Le Cheval Frison: La Perle Noire au Noble Port

Le Frison, affectueusement surnommé « la perle noire », est une race de chevaux de selle et de carrossiers dont les origines remontent à la province de Frise, aux Pays-Bas. Son nom néerlandais, « Fries paard », et son nom occidental frison, « Frysk Hynder », témoignent de cette filiation géographique. La dénomination anglaise, « Friesian », est également largement reconnue. Il est essentiel de ne pas le confondre avec le Frison oriental, une race distincte, ce qui justifie parfois l'usage du terme « Frison occidental » pour une meilleure clarté.

Cheval Frison noir élégant

L'histoire du Frison est souvent parsemée de récits légendaires visant à lui attribuer des origines millénaires, parfois ancrées dans des mythes de chevaux de forêt primitifs d'Europe du Nord. Des auteurs comme Elwyn Hartley Edwards, Helena Kholová et Nicola Jane Swinney ont évoqué la présence de chevaux en Frise dès mille ans avant J.-C. Certains font remonter ses origines à la présence des Frisii, un peuple germanique de cavaliers mentionné par Jules César lui-même, qui louait leurs « formidables chevaux de bataille ». Ces chevaux auraient même influencé des races britanniques telles que le Fell et le Dales, ainsi que le Clydesdale. Cependant, il est crucial de noter que Tacite, contemporain de César, décrivait les chevaux de la Frise de son époque comme « exceptionnellement laids ». De plus, les dépeuplements et les changements de population en Frise au fil des siècles rendent improbable la continuité directe d'une race de chevaux ancienne. L'archéologie ne démontre pas non plus de continuité évidente entre les chevaux des Frisii et ceux de la Frise médiévale, notamment en ce qui concerne leur taille, significativement inférieure à celle du Frison moderne.

Des Origines Médiévales à l'Âge d'Or

Au cours du Moyen Âge, les chevaux présents en Frise ont gagné en taille, devenant plus grands que ceux des pays baltes, une caractéristique qui, selon la spécialiste en histoire Jorieke Savelkouls, aurait pu être transmise aux chevaux frisons au fil des siècles. Dès le XIVe siècle, le cheval de type frison était bien connu en Europe et établi dans une région s'étendant le long de la côte de la mer du Nord. Les chevaux de Guillaume le Conquérant à la bataille d'Hastings présentent d'ailleurs certaines ressemblances avec le Frison. Les chevaux de Frise ont acquis une renommée particulière au XIIIe siècle, et durant les XIIIe et XIVe siècles, les habitants de la région vendaient des chevaux dans toute l'Europe occidentale, notamment à Cologne, en Gueldre, dans les Flandres et en France.

Représentation d'un cheval frison dans un manuscrit médiéval

Le Moyen Âge a également vu l'élevage équin devenir une activité importante en Frise, notamment dans les monastères aux XVe et XVIe siècles. La Frise était reconnue comme un centre majeur d'élevage équin à cette époque. Il est possible que des chevaux orientaux, ramenés des croisades et de la Reconquista via la France, aient été introduits en Frise, bien que leur influence sur le cheptel local à cette période soit difficile à établir avec certitude. Certaines sources évoquent des croisements avec le Barbe et l'Arabe, ainsi qu'avec des chevaux tchèques et hongrois.

L'apogée du Frison, son « âge d'or », se situe aux XVIe et XVIIe siècles. La noblesse et les haras européens en acquéraient massivement. Pendant l'invasion espagnole des Pays-Bas et l'annexion de la Frise par Charles Quint, le Frison a reçu l'influence de chevaux andalous et castillans. Ces croisements lui ont apporté leur trot gracieux et leur port d'encolure altier, des caractéristiques qui ont contribué à sa réputation pour la haute école et la traction des carrosses des nobles. Le modèle du cheval s'est alors allégé et affiné, marquant la véritable constitution de la race frisonne telle que nous la connaissons aujourd'hui, devenant un cheval baroque, emblématique de son époque.

