L'automne, loin d'être une période de repos pour le jardinier permacole, est un moment crucial pour préparer le sol et assurer la fertilité future du potager. C'est la saison idéale pour enrichir la terre grâce à des apports de matières organiques, notamment le fumier et le compost, qui jouent un rôle fondamental dans l'amélioration de la structure du sol, la stimulation de la vie biologique et la nutrition des cultures à venir.
La protection et l'enrichissement du sol par le paillage automnal
À la fin de l'été, lorsque le potager se vide peu à peu et que les cultures d'été laissent place, il est essentiel de ne pas laisser le sol à nu. Protéger votre sol pour l'hiver dès l'automne par le biais du paillage est une pratique fondamentale en permaculture. Le paillage, qu'il soit utilisé en été ou en hiver, offre un isolant et une protection pour notre sol. Ce dernier, dans un jardin permacole, n'est pas uniquement un substrat, mais aussi un garant de la fertilité pour nos légumes.

En effet, dans notre jardin, nous essayons au maximum de laisser toute la macro et microfaune du sol faire le travail d'amender et d'ameublir notre sol, souvent avec un petit coup de main du jardinier grâce à sa grelinette. Le paillage, peu importe sa composition, joue un double rôle : il nourrit les vers de terre, cloportes, collemboles et compagnie. Ils vont digérer toute cette matière afin de la rendre assimilable sous forme de minéraux pour nos cultures. À l'automne, vous pouvez récupérer une grande quantité de feuilles mortes. N'hésitez pas à les valoriser en vous en servant de paillage au potager. Parallèlement, le paillage va également jouer un rôle d'isolant à la surface du sol et protéger toute cette vie foisonnante des frimas de l'hiver.
Vous l'aurez compris, dans notre jardin, on compte sur toute la petite faune qui grouille sous nos pieds pour offrir la fertilité nécessaire à la croissance des légumes. Selon les apports et la quantité que vous ferez à l'automne, vous pouvez, d'une année sur l'autre, améliorer grandement votre sol. Pour l'hiver, il est conseillé d'utiliser des matières assez carbonées, car elles créent une quantité d'humus non négligeable. Par exemple, les déchets de cuisine ou la tonte de gazon sont riches en azote ; on considère que ce sont des matières vertes, peu riches en carbone. Elles apportent des minéraux, mais pas d'humus. À l'inverse, du broyat de bois, de la paille ou du fumier avec de la litière seront des apports plus carbonés et auront besoin de temps pour se composter.
Tout au long de l'automne, nous pouvons récolter de la matière organique en grande quantité qui peut être revalorisée au potager. L'automne, c'est avant tout la saison des feuilles mortes. Riches en carbone pour la plupart, elles offrent une protection très intéressante pour la vie du sol. En se décomposant, elles offriront un compost léger, riche, qui sera appréciable dès le retour du printemps. À cette saison, vous pouvez également faire une dernière tonte avant l'hiver, idéalement avant les grosses pluies. Recyclez également toutes les matières que vous avez à disposition : restes de cultures, tailles des haies, buissons, défrichages… Toute cette matière peut être directement disposée sur les zones de cultures et se décomposer lentement cet hiver. Si vous avez la possibilité de récupérer les feuilles mortes de vos voisins, proposez-leur de les récupérer !
Le "Chop and Drop" : une technique simple pour recycler les tailles
Connaissez-vous le "chop and drop" ? C'est une pratique vertueuse, facile à mettre en place pour valoriser les tailles en tout genre. Le principe est simple : lorsque l'on taille buissons, arbustes ou tout autre végétal, vous couvrez le sol des zones cultivées directement avec ces résidus.
Pourquoi la technique Chop & Drop est indispensable sans creuser !
Le fumier : un amendement riche et structurant pour le sol
Si le fumier n'est pas un paillage à proprement parler, lorsqu'on a la possibilité d'en récupérer, il est souvent mélangé avec la litière des animaux. Pour en trouver, il suffit de passer quelques coups de téléphone aux centres équestres environnants ; généralement, ils s'en débarrassent avec joie si vous proposez de venir le chercher ! Cet apport, très riche pour le jardin, prend du temps à se décomposer. Frais, il est trop riche et a tendance à brûler les radicelles des plantes. C'est donc à l'automne, lorsque le potager est un peu plus vide, qu'il faut apporter le fumier. S'il a beaucoup de litière, il joue le rôle d'amendement et de paillage pour l'hiver. Le fumier mélangé à de la paille offre un apport riche et équilibré à nos cultures. Ce paillage se décomposera lentement tout le long de l'hiver et vos légumes pousseront avec vigueur dès le printemps prochain.
