut entrer ou sortir de l'établissement. Une enquête épidémiologique et analytique a été menée, aboutissant à la mise en place d'une zone de surveillance de 2 kilomètres autour du foyer. La préfecture a tenu à préciser que la détection d'un foyer d'AIE en Dordogne n'a pas d'incidence défavorable sur les mouvements commerciaux des équidés à l'échelle nationale et internationale, en dehors des animaux se trouvant dans les foyers déclarés.
La Rhinopneumonie Équine : Une Menace Nerveuse et Contagieuse
Parallèlement, la Dordogne a été confrontée à des cas de rhinopneumonie équine, notamment sous sa forme nerveuse (myéloencéphalite à HVE1). Une vétérinaire périgourdine a alerté sur les réseaux sociaux le décès d'un cheval, possiblement victime de cette maladie contagieuse. L'animal aurait succombé à une forme nerveuse de la rhinopneumonie, conduisant à la mise à l'isolement du foyer concerné et à la réalisation de tests pour identifier d'éventuels porteurs sains.

La vétérinaire a souligné que l'incubation de la maladie peut varier de deux à dix jours, durant lesquels un cheval peut ne présenter aucun symptôme tout en étant contagieux. Par précaution, il a été fortement recommandé d'éviter tout rassemblement d'équidés pendant les deux semaines suivant ces alertes, afin de limiter la transmission du virus par contact direct (de museau à museau) ou indirect (par le matériel ou les vêtements).
Le réseau national RESPE (Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine) a confirmé la présence du virus de la myéloencéphalite en Dordogne, précisant qu'il s'agissait d'un cas isolé en attente de confirmation finale par leurs équipes. Le RESPE mène une enquête épidémiologique en collaboration avec un vaste réseau de vétérinaires.
Les symptômes de la rhinopneumonie peuvent être variés, allant de manifestations respiratoires à des formes nerveuses plus graves, incluant ataxie et décubitus. Le virus herpès, responsable de cette maladie, a la particularité de persister dans l'organisme des équidés de manière inactive (dormante ou latente) après l'infection. La transmission se fait par contact entre les équidés.
Mesures de Précaution et Réglementation des Manifestations
Face à ces risques sanitaires, des mesures de précaution sont mises en place par les professionnels. À Saint-Cyprien, un concours de saut d'obstacles initialement prévu pour le 25 mai a été maintenu mais réservé aux seuls chevaux du centre équestre, afin de limiter les interactions potentielles entre animaux de différentes origines. La gérante du centre équestre a expliqué que la transmissibilité de la maladie par voie aérienne justifiait cette restriction, même au sein d'une compétition.
Tout savoir sur l'épidémie de rhinopneumonie équine.
L'organisation de manifestations équestres en Dordogne est encadrée par un arrêté préfectoral. Pour simplifier certaines formalités, le calendrier des manifestations du CDTE24 sert de déclaration en préfecture. Le CDTE24 a un rôle d'information et de conseil. Pour les structures affiliées à la FFE (Fédération Française d'Équitation), la saisie d'une DUM (Déclaration Unique de Manifestation) via le site de la FFE dispense de certaines déclarations. Les mesures sanitaires impliquent la communication de l'identité de l'équidé (nom, n° SIRE, n° transpondeur), ainsi que celles du propriétaire et du détenteur. Il est rappelé que la vaccination, bien que non obligatoire, peut atténuer les effets de la maladie et la contagiosité. La prise de température régulière des équidés est également recommandée comme moyen de prévention quotidien.
Prévention et Réponse aux Situations d'Urgence
Au-delà des épidémies, la protection des équidés en Dordogne passe aussi par la lutte contre la maltraitance. Récemment, 19 équidés, dont deux poulains, ont été retirés d'un élevage à la suite d'une décision judiciaire. Ces animaux présentaient un état de maigreur alarmant et vivaient dans des conditions insalubres. Les services vétérinaires suivaient cet élevage depuis plus d'un an en raison de manquements répétés. Malgré une mise en demeure antérieure, un cadavre d'équidé avait été découvert, et une vingtaine de chevaux faméliques ont été trouvés enfermés dans des box obscurs, sans eau ni nourriture. Des examens vétérinaires ont confirmé leur état d'extrême affaiblissement. Des plaintes ont été déposées pour abandon.

Ces différents événements, qu'il s'agisse de maladies infectieuses ou de cas de maltraitance, rappellent la fragilité de la santé équine et la nécessité d'une vigilance constante. La collaboration entre les professionnels, les propriétaires, les réseaux de surveillance comme le RESPE et les autorités sanitaires est primordiale pour garantir la sécurité et le bien-être des équidés en Dordogne et au-delà. La communication transparente et rapide des informations sur les risques sanitaires, telle que celle facilitée par VigiRESPE, est un pilier essentiel de cette stratégie de prévention. L'application de mesures de biosécurité rigoureuses, la détection précoce des symptômes et une réponse rapide aux foyers infectieux sont des actions clés pour limiter la propagation des maladies et protéger la population équine.