À partir de 1600, l'élevage du Frison est devenu un pilier de l'économie néerlandaise, avec des exportations notables vers la Grande-Bretagne et la France. Les académies d'équitation de Paris et d'Espagne se sont d'ailleurs approvisionnées en Frisons. Georges-Guillaume Ier de Brandebourg a importé des étalons frisons en 1624, et la race a également atteint Manhattan avec les premiers colons hollandais en 1625, bien que cette population d'origine ait disparu après la colonisation anglaise. La demande était telle que les officiers militaires ont pressé les États généraux néerlandais d'interdire leur exportation. Pour pallier la baisse de qualité du cheptel due à cette forte demande, une réglementation spécifique a été introduite, exigeant l'approbation des étalons reproducteurs par un magistrat et un responsable. L'écrivain italien Cesare Fiaschi possédait vers 1556 un cheval nommé « Frisonzello » (petit Frison), et le duc de Ferrare avait un cheval originaire de Frise de robe pie, nommé « Pia ». Le Frison est arrivé en grand nombre à La Rochelle au début du XVIIe siècle pour les travaux d'assèchement du marais poitevin, et nombre de ces animaux y sont restés après la fin des travaux. En 1562, le Frison était cité comme l'une des six races de chevaux majeures par l'Allemand Hans Kreutzberg.

Carrosse du XVIIe siècle tiré par des chevaux frisons

Le Frison au Fil des Siècles : Entre Gloire et Déclin

Après une période de moindre visibilité au XVIIe siècle, le Frison a connu une nouvelle éclipse au XVIIIe siècle. La réglementation de l'État a vacillé au milieu de ce siècle. Louis XIV, après avoir obtenu une partie des Pays-Bas méridionaux par le traité des Pyrénées, a promulgué une loi visant à fournir les officiers de l'armée avec ces chevaux, octroyant des primes d'élevage aux meilleurs étalons reproducteurs pour le bénéfice de la cavalerie militaire. Les officiers supérieurs de l'armée appréciaient particulièrement ses allures relevées, son trot léger et rapide, ainsi que son port d'encolure pour intimider l'ennemi au combat. Cependant, le rôle du cheval de cavalerie diminuait continuellement au profit de celui du cheval d'artillerie. Gaspard de Saunier cite dans "La Parfaite connaissance des chevaux" les qualités du Frison pour la traction des carrosses, et sa description morphologique ressemble à celle de la race moderne. Dans les écrits de l'époque, le Frison est clairement distingué du « Hollandais », comme dans "Le Parfait Cocher" de La Chesnaye des Bois, qui le décrit comme idéal pour l'attelage.

Malgré sa renommée comme cheval d'attelage, le XIXe siècle a vu l'aire d'élevage du Frison se réduire, se cantonnant principalement au nord des Pays-Bas. Il formait un type unique avec l'Oldenbourg et, comme ce dernier, était en déclin au début des années 1800, son élevage n'étant plus lucratif, avec des prix de vente particulièrement bas. Les éleveurs de Frise refusaient d'utiliser les étalons d'État placés dans la région en croisement avec leur cheptel, surtout dans les régions où les courses au trot étaient populaires. De plus, la Frise a connu une récession économique. Le Frison était considéré comme trop lourd pour la cavalerie et était utilisé pour les travaux agricoles, ainsi que pour des courses de trot, montées ou attelées à la « chaine frisonne », une voiture à deux roues de style rococo. Pour améliorer ses performances, les éleveurs n'hésitaient pas à le croiser avec le Trotteur d'Orlov de Russie.

En 1829, la Frise a publié un décret décrivant ce qu'est un cheval frison, ainsi que des réglementations visant à sauver la race et limiter les croisements. Cependant, le roi Guillaume Ier s'intéressait principalement au Pur-sang, plutôt qu'au Frison, et soutenait le haras de Borculo, dont les choix d'élevage renforçaient l'hostilité des éleveurs de Frise envers le pouvoir central. L'élevage et le commerce s'étant améliorés, le décret de protection du Frison a été révoqué en 1854. La modernisation de l'agriculture a également mis la race en péril. En 1865, la loi hollandaise visant à protéger l'élevage local a été abrogée, et les importations de chevaux lourds, plus aptes à tracter les machines agricoles, ont été autorisées. Le cheval frison a été peu à peu remplacé par l'Oldenbourg, plus rentable. Une importance croissante était accordée aux registres généalogiques du cheval d'attelage. Van den Berg a proposé l'adoption de tels registres pour améliorer l'élevage du Frison, mais la mode européenne et l'essor de l'élevage basé sur ces registres dans d'autres pays, notamment en Allemagne au milieu du XIXe siècle, ont mis à mal l'élevage et le commerce local. Parallèlement, les autorités de la province de Frise se sont désengagées de la préservation du Frison, et le nationalisme frison s'est renforcé.

