La Rhinopneumonie Chevaline : Une Épidémie Qui Met à Mal le Monde Équestre

L'Île-de-France est en proie à une épidémie de rhinopneumonie équine depuis la mi-novembre. Cette maladie virale, dont la forme la plus grave paralyse les chevaux, les conduisant parfois à l'euthanasie, suscite une vive inquiétude au sein de la communauté équestre. Les écuries, confrontées à cette crise sanitaire, lancent un appel à l'aide de l'État.

L'Angoisse au Quotidien : Le Cas de Riderland

À Saulx-les-Chartreux, dans l'Essonne, le centre équestre de Riderland est en première ligne face à l'épidémie. Denis Lavedrine, gérant de l'établissement, vit depuis le 13 novembre dans une angoisse constante. Les chevaux atteints de la forme grave de rhinopneumonie ne peuvent plus tenir debout. À Riderland, ils sont soutenus par des harnais et surveillés 24 heures sur 24. "Ce que je vis au quotidien, je ne le souhaite à personne", confie Denis Lavedrine, visiblement épuisé. L'entrée principale de la propriété est désormais interdite, tout comme l'accès à l'une des écuries où seuls Denis Lavedrine, son fils et sa belle-fille se relaient jour et nuit au chevet de leurs chevaux malades.

chevaux malades en écurie

Une Maladie Virale aux Conséquences Dévastatrices

La rhinopneumonie, causée par le rhinopneumme virus équin (ERV), peut se manifester sous différentes formes. Si certaines sont bénignes, d'autres, neurologiques, entraînent une paralysie progressive des membres postérieurs, rendant le déplacement impossible pour les chevaux. Dans les cas les plus sévères, l'euthanasie est souvent la seule issue pour abréger les souffrances de l'animal. L'épidémie actuelle semble particulièrement virulente, touchant un nombre important d'équidés dans la région.

L'Origine de l'Épidémie : Compétitions et Propagation

L'alerte a été donnée après deux compétitions organisées dans la Sarthe et en Seine-et-Marne. Plusieurs chevaux y ont développé de la température, signe avant-coureur de la maladie. La proximité des animaux lors de ces événements a probablement facilité la propagation du virus. La rhinopneumonie est une maladie très contagieuse qui peut se transmettre par contact direct entre chevaux, mais aussi par contact indirect via du matériel contaminé, des vêtements ou des mains.

Les Appels à l'Aide des Écuries

Face à cette situation alarmante, les professionnels du monde équestre appellent à l'aide de l'État. Ils demandent des mesures de soutien pour faire face aux coûts vétérinaires élevés, à la perte de revenus due à l'annulation d'événements et à la nécessité de mettre en place des protocoles sanitaires stricts. La solidarité s'organise également au sein de la communauté, mais les ressources restent limitées.

La Formation des Animateurs d'Équitation : Un Pilier du Secteur

Dans un contexte plus large, la formation des professionnels du secteur équestre est essentielle. L'OPCO, France Travail, les employeurs et les financements individuels jouent un rôle crucial dans le développement des compétences des animateurs d'équitation. Ces formations, qui peuvent se dérouler en apprentissage, visent à acquérir les fondamentaux de l'accueil et de l'information, la communication au sein de l'équipe et avec les pratiquants, la connaissance des produits éducatifs, ainsi que la compréhension des différentes tranches d'âge et des publics spécifiques (handicap, insertion, seniors, sport santé). La certification est validée par le cumul de trois blocs de compétences. L'animateur d'équitation exerce son métier en équipe, au sein d'entreprises, d'associations ou de services publics.

🔴 Rhinopneumonie équine : les bons réflexes pour protéger votre écurie 🐴🦠

Le Cercle Hippique du Chesnay : Entre Incertitudes et Projets

Au-delà de la crise sanitaire, d'autres enjeux préoccupent le monde équestre. Le Cercle hippique du Chesnay, association gestionnaire du club équestre, s'apprête à fêter ses 40 ans dans un climat d'incertitude. La mairie, propriétaire des installations, a exprimé son souhait d'ouvrir une délégation de service public (DSP). Cette décision est perçue par certains comme une volonté de privatisation, d'autant plus que le club ne reçoit aucune subvention municipale. "On ne leur coûte rien et on s'occupe même de l'entretien !", souligne Cécile Maguelonne, la présidente.

Le club, qui compte 400 membres, génère un chiffre d'affaires de 450 000 euros et emploie 9 personnes. "C'est un club qui va bien mais notre but n'est pas de gagner de l'argent. Nous pensons d'abord au bien-être de nos chevaux et de nos adhérents", explique Pierre Bondon, le directeur technique. Philippe Brillault, le maire (LR), estime quant à lui que la DSP existe déjà de fait et qu'il s'agit d'une simple mise en concurrence. L'association pourra répondre à l'appel d'offres, et le maire assure qu'il n'a pas pour volonté d'instaurer une redevance, mais de clarifier les missions du club à travers un cahier des charges qui reste à définir.

Le maire égratigne au passage la gestion de l'équipe actuelle, affirmant que "le cercle est en train de se transformer en club de propriétaires. Il y a des excédents budgétaires et nous voudrions qu'ils soient pleinement consacrés à l'entretien des installations et pas à l'achat de chevaux." Des critiques balayées par Cécile Maguelonne, qui explique que "il y a 12 box loués à des propriétaires, ce qui nous permet de ne pas les laisser vides et de gagner un peu d'argent pour faire des travaux. Nous avons déjà rénové le manège et les écuries et nous avons d'autres projets." L'assemblée générale du 27 novembre promet d'être animée.

La Valeur d'un Club Familial et Convivial

Parmi les adhérents, l'inquiétude est palpable. Xavier, 44 ans, et ses deux filles montent régulièrement au centre hippique du Chesnay. "Des clubs privés, on en a écumé plusieurs et franchement cela n'a rien à voir avec ce que l'on a trouvé ici. La qualité des chevaux et des poneys n'est pas la même car ici ils sont moins exploités", témoigne le père de famille. Il loue "l'ambiance familiale et conviviale" qui y règne. "Tout le monde se connaît, l'encadrement est chaleureux et c'est aussi pour ça que l'on reste ici", ajoute ce cadre qui a écrit au maire pour exprimer son inquiétude.

Cette situation complexe met en lumière les défis auxquels est confronté le monde équestre, entre les impératifs sanitaires, les enjeux économiques et la préservation des valeurs qui font l'essence de ces structures.

tags: #pierre #bondon #ffe