Les Poilus : Histoires de Courage, de Sacrifice et de Mémoire

La Grande Guerre, ce conflit dévastateur qui a marqué le début du XXe siècle, a engendré une multitude d'histoires individuelles, de récits poignants qui méritent d'être racontés et préservés. Les "Poilus", ces soldats français qui ont enduré les horreurs des tranchées, ont laissé derrière eux un héritage de courage et de sacrifice. Leurs parcours, souvent fauchés en pleine jeunesse, ont façonné le destin de familles et de communes entières. Les documents, les photos et les récits conservés nous permettent aujourd'hui de dresser un portrait, même incomplet, de ces hommes qui ont combattu dans une guerre que l'on disait "la dernière". Chaque soldat, chaque famille, porte en elle une histoire unique, faite de secrets, de joies et de peines, qui mérite d'être mise en lumière.

L'Engrenage Fatal : Les Prémices du Conflit

Le 23 juillet, un ultimatum humiliant est adressé à la Serbie. Sur les conseils avisés de la Russie et de la France, la Serbie accepte presque toutes les conditions imposées. Cependant, cette tentative de désamorcer la crise est de courte durée. Dès le lundi 3 août 1914, jour de la déclaration officielle de la guerre par l'Allemagne à la France, un vent de mobilisation parcourt le pays. Tous les lieux de travail se vident, les ouvriers et les artisans laissant leurs outils pour rejoindre les villes de garnison et les casernes. Les Appelés sont déjà présents sur le front, une ligne de défense qui s'étend de la Lorraine à la Belgique, déjà envahie par les troupes allemandes. L'armée allemande, forte de sa puissance, avance inexorablement, écrasant les défenses des troupes alliées.

Carte de l'Europe en 1914 montrant les alliances et les mouvements initiaux des troupes

La Grande Bataille de Belgique et les Premiers Sacrifices

Les 22, 23 et 24 août 1914 sont marqués par la grande bataille de Belgique. Dans ce contexte de déferlement allemand, les régiments vendéens et bretons sont mobilisés. Les 64ème (Ancenis) et 65ème (Nantes) Régiments d'Infanterie, le 93ème (La Roche-sur-Yon) Régiment d'Infanterie, ainsi que les 137ème Régiment d'Infanterie (Fontenay-le-Comte), les 83ème et 84ème Régiment Territorial d'Infanterie, et le 51ème Régiment d'Artillerie constituent la 21ème division du XIème Corps d'Armée. Dirigés à marche forcée sur Tournai, en Belgique, leur mission est de retarder la progression de l'envahisseur. C'est dans ces circonstances dramatiques que deux bataillons, le 2ème et le 3ème des 83ème et 84ème Régiment d'Infanterie Territoriale de la Vendée, sont attaqués aux abords de l'église. Remplissant avec un courage admirable leur mission, toute de sacrifice, ces vétérans magnifiques tiennent en échec pendant six heures trois divisions allemandes. Les conséquences de ce glorieux fait d'armes sont heureuses, tant pour la ville que pour la victoire qui se profile à la Marne.

Non loin de là, à quelques kilomètres au sud de Sedan, à Chaumont, le 137ème RI s'établit face au bois de la Marfée. Durant la nuit du 26 au 27 août, les Allemands s'emparent du bois et surgissent dans le village endormi. Au cours de cet assaut, un soldat de Fontenay-le-Comte, le sous-lieutenant CONTE, réalise un acte d'héroïsme en capturant le colonel commandant le 28ème RI allemand. Pendant ce temps, en Alsace et en Lorraine, sur la Meuse, dans le Nord et vers Paris, les armées alliées reculent lentement. Paris est menacée, et le gouvernement décide de se retirer à Bordeaux.

