Le Horse-Ball : Un Sport Équestre en Pleine Expansion, Défis et Perspectives

Le horse-ball, discipline équestre dynamique et spectaculaire, suscite un intérêt croissant à travers le monde. Né de la volonté de créer un jeu d'équipe équestre alliant adresse, stratégie et agilité, il a su évoluer pour devenir une compétition reconnue. Cet article explore les origines, le développement, les compétitions actuelles et les défis rencontrés par ce sport, en s'appuyant sur les perspectives de figures clés de son histoire, comme Jim Copeland, un pionnier de son introduction au Royaume-Uni.

Les Racines du Horse-Ball et son Développement International

L'histoire moderne du horse-ball est intimement liée à la création de la Fédération Internationale de Horse-Ball (FIHB). Jim Copeland, acteur majeur dans l'introduction de ce sport au Royaume-Uni en 1991, témoigne de son implication précoce aux côtés de personnalités telles que Simon Brooks Ward et sous la direction de Jean-Paul Depons. Il souligne que Paolo Gemme est le seul autre membre de la FIHB, initialement présent lors de sa création, à demeurer impliqué dans le sport aujourd'hui. Cette fondation a marqué le début d'une structuration du sport à l'échelle internationale, bien que chaque pays ait développé son propre modèle organisationnel.

Histoire du Horse-Ball

Au Royaume-Uni, l'introduction du horse-ball en 1991 a nécessité de surmonter des obstacles initiaux. Jim Copeland rappelle qu'à cette époque, certains centres pratiquaient des activités "dérivées" du horse-ball, souvent de manière indisciplinée, entraînant de nombreuses blessures. Cette situation a mis en évidence le besoin d'une approche plus structurée et sécurisée pour la pratique du jeu, jetant les bases d'une organisation plus formelle.

La Structure Organisationnelle et les Compétitions en Grande-Bretagne

Au Royaume-Uni, le horse-ball est membre de la British Equestrian Federation (BEF). Jim Copeland, en tant que représentant de la British Horseball Association (BHA) auprès de la BEF, explique que l'organisation fonctionne de manière autonome, tout en respectant les règles générales de la BEF. Il est important de noter que la BHA ne bénéficie d'aucun soutien financier de la part de la BEF ou du gouvernement. Les fonds proviennent principalement des adhésions, de démonstrations lors de grands spectacles équestres, ou de collectes de fonds individuelles.

Le calendrier sportif britannique comprend une Ligue Nationale qui s'étend sur six week-ends. Parallèlement, un championnat ouvert, similaire à la Coupe de France, est organisé sur un ou deux week-ends. Le Championnat Universitaire connaît une croissance significative chaque année. En 2019, un tournoi U25 a été organisé pour la première fois, rencontrant un vif succès et laissant espérer sa reconduction, bien que les incertitudes actuelles puissent impacter son déroulement.

Carte du Royaume-Uni avec des lieux liés à l'équitation

La saison nationale britannique devait initialement réunir environ 18 équipes dans diverses catégories. Cependant, la situation actuelle, marquée par le confinement, rend incertain le début de la saison et le nombre d'équipes qui pourront y participer, certains joueurs étant susceptibles de rencontrer des difficultés financières.

Reconnaissance et Développement du Sport au Royaume-Uni

Au fil des années, le horse-ball britannique a su bâtir une meilleure réputation auprès de la BEF, gagnant progressivement le respect en tant que discipline équestre à part entière. Un signe de cette reconnaissance est l'invitation par l'Association of British Riding Schools (ABRS) à enseigner dans certains de leurs centres. L'ABRS y voit un moyen d'améliorer les compétences équestres de ses clients, prouvant ainsi que le horse-ball peut contribuer à l'augmentation de leur clientèle. L'objectif est d'ailleurs de créer un "Riding School Challenge" dans l'année à venir.

Depuis de nombreuses années, des efforts sont menés pour intéresser le Pony Club au horse-ball. Le Pony Club, organisation bénévole fondée en Angleterre en 1929 et étendue internationalement, compte 16 disciplines équestres et cherche actuellement à réduire ce nombre. L'intégration du horse-ball au sein de cette structure représenterait une avancée significative pour le développement du sport, notamment auprès des jeunes cavaliers.

