Depuis plus de quarante ans, la revue francophone internationale Nouvelles Questions Féministes (NQF) s'est imposée comme un espace essentiel pour la diffusion de recherches scientifiques dans les sciences humaines et sociales. Son engagement est de disséquer les processus sociaux qui engendrent les inégalités et les discriminations de genre, tout en analysant leurs évolutions à travers le temps et l'espace. Loin de se limiter à une simple observation, NQF nourrit activement le débat scientifique et favorise la circulation des savoirs au sein du champ des études de genre et féministes. Cette mission s'étend à la traduction d'articles en langue étrangère et à l'accueil de contributions issues du Nord comme du Sud global, affirmant ainsi sa portée véritablement internationale. Parallèlement, la revue se consacre à la promotion de l'action féministe, cherchant à transformer les connaissances académiques en leviers de changement social.

Une Ligne Éditoriale Axée sur la Critique Sociale et l'Analyse Matérialiste
La ligne éditoriale de Nouvelles Questions Féministes se caractérise par une approche résolument critique et une orientation matérialiste. Elle privilégie les travaux qui s'attachent à analyser les effets structurels des rapports sociaux de sexe et leur imbrication complexe avec d'autres systèmes de domination, d'exploitation et de hiérarchisation sociale. Cette perspective permet de mettre en lumière les mécanismes de pouvoir, les intérêts financiers et les injustices qui, trop souvent, restent dissimulés derrière les discours officiels, les idées préconçues et les mythes sociétaux. La revue publie aussi bien des recherches empiriques, ancrées dans des données concrètes, que des réflexions théoriques audacieuses, stimulant ainsi une compréhension approfondie des enjeux contemporains.
Les thématiques abordées par NQF sont d'une grande diversité, couvrant sans exclusive tous les aspects de la vie sociale où le genre joue un rôle déterminant. Cela inclut le travail, l'éducation, la socialisation, la justice, la famille, la sexualité, la santé, les mouvements sociaux, les médias, l'écologie politique, les politiques publiques, les logiques spatiales, le droit, les violences, ainsi que les méthodes de recherche et l'épistémologie. Cette approche holistique témoigne de la volonté de NQF d'embrasser la complexité des réalités sociales et de proposer des analyses nuancées et multidimensionnelles.
Un Héritage Riche et une Contribution Fondatrice aux Études de Genre
L'histoire de Nouvelles Questions Féministes est intimement liée à l'émergence et à la structuration des études féministes et de genre en langue française. Fondée en 1981 par des figures marquantes telles que Simone de Beauvoir, Christine Delphy, Claude Hennequin et Emmanuèle de Lesseps, la revue est le prolongement de Questions féministes, créée en 1977 dans le bouillonnement du Mouvement de libération des femmes. Dès ses débuts, NQF a joué un rôle déterminant dans la structuration et l'institutionnalisation des études sur le sexe social, puis sur le genre. De nombreux articles publiés au fil des ans sont devenus des références incontournables, façonnant le paysage de la recherche féministe francophone.

La perspective matérialiste et le refus de l'essentialisme, deux piliers théoriques développés et défendus par la revue, sont aujourd'hui considérés comme des dimensions intrinsèques au concept de genre lui-même. Cette contribution théorique a permis de dépasser les approches essentialistes qui tendaient à naturaliser les différences entre hommes et femmes, pour privilégier une analyse des rapports sociaux comme construction historique et dynamique. Avec plus de quarante ans d'existence, NQF continue d'enrichir son répertoire d'idées, de proposer des réflexions incisives et de développer des théories radicales, restant ainsi à la pointe des avancées dans le domaine.
Diffusion, Ancrages Institutionnels et Engagement Communautaire
Depuis 2001, la revue s'est dotée d'un comité de rédaction franco-suisse, rassemblant plus de vingt féministes actives dans l'enseignement et la recherche, signe de son engagement transfrontalier et de sa vitalité académique. Christine Delphy et Patricia Roux ont assuré la responsabilité rédactionnelle de la revue jusqu'en 2022, marquant de leur empreinte la continuité et le développement de sa ligne éditoriale.
Nouvelles Questions Féministes est éditée à Lausanne par les Éditions Antipodes, une maison d'édition reconnue pour son catalogue de plus de 300 titres principalement axés sur les sciences sociales. Les numéros de NQF, d'une moyenne de 180 pages, sont disponibles en librairie et en commande directe. La revue bénéficie également d'une large diffusion en ligne, étant accessible sur les plateformes JSTOR (depuis 1981, à l'exception des trois dernières années) et CAIRN (depuis 2002) dès la parution des nouveaux numéros. Cette double présence, papier et numérique, assure une accessibilité maximale aux travaux publiés.
La véritable histoire du féminisme
L'ancrage institutionnel de NQF est également significatif. Depuis août 2018, la revue est hébergée par la Haute École de Travail social et de la Santé Lausanne (HETSL, HES-SO), au sein du Réseau Genre et Travail social (GeTS), qui lui apporte un soutien financier régulier. Durant les dix-sept années précédentes, la revue était ancrée au Centre en études genre (CEG) de l'Université de Lausanne. Cette affiliation institutionnelle renforce sa légitimité académique et son intégration dans les réseaux de recherche sur le genre.
Depuis 2015, NQF a adopté une structure associative, avec la création de l'Association « Les Amies de la revue NQF ». Composée des membres du comité de rédaction, cette association a pour vocation de soutenir la revue et de favoriser son développement, tout en envisageant une possible extension de son cercle à plus long terme. Cette organisation collective témoigne de l'engagement communautaire fort qui entoure la revue et de sa volonté de perdurer en tant qu'acteur majeur des études féministes.
Un Engagement envers la Diversité des Publics et la Promotion de l'Action Féministe
La revue s'adresse à un public large et diversifié, comprenant des universitaires, des membres d'associations, des militant·e·s, des journalistes et des représentants des pouvoirs institutionnels. Cette ouverture à différents horizons vise à créer un pont entre la recherche académique et les acteurs de terrain, favorisant ainsi une meilleure compréhension et une action plus efficace contre les inégalités de genre. L'ambition ultime de NQF est de contribuer à l'avènement d'une société féministe, solidaire et juste, où les discriminations liées au genre seraient reléguées au passé.
L'éditeur, les Éditions Antipodes, partage cette ligne éditoriale axée sur la critique et la découverte des réalités souvent occultées. En publiant une quinzaine de livres par année, principalement dans les sciences sociales, les Éditions Antipodes s'engagent à diffuser des textes scientifiquement solides et critiques, qui ont le mérite de dévoiler ce qui est "enfumé" par les discours convenus. Cette synergie entre la revue et son éditeur renforce la portée et l'impact des travaux publiés, contribuant ainsi à une réflexion plus profonde sur les enjeux de pouvoir, les inégalités et les injustices qui traversent nos sociétés.
L'importance de NQF ne se limite pas à la publication d'articles. Elle participe activement à la structuration d'un champ de recherche, à la formation de nouvelles générations de chercheuses et chercheurs, et à l'animation d'un débat intellectuel essentiel pour faire progresser la cause féministe. En abordant des sujets aussi variés que le travail, la justice, la santé ou les violences, la revue offre des outils d'analyse précieux pour comprendre les mécanismes de domination et œuvrer à leur démantèlement. Elle est ainsi un lieu de ressources inestimable pour quiconque souhaite s'engager dans la lutte pour l'égalité des sexes et la construction d'un monde plus équitable.
tags: #questions #feministes #tierce