Le fumier est constitué d'excréments et d'urine des animaux de la ferme et de leur litière, que ce soit de la paille, mais aussi de la sciure ou des granulés de bois. Le fumier est donc un mélange équilibré de matières sèches et de matières plus humides. En tant que matière organique, au potager, le fumier va apporter de l'humus qui, à son tour, va décompacter le sol, participer à la rétention d'eau et apporter des micro-organismes indispensables à la fertilité du sol. Autant dire que c'est tout bénéfice de mettre du fumier au jardin, au même titre que le compost !
Il existe différents types de fumier, chacun ayant des propriétés spécifiques :
- Fumier chaud : C'est un fumier qui chauffe le sol. Il se décompose assez facilement et est idéal pour les sols lourds, argileux, compacts.
- Fumier froid : C'est un fumier plus léger, qui se décompose plus lentement.
- Fumier de bovins (vaches) : C'est certainement le fumier le plus facile à trouver, mais le moins concentré en matières fertilisantes. C'est un fumier froid qui mérite souvent une longue période de compostage.
- Fumier de cheval (ou d'âne) : Le fumier de cheval est le plus riche, après le fumier de mouton, et dégage beaucoup de chaleur. Il est parfait pour alléger les sols lourds.
- Fumier de mouton (ou de chèvre) : C'est le plus riche de tous les fumiers en matières organiques. C'est un fumier chaud qui se dégrade très lentement.
- Fumier de lapin : C'est un fumier chaud qui apporte de la matière aux sols légers.
- Fumier de volailles (poules pondeuses et poulets à viande) : C'est un fumier à utiliser avec modération car il est très riche en azote et en potasse. Le fumier de volailles ne doit jamais être utilisé pur au jardin. Il est donc indispensable de faire sécher les fientes de poule ou de les incorporer au compost.
- Fumier de cochon : C'est un fumier très liquide, froid, qui s'utilise rarement au jardin.
Quel fumier choisir pour votre potager ? Tous seront, quoi qu'il en soit, utiles, donc le plus simple est d'utiliser le fumier disponible près de chez vous, que vous pouvez vous procurer facilement.
Il y a deux écoles concernant l'utilisation du fumier : ceux qui le compostent et ceux qui l'épandent frais. Le fumier frais est épandu tel quel en automne, alors que le sol est encore chaud. Les micro-organismes (vers de terre, champignons, insectes, bactéries) vont se délecter de cette matière grossière et la transformer en humus durant tout l'hiver. Les intempéries vont également accentuer la décomposition. En revanche, le fumier frais s'étend uniquement sur le sol nu du potager. Le fumier composté est un fumier mis en tas pendant au moins six mois. Comme il est entassé, il monte plus facilement en température et se décompose mieux. Enfin, le fumier composté, plus fin et plus homogène, occupe moins de volume. Le fumier composté s'épand en fin d'hiver, juste avant les semis et les plantations.
En automne, après bêchage ou simple passage de la biofourche, le fumier frais est réparti à la surface du sol. Soit vous l'enfouissez avec le croc ou le râteau, soit vous le recouvrez de paille, de tontes de gazon ou de feuilles mortes pour accélérer la décomposition et protéger la fuite des nutriments via les intempéries. Bien évidemment, tout dépend du fumier, du sol, des légumes cultivés…
L'épandage se fait à raison de 100 jusqu'à 300 kg de fumier pour 100 m². Le fumier pourra être, après sa décomposition, intégré au sol par griffage léger en hiver (il n’est pas totalement décomposé et a donc encore besoin des organismes aérobies) ou laissé tel quel pour couvrir le sol. La décomposition sera suffisante au printemps, au moment des semis et plantations.
Les fumiers, bien que tous formés de déjections et de litière végétale, sont assez différents et seront sélectionnés selon la nature du sol. L'épandage se réalise en automne, voire au début de l'hiver.
- Le fumier de cheval est un matériau léger et chaud. Il est donc parfait pour les sols argileux, compacts et humides, qu'il va alléger et réchauffer. Les fumiers d’ovins et de caprins ont ces mêmes caractéristiques.
- Le fumier de vache est lourd, froid, humide.