À TOI DE JOUER - Horse-ball

Le défi de l'engagement des joueurs est une préoccupation majeure. L'engagement requis pour un week-end de ligue peut être trop important pour certains. C'est pourquoi la stratégie de développement privilégie l'organisation de compétitions régionales sur une seule journée et des sessions "découverte" ("have a go sessions") dans des centres équestres qui ne pratiquent pas encore le horse-ball. L'objectif est de former de nouvelles équipes ou d'intégrer des joueurs dans des clubs existants.

Une difficulté récurrente réside dans la réticence de certains cavaliers à essayer le horse-ball, par crainte pour leur monture. Il est souvent difficile de convaincre les gens que leur cheval ou poney ne sera pas blessé et que leur partenariat s'améliorera grâce à la pratique du jeu. Jim Copeland déplore que de nombreux cavaliers au Royaume-Uni, se contentant de "hacker" (monter en extérieur sans objectif précis), soient effrayés à l'idée d'essayer, diffusant parfois de la désinformation plutôt que d'admettre leurs appréhensions.

Les Clés du Développement Futur du Horse-Ball

Pour l'avenir du horse-ball, Jim Copeland identifie trois facteurs essentiels à son développement : l'augmentation des financements, la formation d'un plus grand nombre d'entraîneurs qualifiés et une publicité plus efficace. Il souligne qu'une grande partie du public et de nombreux cavaliers ignorent encore l'existence de cette discipline, malgré le fait que, selon lui, personne, qu'il soit cavalier ou non, ne reste indifférent au spectacle du horse-ball.

La décision de reporter la Coupe du Monde de Horse-ball, initialement prévue à Saint-Lô en août, a été une déception, mais Jim Copeland comprend que la FIHB n'avait pas d'autre choix face à l'incertitude des restrictions sanitaires. Il souligne que le report permet d'éviter qu'un grand nombre de pays ne soient empêchés de participer, que ce soit par les restrictions encore en place, par le manque de temps pour préparer leurs chevaux, ou par les contraintes financières engendrées par le confinement. La manifestation se tiendra donc du 16 au 21 août 2021.

Joueurs de Horse-Ball en action

Pour favoriser le développement du horse-ball une fois le confinement terminé, Jim Copeland souhaite voir deux évolutions majeures. Premièrement, l'adoption de l'exemple de la Belgique et de la France pour développer la pratique du horse-ball chez les poneys shetlands, ciblant ainsi les plus jeunes et les plus petites montures. Deuxièmement, un travail acharné avec les centres équestres pour développer la compétition à ce niveau, ce qui devrait logiquement conduire à l'émergence d'un plus grand nombre d'équipes nationales.

Le Horse-Ball dans d'Autres Contextes Équestres

L'intérêt pour le horse-ball s'inscrit dans un paysage équestre plus large. Dans des régions comme le Clunisois, il n'est pas rare de voir des chevaux cohabiter avec d'autres animaux d'élevage. Cluny, ville au riche passé équestre depuis le XIXe siècle avec l'établissement d'un haras impérial, abrite aujourd'hui un centre équestre unique en France. Ce centre regroupe un haras, des arènes de compétition, un hippodrome et un centre équestre, et accueille également une école supérieure d'ostéopathie animale.

L'idée de partenariats pour le développement sportif est également mise en avant. Des opportunités de commandite passionnantes sont proposées pour permettre aux entreprises de gagner en visibilité tout en soutenant les projets ambitieux du sport. Devenir partenaire offre une visibilité exceptionnelle lors des événements et une reconnaissance sur les plateformes de communication, contribuant directement à la croissance du sport et renforçant la présence des partenaires au sein de la communauté équestre. Cette approche collaborative est essentielle pour l'essor de disciplines comme le dressage québécois, par exemple, qui cherche à faire rayonner la magie de l'équitation.

L'évolution du horse-ball, de ses débuts parfois chaotiques à sa reconnaissance actuelle en tant que discipline équestre structurée, témoigne de la passion et des efforts de ses acteurs. Les défis financiers, organisationnels et de perception demeurent, mais les perspectives de développement, notamment grâce à l'implication des centres équestres et à l'adaptation aux jeunes cavaliers, laissent entrevoir un avenir prometteur pour ce sport spectaculaire.

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