La Bataille de la Marne et la Transformation de la Guerre

Le 6 septembre 1914, le Général Joffre publie un ordre du jour retentissant : « au moment où s’engage une bataille dont dépend le sort du Pays ». L'effort de l'ennemi se concentre sur le champ retranché de Paris. Deux millions et demi d'hommes s'affrontent sur 200 km de front, entre Paris et Verdun. En Champagne, les troupes venant de l'Est renforcent leurs lignes. La troisième armée, adossée à Verdun, fait face à l'armée du Kronprinz. Les Allemands, d'abord déconcertés par cet assaut général imprévu, reprennent rapidement contenance. Les armées françaises et alliées gagnent du terrain malgré les tentatives désespérées des forces allemandes qui se maintiennent sur l'Ourcq. Le 9 septembre, la retraite allemande est générale, ponctuée de nombreux combats. Chaque partie consolide ses points d'appui et creuse ses tranchées à l'approche de l'hiver. La guerre de mouvement laisse place à la guerre de position. L'image du "Biffin", le fantassin français, fatigué, courbé sous le poids de son sac et de ses pensées, devient emblématique de cette nouvelle réalité. Pauvres Biffins, mes frères de grand'route, cassés par le sac, serrés par les courroies, coltinant votre chargement d’animaux dociles et dans votre cerveau lourd, l’autre fardeau des pensées éreintées. Vous marchez quand même, plein de fatigue à en crever, mais sans plainte, ressassant seulement dans votre esprit vidé le seul désir qui criait par vos voix engravées de poussière, aux mauvaises fins d’heure : La pause, Bon Dieu !

Leur combat est égal à celui des Turcos (tirailleurs algériens) - Ils enlèvent alertement les positions adverses. La déroute des Allemands repoussée à plusieurs kilomètres au-delà d'Ypres est complète. Cet appel est entendu et, à Nieuport, le lundi 11 janvier 1915, le Président de la République remet à l'amiral Ronarc'h le drapeau des fusiliers marins, gagné par leur magnifique courage et leur héroïsme lors des batailles de Dixmude et de Nieuport.

1918, La deuxième Bataille de la Marne

L'Hiver Rigoureux et les Combats sans Fin

Après le 15 novembre 1914, une accalmie s'installe sur le front du Nord. Cependant, l'hiver 1914-1915 est terriblement froid et humide pour les soldats. Le 8 janvier, 300 prisonniers arrivent en gare de Croix-de-Vie et défilent sous bonne garde dans les rues de la cité en direction de Brétignolles, où ils seront casernés. Parallèlement, l'attaque des Dardanelles est préparée dès la fin de 1914 dans le but de s'emparer du Bosphore et de rétablir les communications avec les alliés russes. L'escadre alliée se compose alors de flottilles de torpilleurs et de sous-marins barrant l'entrée des détroits. C'est dans ce contexte que le croiseur français "Le Bouvet", lancé en 1901 à Brest mais dont l'achèvement fut retardé et qui n'entra en service qu'en 1905, coule en trois minutes, touché par une mine dérivante, au moment où l'escadre franchit le goulet. Son état-major se composait de 22 officiers et son équipage de 714 hommes, dont 136 purent être sauvés par des torpilleurs italiens. Le croiseur "Léon Gambetta" faisait partie de la flotte navale en Méditerranée avec l'escadre anglaise. Un autre marin, Louis Alexis Robard, né à la Barre-de-Monts le 27 juillet 1893, périt, victime de la catastrophe du "Léon Gambetta", à l'âge de 23 ans, son corps n'ayant jamais été retrouvé.

Partout, la lutte reprend. En Champagne-Artois, aux Éparses, chaque jour voit un engagement. Jour après jour, des terrains sont conquis puis perdus. Les combats se répètent de tranchées en tranchées, au canon, à la mitrailleuse, à la baïonnette. La bataille des Éparses, dans la Meuse, dure deux longs mois, de février à avril 1915. Cette lutte dans le froid, la pluie et la neige aurait pu s'appeler "la bataille de la boue". Enlever les Éparses, sous le feu des obusiers de 210mm, des lance-bombes et des mitrailleuses, est un travail de géants. Le village d'Hébuterne, dans le Pas-de-Calais, a été le théâtre de nombreux combats depuis octobre 1914. Au cours d'une bataille, la ferme Toutvent est enlevée, coûtant plusieurs centaines de morts et 400 prisonniers à l'ennemi. La contre-attaque n'aboutit qu'à un échec. La bataille de l'Artois continue. Les pertes éprouvées au cours des journées du 16 et 17 juin sont lourdes. Les troupes enlèvent la première ligne allemande et abordent la seconde bataille d'Hébuterne et de la ferme de Toutvent.

Photographie d'une tranchée durant l'hiver 1914-1915

La Mémoire Vive : La Reconstitution Historique et l'Héritage des Poilus

Au-delà des récits officiels et des monuments aux morts, il existe une autre manière de faire revivre l'histoire : la reconstitution historique. Michaël Sadde et Emeline Macret, passionnés d'histoire militaire et d'équitation, ont créé une association et un centre équestre pour vivre de leur passion. Ils se plongent dans les époques passées, revêtant les uniformes des soldats et reproduisant les combats avec une précision remarquable. "Entraînement difficile, guerre facile", tel est leur credo, résumant l'engagement et la rigueur nécessaires pour un tel hobby. Leur association, "Les Écuriers de l'Histoire", compte une trentaine de membres, unis par une même passion pour "l'histoire vivante" et "l'archéologie expérimentale".