Le compost : l'or noir du jardinier, un amendement aux multiples bienfaits
Apporter du compost à l'automne, c'est semer la fertilité et l'abondance du printemps prochain. Quoique… il est peut-être un peu trop facile de raisonner ainsi. Apporter du compost, c'est surtout prendre soin de son sol. En améliorer sa structure et sa solidité. Oui, le compost est un or noir qui est mieux valorisé encore lorsqu'il est apporté plusieurs mois avant les cultures. Voyons en détail pourquoi et comment mettre du compost en automne au potager.
Le compost est la résultante d'une décomposition de matières organiques végétales et/ou animales. Il en résulte un produit d'une qualité extraordinaire. Il est stable, riche, rétenteur d'eau, de minéraux, avec des molécules complexes qui vont améliorer la structure du sol. C'est d'ailleurs pourquoi on parle d'un amendement. Le jardinier reproduit en quelque sorte ce qui se fait dans la nature (en accéléré, en réalité la nature procède plutôt au compostage de surface). Dans la forêt, les matières organiques se déposent au sol. Les feuilles d'arbres, les brindilles… se mêlent aux cadavres d'animaux, aux déjections, aux urines, à la pluie, pour petit à petit former de l'humus. Dans le potager, à mi-ombre, on prendra soin de recréer un mélange équilibré et diversifié de matières organiques.
Le compost est très stable, très complexe, avec des molécules organiques composées autour de l'atome de carbone. C'est fort utile pour bonifier le sol, mais souvent inadapté pour nourrir rapidement les cultures. Elles se nourrissent de minéraux essentiels (azote, phosphore, potassium pour les plus importants) qui devront être libérés du compost par un travail en amont de l'activité biologique. On parle de minéralisation. Toute une diversité d'organismes biologiques entre en jeu, de la plus petite bactérie au gros macroorganisme qui déchiquettera les morceaux les plus grossiers du compost. Vers de terre, collemboles & autres organismes adorent le compost, s'y multiplier, et l'enrichir au passage de leurs excrétions. Ce travail de minéralisation prend des mois pour libérer la plupart des minéraux, et même des années pour l'azote contenu dans le compost. On parle souvent de deux années pour que 100% de l'azote d'un compost soit disponible pour les cultures. Au départ, c'est un azote organique, rattaché au carbone.
Même s'il est préférable d'apporter son compost à l'automne, il sera aussi très bénéfique de l'apporter au printemps. Pourquoi ?! Parce que le compost, c'est aussi une amélioration des autres fertilités d'un potager : la physique et la biologique. Le sol sera plus léger, plus apte à offrir un superbe terrain de jeux pour les racines. Elles vont s'y développer avec moins de contraintes. Elles vont aller plus facilement à la quête de minéraux, d'eau. Le compost va amener aussi toute une fertilité biologique. Cet or noir, surtout s'il est mené à froid, grouille de bactéries, de microorganismes. Il va apporter à votre sol une armée de petits travailleurs capables de bonifier le moindre de vos autres apports. Tous ces apports seront bonifiés par une activité biologique intense, présente grâce au compost ! Alors ne vous privez pas d'apporter du compost au printemps, et même toute l'année : il sera valorisé, tôt ou tard.
Il est difficile de penser que l'on puisse apporter trop de compost. Peut-on être trop riche de trop d'or noir ?! Bien des cultures s'y régaleront sans retenue. Néanmoins, un compost finit par se minéraliser en partie, année après année. Et apporter des tonnes de compost au mètre carré, c'est potentiellement apporter une surdose de minéraux au fil du temps. Des minéraux qui peuvent se faire lessiver dans les nappes phréatiques, fragiliser les cultures qui en seraient trop gourmandes. Alors, retenez qu'une dose de 2 à 5 kilos par m² est déjà comme une assiette bien remplie pour notre sol. Il aura de quoi être rassasié pour une bonne année. Même les cultures les plus gourmandes devraient y trouver de quoi se nourrir. Le compost, avec de telles quantités, est capable non seulement d'améliorer votre sol, mais aussi de nourrir vos cultures. Parfois, certains jardiniers déposent jusqu'à 30 kilos de compost au mètre carré.