Caractéristiques particulières du Cheval le Frison

La Renaissance du Frison et son Usage Contemporain

C'est en 1879 que le registre généalogique du cheval Frison a été ouvert, peu après celui de la race bovine frisonne. Placé sous la responsabilité du « Het Friesch Paarden-Stamboek », ce registre a été créé dans un contexte où « les responsables de la race ont lié cette prédilection pour l'élevage au nationalisme culturel frison, en plaçant la race au cœur de l'histoire et de l'identité culturelle régionales ». Le type de cheval recherché correspondait aux modèles antérieurs à 1815. Au moment de la création du stud-book du Frison, ce type dit « pur » avait pratiquement disparu. Cette redéfinition a exclu les chevaux des régions voisines jadis décrits et vendus comme frisons, et a imposé le noir comme seule couleur de robe acceptée. La sélection a repris sur la base de deux étalons nommés Paulus et Prins, s'associant à la classe aisée de la paysannerie sous l'impulsion de deux aristocrates locaux, Cornelis van Eysinga et Arent Johan Vegelin van Claerbergen. Savelkouls soutient que le choix du noir comme seule couleur de robe autorisée résultait de la perception des chevaux du Groningue et des Pays-Bas, souvent bais, comme étant « impurs ». L'ouverture d'un registre a entraîné l'exclusion progressive des chevaux ne correspondant pas aux critères de la race nouvellement définis. Le haras « De Oorsprong » a ouvert en 1885 à Huisterheide. La même année naissait l'étalon Nemo 51, qui figure dans presque toutes les lignées. La sélection a été marquée par les idées de l'aristocratie de l'époque, fondées sur la notion de race pure, sur l'identité et sur un sentiment de supériorité, avec une résistance face à la « menace » que représentait le succès des chevaux de trait Groningue, Ostfriesen et Oldenbourg.

Le Frison a quasiment disparu au début du XXe siècle, étant moins utilisé dans le nord des Pays-Bas face au cheval de travail dit Bovenlander. En 1908, il ne restait plus que dix étalons. En 1910, ils n'étaient plus que quatre, et en 1913, seuls subsistaient Prins 109 P, Alva 113 P et Friso 117 P, ainsi qu'une centaine de juments. Les croisements étrangers étaient toujours interdits. Cornelis van Eysinga a réuni les membres du stud-book le 19 décembre 1913 à Leevwarden, pour réorganiser l'élevage et empêcher l'extinction du Frison de « pure race ». Cela a motivé une sélection sur un modèle de cheval de travail de la terre, plus trapu, éloigné du cheval baroque, et permettant une remontée des effectifs. La Première Guerre mondiale a mis un terme temporaire aux importations de chevaux étrangers.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le Frison a été utilisé pour la traction et le labour en raison des pénuries de véhicules motorisés et de carburant. Il a révélé ses meilleures aptitudes au labour sur des terrains argileux et sableux, effectuant également la fenaison, le hersage et le sardage. Il restait quelques milliers de chevaux à la fin des années 1940. La motorisation de l'agriculture a fait perdre au Frison son principal débouché économique, les agriculteurs néerlandais n'ayant plus les moyens de garder et d'entretenir un cheval pour leur seul plaisir. Malgré cette crise, le stud-book Frison a conservé une aura de prestige. En 1954, la Société d'élevage du Frison a été élevée au rang de Société royale par la reine Juliana. Au milieu des années 1960, il ne restait plus qu'environ 500 juments enregistrées. Le Frison était alors menacé en raison d'un engouement immodéré pour le Pur-sang.

Cheval Frison en pleine action de dressage

Aujourd'hui, le Frison est un cheval polyvalent, très apprécié pour sa grande élégance, sa robe unie d'un noir profond et son port de tête relevé. Il excelle dans les disciplines d'attelage, où son allure noble et puissante est mise en valeur, ainsi que sous la selle, notamment en dressage, où sa grâce et sa souplesse sont remarquables. Sa présence majestueuse en fait également un acteur privilégié du spectacle équestre et du cinéma, captivant les spectateurs par sa beauté et son tempérament.

Le Cheval de Mérens : La Force Tranquille des Pyrénées

Le Cheval de Mérens, également connu sous les noms de Mérens, Ariégeois, ou encore Mérengais, est une race française de petits chevaux de selle et de trait léger, réputée pour sa rusticité et sa robe noire. Originaire de la région de Foix, dans les Pyrénées ariégeoises, ce cheval a servi d'animal de travail aux paysans locaux pendant des siècles. Il a été mis en péril au milieu du XXe siècle par la motorisation des transports et de l'agriculture, mais a été sauvé de la disparition grâce aux efforts de passionnés et à l'engouement pour les loisirs équestres dans les années 1970.