Photo de Michaël Sadde et Emeline Macret en tenue de reconstitution

Leur entreprise, "Le Domaine des Écuriers", enseigne l'équitation militaire historique et l'escrime à pied et à cheval, formant les cavaliers et les chevaux "de A à Z". Ils ont transformé un ancien élevage en centre équestre, où l'on peut observer des chevaux élevés "à la dure" pour s'habituer aux bruits des armes et à la foule des combats. Michaël, ancien militaire, est un autodidacte passionné qui passe son temps à lire, visiter des musées et discuter avec des conservateurs pour parfaire ses connaissances. Il organise parfois des "camps off" sans téléphone portable, où ils montent une tente dans un pré et mangent des menus historiques "pour s'immerger".

Le couple a racheté un élevage de volailles et de vaches laitières qu’il a converti en centre équestre. Michaël et Emeline ont transformé les pâturages en enclos, et le poulailler et l’étable en écurie. Deux chiens paressent à l’ombre, couchés devant les box. Au fond du hangar, derrière la sellerie où joue la portée de chatons, une salle d’armes permet aux reconstitueurs de s’entraîner. Michaël Sadde dans la salle d’armes de son centre équestre, le 9 juin 2015, à Sainte-Gemmes-le-Robert (Mayenne).

Dans la communauté des reconstitueurs, qui revendique son bénévolat, Emeline et Michaël font figure de "vilains petits canards" car ils ont choisi de professionnaliser leur passion. "On a une passion d’amateur et une démarche de professionnel", argumente Michaël, soulignant le temps et l'argent nécessaires pour rechercher et reproduire à l'identique les modèles d'époque. Le couple a racheté un élevage de volailles et de vaches laitières qu’il a converti en centre équestre. Michaël et Emeline ont transformé les pâturages en enclos, et le poulailler et l’étable en écurie. Deux chiens paressent à l’ombre, couchés devant les box. Au fond du hangar, derrière la sellerie où joue la portée de chatons, une salle d’armes permet aux reconstitueurs de s’entraîner. Michaël Sadde dans la salle d’armes de son centre équestre, le 9 juin 2015, à Sainte-Gemmes-le-Robert (Mayenne).

Michaël a tout de même un portrait de l’empereur sur une assiette en faïence de Gien. "Un cadeau", se défend-il. Michaël a fini par se lasser : "En Ier Empire, il y a le règlement de 1791. Les reconstitueurs se contentent de l'appliquer. Il n'y a plus grand-chose à découvrir. Ce n'est plus trop grisant." Michaël et ses "frères d'armes" seront donc, pour la dernière fois, les hussards noirs de Brunswick, une unité germanique reconnaissable à la couleur de son uniforme et à son insigne, une tête de mort et des tibias croisés argentés. Ils combattront les troupes napoléoniennes, et savent déjà qu'ils gagneront. Emeline expose le plan de bataille : "On fait du harcèlement sur des fantassins formés en carré, parce qu'on a des chevaux rapides, maniables. On arrive sur l'ennemi, on le pointe et on repart." Le problème, poursuit la cavalière, c'est que "beaucoup ont peur des chevaux et ne veulent pas qu'on frappe sur la baïonnette parce que ça abîme le fusil". "La cuirasse cabossée, le sabre tordu, ça fait partie du jeu. Il y en a qui ne le comprennent pas. Si on veut jouer au petit soldat, on reste derrière", lâche Michaël. Il déplore "beaucoup d'accidents" et "des cavaliers qui n'en sont pas et ne montent à cheval que pour la prestation".

Michaël s'est lancé dans la reconstitution historique alors qu'il était encore dans l'armée. "J’avais vu une petite annonce dans le journal de mon régiment qui travaillait avec une association de reconstitueurs. Ça a commencé comme ça, dans l'infanterie Ier Empire", se souvient-il. Il a ensuite intégré un groupe belge de cavaliers, comme cuirassier d’abord, puis en tant que hussard.Sous les drapeaux aussi, il est passé de l’infanterie à la cavalerie, en intégrant la prestigieuse Garde républicaine à Paris. C’est là qu’il a rencontré Emeline. Engagé très jeune, le soldat a pris sa retraite après 17 années de service, le seuil à partir duquel il avait le droit à une pension. De quoi financer sa reconversion. "J'avais fait le tour. J’en avais assez de jouer ‘les pots de fleurs’ pour les défilés et les cérémonies officielles", lâche-t-il. Emeline, elle, a mis fin à son contrat au bout de trois ans. Elle a ensuite été monitrice dans divers centres équestres.