Nous venons de le voir, le compost peut libérer des quantités conséquentes de minéraux s'il est apporté en fort volume au potager. Néanmoins, souvent les quantités disponibles manquent pour le jardinier. Un compost de résidus de cuisine offrira une brouette tout au mieux, sur l'année pour une famille standard. Et avec une brouette, vous en aurez pour amender une dizaine de mètres carrés. Et si votre potager fait 100 m²… ? Vous pourrez alors vous tourner vers des composts de jardinerie, par exemple des composts de fumiers de cheval (parfois enrichis d'algues pour plus de fertilité encore). Ou vous tourner vers des engrais organiques que vous trouverez aussi en jardinerie. À noter enfin que le compost est parfois déséquilibré pour répondre à tous les besoins des légumes racines. Ils adorent la potasse qui pourrait manquer. On peut alors compléter avec de la cendre, de la vinasse de betterave, ou un engrais de jardinerie riche en potasse.
Sur un sol quelque peu capricieux, mal texturé, trop compact, trop argileux, trop peu fourni d'activité biologique, vous pourrez aider le compost à bien s'incorporer au sol. Un léger croc suffira. L'important est de toujours laisser le compost en milieu aérobie, oxygéné. Sur les dix à quinze premiers centimètres, il en sera toujours le cas. Seul un labour profond, chaotique, pourrait engloutir le compost à des profondeurs où l'oxygène manque. Cet or noir serait comme anéanti de toute sa richesse. Alors, n'enfouissez pas de trop ce trésor, laissez-le respirer.

L'apport de fumier ou de compost en automne : un coup de pouce pour la future pousse de la prairie
L'apport de fumier ou de compost en automne favorise la future pousse de la prairie. Cet apport agit sur la durée et stimule la vie biologique du sol. Le phosphore et la potasse contenus dans le fumier sont disponibles rapidement ; l'effet direct est équivalent à celui des engrais minéraux les plus efficaces.
En automne, il faut privilégier un apport de fumier ou compost "vieilli". La difficulté pour l'épandage d'automne réside dans le choix de la période. Le sol doit être relativement humide et réchauffé pour que la biologie du sol soit active et capable de dégrader le fumier épandu. Bien souvent, la période correspondant à ces critères se situe entre octobre et novembre. L'idéal est d'épandre de 10 à 15 tonnes par hectare avec un épandeur muni d'une table d'épandage qui émiette bien le fumier. Ce dernier se décompose alors plus rapidement. Il vaut mieux ne pas dépasser 30 tonnes de fumier par hectare. En limitant l'apport, on s'assure d'avoir une dégradation rapide et efficace du fumier. Enfin, attention à la directive Nitrates, selon la zone dans laquelle s'inscrit votre prairie, certaines dates d'épandage ne sont pas permises.
Préparer le sol pour le printemps : anticiper la saison suivante
L'automne est une bonne saison pour anticiper la saison suivante. À cette période, vous avez encore en mémoire les zones plus ou moins ensoleillées du potager et si vous souhaitez agrandir les zones cultivables, c'est le bon moment ! C'est aussi la saison où la matière organique ne manque pas, alors autant en profiter. Venez pailler généreusement la ou les nouvelles zones que vous souhaitez cultiver au printemps prochain.
Généralement, on conseille de pailler le potager dès que les premières chaleurs du mois de mai arrivent. Le paillage apporté au printemps sera en grande partie décomposé une fois l'automne venu. C'est pour cela que l'on conseille souvent de repailler le potager à l'automne. L'hiver, le paillage protège également les sols. Il existe un seul moment dans l'année où nous venons dépailler une partie du potager : le printemps. À cette période, le paillage peut s'avérer un peu contre-productif : il continue de jouer son rôle isolant et ralentit le réchauffement des premiers centimètres du sol. Idéalement, les semis lèvent mieux dans un sol réchauffé. La terre noire, à nu, emmagasinera nettement mieux le rayonnement du soleil. Au printemps, nous retirons le paillage pour mieux réussir nos semis.

Avec le retour des beaux jours, c'est aussi le retour des limaces et escargots. Ils se réfugient bien souvent dans le paillage pour grignoter vos jeunes et délicieuses plantules pendant la nuit. On tiendra donc le paillage un peu à l'écart de nos jeunes cultures de printemps.
L'engrais d'automne : un complément nutritionnel pour la dormance hivernale
La nature se met en dormance. Pourtant, le travail au jardin est loin d'être terminé ! Car, si les arbres et les plantes se dénudent en surface, le monde souterrain entre en action. Les racines continuent de se développer sous terre, les feuilles mortes fabriquent de l'humus et les champignons aident la matière à se décomposer. C'est le moment de donner un coup de pouce à la nature en fertilisant la terre avec un engrais d'automne.