Cheval de Mérens dans un paysage pyrénéen

Le nom officiel de la race, « cheval de Mérens », adopté en 1998, provient du village ariégeois de Mérens-les-Vals. Cependant, le nom « Mérens » est mentionné officiellement pour désigner ce cheval pour la première fois en 1866. Un synonyme, « Ariégeois », semble avoir été utilisé anciennement et provient de la rivière Ariège. Par le passé, ce cheval a porté d'autres noms, comme « Trait ariégeois » entre 1947 et 1971 ou 1975, nom qui fut abandonné pour favoriser le marché du tourisme et du loisir. Certains préfèrent le terme « Ariégeois » ou « mérengais » pour désigner la race.

L'origine exacte du Mérens fait l'objet de diverses hypothèses. Alors que la thèse d'une origine préhistorique du Mérens est aujourd'hui invalidée par des études génétiques récentes, des hypothèses relatives à son origine ont été émises dès la fin des années 1980. Une hypothèse obsolète évoquait un « cheval aryen » issu de la deuxième migration américaine. D'autres avancent que l'ancêtre direct du Mérens aurait gagné la vallée pendant le quaternaire, il y a 15 000 ans. Sa ressemblance avec les chevaux magdaléniens peints et gravés dans la grotte de Niaux, il y a environ 13 000 ans, est souvent évoquée. Ces gravures représentent des animaux avec un pelage dense adapté aux climats froids et une « barbe » caractéristique sous les joues. Le professeur Jesús Ignacio Fernández Domingo rattache le Mérens au tronc des races de chevaux dites Cantabriques-pyrénéennes, ce qui l'apparenterait au Garrano, à l'Asturcón, à la Jaca Navarra et au Pottok. De par ses caractéristiques physiques, le Mérens semble d'origine ibérique. Il ressemble au Dole Gudbrandsdal norvégien, ainsi qu'au Fell et au Dales britanniques. Contrairement à ces derniers, le Mérens n'a jamais été croisé avec le Frison, selon Lætitia Bataille. Une autre hypothèse, basée sur le profil concave ou rectiligne de ces chevaux, suggère qu'ils descendent des montures de peuplades orientales, de type arabe. CAB International décrit ainsi le Mérens comme un poney celtique local influencé par l'Arabe.

La morphologie du Mérens résulte de son adaptation au rude milieu montagnard où il vit. Grâce à l'isolement dans ces montagnes, il n'a reçu que peu d'influences extérieures, peut-être principalement avec des chevaux de bât lourds traversant les Pyrénées et des chevaux orientaux. Des récits évoquent l'utilisation du Mérens comme animal de bât par les Romains. Des traces du cheval de Charlemagne, Tencendur, sont connues dans les environs de Bouan, et une statuette carolingienne montrant Charlemagne sur une petite monture a été examinée, révélant une proximité avec le Mérens. Les Cathares, établis dans la région, accordaient une place importante au cheval, notamment via leur croyance en la transmigration des âmes.

Caractéristiques particulières du Cheval le Frison

Les chevaux ariégeois ont été réquisitionnés pour la Grande Armée de Napoléon Ier durant la campagne de Russie, où leur principale fonction était de tirer les canons. Les Mérens étaient vendus sur la foire de Tarascon-sur-Ariège, où des marchands des grandes villes environnantes les recherchaient. Ce cheval était alors fréquemment nommé « Tarasconnais », réputé pour la bonne qualité de ses jambes et son aptitude à se contenter d'une nourriture pauvre. Le cheval pyrénéen de l'Ariège offrait un type très marqué de cheval de montagne, acquérant une grande agilité, une merveilleuse sûreté dans la pose du pied, un tempérament robuste et une ardeur infatigable, bénéfices d'une existence indépendante, plus sauvage que domestique.

Sauvegarde et Évolution du Mérens

Dès la fin du XIXe siècle, la race a failli disparaître en raison de croisements incontrôlés avec des chevaux de trait Percheron et Breton, dans le but d'obtenir des chevaux de traction agricole lourds. Au début du XXe siècle, quelques éleveurs ont lutté contre ces croisements, préservant les poulains et pouliches dont la conformation restait la plus proche de l'ancienne race. Le cheval de Mérens a été préservé par des hommes attachés à leurs traditions et à leur « petit cheval du pays ».