Garde républicain, Michaël a appris le dressage des chevaux et le travail de maréchal-ferrant. La petite dizaine de chevaux, espagnols, lusitaniens et français "sont élevés à la dure pour qu'ils s'habituent aux bruits des armes et à la foule des combats". "On ne les castre pas, car les entiers sont beaucoup plus vaillants et guerriers que les hongres. Mais on les pilote rapidement, et cela représente beaucoup d'efforts pour eux. Michaël Sadde et Emeline Macret après une séance d'entraînement au fleuret à cheval, le 9 juin 2015, à Sainte-Gemmes-le-Robert (Mayenne). Pour l'aspect historique, l'ancien soldat se décrit comme "autodidacte". "Je lis des bouquins, je vais dans les musées, je discute avec les conservateurs, je me documente grâce à différentes sources et j'essaie de restituer tout ça." Il se sent historien dans l'âme et fait de "l'archéologie expérimentale" et de "l'histoire vivante" : "On cherche le souvenir du geste et on le met en pratique." Il organise parfois "des camps off" sans téléphone portable avec des amis reconstitueurs. Ils montent une tente dans un pré, mangent des menus historiques "pour s'immerger". Michaël Sadde devant ses reproductions d'armures médiévales, le 9 juin 2015, à Sainte-Gemmes-le-Robert (Mayenne). Leur maison, située en contrebas de l'écurie, au bord de la petite route de campagne, est un musée, "sauf qu'il n'y a pas de pièces d'époque et que tout sert". Les meubles mélangent les styles anciens, les épées et sabres en tous genres sont posés dans des râteliers, les armures, casques et heaumes trônent. Au mur, les reproductions anciennes jouxtent les photos de leurs faits d'armes. Leurs plus beaux souvenirs ne sont pas napoléoniens. Michaël garde en mémoire une joute aux flambeaux en Pologne, une autre à Sienne, en Toscane, et enfin une bataille d'Hastings (Angleterre). Il y a eu "l'impression de vivre quelque chose de réel".

Michaël et ses compagnons s'attellent désormais à deux grands projets qui leur font un peu plus remonter le temps. D'abord, la reconstitution avec plusieurs autres associations de la cavalerie franque, celle qui combattait sous Charles le Chauve et aux alentours de l'an mil. "C'est la première de l'histoire de France à ne plus être composée de fantassins montés à cheval", relève le féru d'histoire. Ensuite, la joute avec armes réelles. Il a reconstitué le défunt ordre de Saint Michel, "la crème de la chevalerie française", au XVe siècle. Leurs lances ne sont "pas des tringles à rideaux" mais taillées en bois dur et équipées d'une pièce métallique dentée. Elles pèsent 15 kilos. Et lorsqu'elles frappent, le cheval est arrêté net, obligé de plier sous la violence du choc. Son cavalier est désarçonné. Leurs armures, lourdes de 40 kilos, sont boulonnées pour protéger la gorge. "Là-dedans, on ne voit rien, on ne triche pas", assure Michaël, qui s'est cassé la main il y a un mois et demi lors d'un duel à Aigues-Mortes. "La chute est douloureuse, impossible de se relever seul, et mieux vaut ne pas se faire traîner par son cheval", prévient Emeline.

Pour Michaël, il reste également "une croisade à mener". Il veut faire reconnaître la reconstitution historique comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco. Avec d'autres, il constitue un dossier qu'il entend soumettre au ministère de la Culture. Il vante surtout le modèle britannique de l'English Heritage, un organisme public qui gère et finance le patrimoine historique national. "Il faut que les élus, ceux qui ont les subventions pour développer ce patrimoine, s'investissent." Les mentalités commencent à changer, se réjouit-il. "En France, la reconstitution historique était très méconnue. Cela ne fait que dix ans que le grand public commence à s'y intéresser. Et les reconstitueurs sont de moins en moins perçus comme des marginaux." Leur autre grand rendez-vous cette année, c'est le 500e anniversaire de la bataille de Marignan.