Un sol riche est la garantie de belles plantes, qu'elles soient potagères ou ornementales. Comme tous les êtres vivants, les plantes sont constituées de matières organiques et ont besoin d'éléments essentiels à leur nutrition : les nutriments. Un sol est d'autant plus fertile qu'il possède des nutriments en quantité suffisante et assimilable par les plantes. Or, la terre du jardin est fortement sollicitée pour la culture des légumes que nous y plantons ; ils y prélèvent leurs nutriments régulièrement et sans apport, il va s'appauvrir petit à petit, il ne pourra plus assurer les conditions optimales de croissance aux cultures. De plus, selon les conditions climatiques et le type de sol, le drainage (dû à de fortes pluies) peut aussi vider le sol de ses nutriments.
Vos plantes ont donné le meilleur d'elles-mêmes pendant toute la belle saison et se préparent tranquillement à s'endormir pour l'hiver. C'est en automne que les végétaux stockent des réserves de nutriments pour résister au froid et renaître au printemps. Pour les aider à traverser les mois froids qui arrivent, vous pouvez leur apporter un complément nutritionnel. Grâce à cette fertilisation automnale, vous renforcez arbustes et plantes potagères. Ils n'en seront que plus beaux au printemps. Fertiliser le sol, c'est donc préserver sa bonne structure et son activité biologique en lui apportant de la matière extérieure.
L'engrais d'automne va agir sur votre jardin de plusieurs façons. Les engrais, surtout lorsqu'ils sont riches en matières organiques comme le compost ou le fumier, aident à améliorer la composition du sol. L'automne est la période où beaucoup de matières organiques comme les feuilles mortes, les résidus de cultures ou les tontes de gazon s'accumulent au jardin. Après une saison de culture, le sol de votre jardin peut être appauvri en nutriments essentiels comme l'azote, le phosphore et le potassium. Sans compensation, vos plantes risquent de ne pas trouver les ressources organiques nécessaires pour continuer leur cycle. Un sol riche en nutriments et en matières organiques favorise aussi le développement de multiples organismes bénéfiques, comme les vers de terre, les insectes et les micro-organismes, mais aussi les champignons mycorhizes. Tous jouent un rôle crucial dans l'aération du sol, la décomposition des matières organiques et la libération de nutriments pour les plantes. En nourrissant votre sol dès l'automne, vous facilitez considérablement votre travail de jardinage au printemps. Un sol bien préparé et enrichi est plus facile à travailler, et vous aurez moins besoin d'ajouter de l'engrais à la dernière minute avant les semis. L'engrais vous assure des récoltes plus généreuses et des floraisons plus éclatantes.
Les vivaces profiteront d'un ajout de compost et/ou d'engrais une ou deux fois par an. Si vos plantes annuelles, incluant les comestibles, ont moins besoin d'engrais à cette période de l'année, il est toutefois nécessaire de nourrir le sol dans lequel elles évoluent pour stimuler l'activité microbienne. Les plantes potagères sont, pour la plupart, assez gourmandes en nutriments. N'oublions pas la pelouse ! Enfin, sachez que même vos arbres, arbustes et conifères apprécient un engrais d'entretien. Souvent négligés, on a tendance à les oublier lorsqu'ils sont à maturité.
En cette saison, ce que vous souhaitez, c'est créer des réserves souterraines pour vos plantes et non stimuler leur croissance hors sol. Les engrais riches en phosphore et en potassium sont donc particulièrement indiqués pour renforcer les plantes face au froid. Mieux vaut éviter les engrais trop riches en azote, stimulant la croissance des feuilles, ce qui pourrait rendre vos plantes plus vulnérables au gel. L'engrais d'automne est donc un véritable allié pour préparer votre jardin et votre potager à passer l'hiver. Il va renforcer les racines des végétaux, rééquilibrer la structure du sol et favoriser sa biodiversité. Une fois l'hiver installé, nul besoin d'utiliser de l'engrais, car les plantes sont en dormance et n'ont pas besoin d'apport nutritionnel.
L'engrais organique Sang et Corne Solabiol, élaboré selon des procédés traditionnels à partir de matières 100% d'origine naturelle, est un mélange prêt à l'emploi qui permet une fertilisation équilibrée au printemps comme à l'automne, lors des plantations et de l'entretien de votre jardin. Son efficacité repose sur une double action, à la fois rapide et de longue durée. En effet, il agit plus rapidement que la corne seule et sur une durée plus longue que le sang seul.