La sélection du Mérens a débuté en 1908, avec la mise en place d'un contrôle des élevages par le président de la Société d’Agriculture de l’Ariège, Gabriel Lamarque. Un premier concours a été organisé à Ax-les-Thermes cette même année. En 1933, le syndicat d'élevage du Mérens a été créé. La race a connu une très courte embellie à la Libération, en raison des pénuries de la Seconde Guerre mondiale. Son registre généalogique a été créé en 1947. En 1948, ce stud-book enregistrait huit étalons, grâce notamment à Lucien Lafont de Sentenac, directeur du haras national de Tarbes. En 1946, l'armée a cessé définitivement d'utiliser le Mérens comme cheval d'artillerie en montagne, marquant le début du déclin de la race.

La population a chuté drastiquement pendant la seconde moitié du XXe siècle, avec la modernisation des transports et de l'agriculture. En 1964, seulement une vingtaine de naissances étaient enregistrées. Alors que la fermeture du registre généalogique du Mérens était prévue pour l'année suivante, l'achat d'un couple de ces chevaux par Georges Buttet a sauvé la race de l'extinction génétique, amorçant son association avec le concept de « retour à la nature ». Son utilisation dans l'agriculture a perduré en petits nombres jusque dans les années 1970, tandis qu'il était élevé pour sa viande et alourdi pour devenir un animal de boucherie.

Au début des années 1970, le Mérens était néanmoins au bord de l'extinction, avec seulement quatre étalons et une quarantaine de juments. Ce cheval a été sauvé de la disparition par des communautés utopistes croyant en un mode de vie écologique. En plein mouvement hippie, des populations « marginales » se sont installées dans les petits villages de l'Ariège et ont relancé l'élevage du Mérens. Parallèlement, le Mérens a été sauvegardé par le développement de l'équitation de loisir, sous l'impulsion de Michel Vidal Saint-André, président du SHERPA de 1972 à 1979. Il a été remis au goût du jour comme cheval de loisir, devenant la première race française volontairement sélectionnée pour ce marché. Les efforts des éleveurs se sont orientés vers le « phénomène poney », et le cheval de Mérens a été renommé « poney » pour des raisons commerciales et administratives.

Cheval de Mérens en action lors d'une randonnée

Grâce à une bonne gestion des effectifs et de la communication, les effectifs se sont reconstitués peu à peu. Entre 1975 et 1985, le nombre de chevaux de Mérens a été multiplié par deux, passant de 2 000 à 4 000 individus. En 1977, le Mérens a été introduit dans l'île de La Réunion, et un élevage y a démarré en 1980. En 1983, une vingtaine de chevaux y ont été importés depuis la France. Un centre national du cheval de Mérens a ouvert dans les années 1990 à La Bastide-de-Sérou, offrant un soutien à sa sauvegarde. En 1997, le Mérens a fait partie des races de chevaux dont les éleveurs pouvaient bénéficier de la « Prime aux races menacées d'abandon ». En 2000, la race Mérens a été choisie pour lancer le tout premier élevage de chevaux français labellisé bio, destiné aux loisirs plutôt qu'à la boucherie. Au début des années 2000 également, six éleveurs se sont regroupés dans l'association « Mérens prestige » pour promouvoir cette race.

Réputé pour son élégance, le Mérens est classé parmi les 23 plus belles races chevalines du monde d'après la revue Cheval pratique. Le Mérens moderne toise idéalement de 1,45 à 1,55 m au garrot. La taille souhaitée est de 1,47 m pour les mâles et 1,45 m pour les femelles. Les chevaux élevés dans les vallées ou en plaine sont toujours plus grands que les chevaux de montagne. Les chevaux de montagne non-croisés mesurent généralement de 1,32 à 1,45 m. Le poids d'un cheval de Mérens varie de 350 à 500 kg. Le modèle du cheval de Mérens est médioligne, trapu, compact et rond, présentant une bonne homogénéité morphologique et une forte ossature. La tête est décrite comme fine, distinguée et sèche.

Deux types d'élevage tendent à se distinguer au sein de la race : l'un concerne le petit cheval massif et rustique traditionnellement élevé en semi-liberté dans les montagnes pyrénéennes, l'autre l'animal moderne et léger, également plus sportif, issu d'une sélection entamée dans les années 1980. Le Mérens est un bon cheval d'équitation de loisir, d'attelage et de voltige, également utilisé pour l'entretien écologique des régions montagneuses grâce à son pied sûr et sa rusticité.

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