Engrais et amendements organiques : précautions et bonnes pratiques
L'accès aux terres est interdit aux animaux d'élevage pendant 21 jours au moins après utilisation sur les terres. Interdit pour l'alimentation animale, ne pas stocker à proximité d'aliments pour animaux d'élevage. Tenir hors de portée des animaux domestiques. Conserver uniquement dans le récipient d'origine, à l'écart des aliments et boissons y compris ceux pour animaux et à l'abri de l'humidité.
Privilégier les prairies de fauche : les apports de fumier compensent tout ou partie des besoins en azote, phosphore et potasse d’une prairie conduite en fauche. Les restitutions en P et K sur les prairies exclusivement pâturées correspondent généralement aux besoins. Une analyse d'herbe permet de vérifier les pratiques. Organiser une rotation pluriannuelle des épandages.
Quantité : Compter le nombre d'épandeurs et une densité de 500 kg/m³ en fumier de brebis et 750 kg/m³ en compost. La fraction minéralisable de l'azote est fonction de la date d’épandage et du type de culture (15 % pour le fumier sur prairies en épandage d’automne, 30 % pour le fumier en épandage sortie d’hiver, 10 % pour le compost). À défaut de disposer d’une valeur précise de son produit, la référence à des tables donne une première indication. Des périodes d’apport à ajuster à la nature du produit.
Dans les élevages mixtes, avec bovins ou porc : l’effet azote du lisier est rapide, réaliser le premier apport en sortie d’hiver (15 jours plus tôt qu'un apport d’engrais minéral). Avec un fumier vieilli ou composté : l'effet azote est lent, privilégier les apports d’automne ou d’hiver.
Lisier de porc : Utiliser un lisier stocké depuis 2 mois sans apport de lisier frais. Attendre au minimum 3 semaines entre épandage et pâturage. Épandre avant fauche ou après pâture.
Lisier de bovin : L’idéal est un apport après le 1er pâturage en sortie d’hiver : les refus auront été nettoyés, le lisier ne collera pas aux feuilles et il permettra un meilleur redémarrage de la prairie. Attendre au minimum 3 semaines entre épandage et pâturage.
Fumier ovin et bovin vieilli : Respecter un délai de 3 semaines avant pâturage si nécessaire.
Compost de fumier de bovin : Épandage possible toute l’année, mais l’apport de fin d’automne est plus intéressant.
Le fumier est traditionnellement utilisé pour amender, améliorer le sol. Une fois décomposé ou composté, sa teneur en matières organiques revitalise et rend fertile tout sol pauvre ou rendu tel par les cultures. Selon le type de terrain, on emploiera du fumier de cheval, de vache ou d’ovins.
Le fumier est un apport particulièrement intéressant pour le sol. Bien que riche en éléments fertilisants, il ne s’utilise pas comme engrais mais plutôt comme amendement, améliorant les propriétés du sol. Constitué pour une part de déjections animales et pour l’autre de paille (ou autre élément végétal utilisé comme litière), il est riche en oligo-éléments et minéraux ainsi qu’en carbone, ce dernier étant le composant principal de l’humus.
C’est une fois bien décomposé que le fumier affiche un rendement humique particulièrement élevé. Son vieillissement ou son compostage est donc primordial pour le sol et il évite aussi au fumier de brûler les végétaux comme il peut le faire lorsqu’il est trop frais. Cette maturation peut être réalisée de diverses manières mais vise toujours à détruire les organismes pathogènes et à décomposer les matières organiques.
Entassé sur des planches qui permettent aux liquides de s’évacuer, le fumier sera ainsi laissé plusieurs mois. Mis sur le compost avec des matières végétales, il offrira un matériau très équilibré une fois bien composté. Ces deux méthodes produisent un fertilisant organique à utiliser pour les végétaux : intégré légèrement à la terre avant les semis, déposé dans le trou des plantations gourmandes ou encore épandu autour des pieds des plantes.
Épandu sur un sol légèrement travaillé à l’automne, l’air et le froid détruiront les pathogènes tandis que la faune aérobie du sol décomposera la matière. L’épandage se fait à raison de 100 jusqu’à 300 kg de fumier pour 100 m². La décomposition sera suffisante au printemps, au moment des semis et plantations.