La Mémoire des Communes : L'Exemple de Chailley

Au-delà des reconstitutions spectaculaires, la mémoire des Poilus s'ancre profondément dans les communes de leurs ancêtres. C'est le cas à Chailley, dans le département de l'Yonne, où une initiative personnelle a vu le jour pour mettre en valeur les Poilus morts pour la France de cette commune. La démarche consiste à photographier le Monument aux Morts, puis à rechercher les fiches des soldats sur la liste alphabétique de "Mémoire des Hommes". Ces recherches sont complétées par la consultation des Archives départementales de l'Yonne, qui ont numérisé les registres matricules des bureaux de recrutement d'Auxerre et de Sens. L'objectif est de réaliser une synthèse qui rende hommage à ces hommes, et si possible, de retrouver leurs photographies pour mieux les faire revivre.

Parmi les Poilus de Chailley, de nombreuses vies ont été brisées par la guerre :

  • Georges Henri Marc, né le 15 janvier 1889, Aide des Postes, est mort pour la France le 25 août 1914 à Hoéville (Meurthe-et-Moselle).
  • Léon Gustave Couillaut, né le 12 juillet 1880, Manouvrier, est mort pour la France entre le 6 et le 9 septembre 1914 à Ecriennes (Marne).
  • Gustave Toussaint Daroz, né le 23 mai 1889, est mort pour la France le 9 septembre 1914 à Louppy-le-Château (Meuse).
  • René Auguste Reveillard, né le 19 octobre 1893, est mort pour la France à Varennes (Meuse).
  • Emile, Charles, Alexandre Moreau, né le 1er avril 1893, est tué à l'ennemi le 5 juillet 1916 à Curlu (Somme).
  • Paul Albéric Berty, né le 9 juin 1885, est mort pour la France le 28 septembre 1914 à Capy (Somme).
  • Pierre Louis Alphonse Ledoux, né le 4 juin 1890, est tué à l'ennemi le 25 octobre 1914 à Blanzy-Saint-Laurent (Pas-de-Calais).
  • Georges Narcisse Gourmand, né le 28 octobre 1879, est disparu au combat le 30 octobre 1914 à Vauquois (Meuse).
  • Félix Albert Delagneau, né le 22 décembre 1894, est mort pour la France le 17 décembre 1914 à Zuydschoote (Belgique).
  • Arthur Neveu, né le 8 janvier 1890, est mort pour la France à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne).
  • Gaston Raoul Raton, né le 30 août 1870, est mort le 15 novembre 1915 de maladie à l'hôpital de Caudéran (Gironde).
  • René Charles Berty, né le 19 mai 1892, est mort pour la France le 14 décembre 1915 à Vého (Meurthe-et-Moselle).
  • René Fernand Descusses, né le 14 décembre 1886, est mort pour la France le 28 février 1915 à Vauquois (Meuse).
  • Maurice, Victor, Léon Fromont, né le 8 octobre 1882, est mort pour la France entre le 17 et le 24 mars 1915 à Vauquois (Meuse).
  • Léon, Marcellin Pinard, né le 10 décembre 1886, est mort le 17 avril 1915 à Carency (Pas-de-Calais).
  • Edouard, Marcel Bouvier, né le 11 novembre 1882, est disparu le 26 avril 1915 à Brielen (Belgique).
  • Gustave Louis Behotte, né le 25 janvier 1884, est tué à l'ennemi le 13 juin 1915 à Ecurie (Pas-de-Calais).
  • Louis Maurice Millon, né le 27 avril 1882, est mort pour la France le 6 octobre 1915 à Louain (Marne).
  • Léonard Henri Trompat, né le 27 septembre 1889, est mort le 14 juillet 1915 à la Haute-Chevauchée (Meuse).
  • Anatole, Jules Delagneau, né le 15 août 1885, est mort de blessures de guerre le 30 juillet 1915 au Bois-le-Prêtre (Meuse).
  • René Félix Raton, né le 23 juin 1894, est mort pour la France le 29 mai 1916 au bois des Chevaliers à Vaux-les-Palameix (Meuse).
  • César Giorza, né le 29 février 1876, meurt pour la France le 29 juin 1916 de ses blessures de guerre à l'hôpital de Giessen (Allemagne), possiblement fait prisonnier.
  • Gustave Neveu, né le 29 septembre 1878, est disparu le 23 juin 1916 au Fort de Souville (Meuse).
  • Léon, René Renuzeau, né le 26 octobre 1893, est tué à l'ennemi le 6 juillet 1916 à Curlu (Somme).
  • Henri Duppressoir, né le 13 février 1879, est tué le 23 septembre 1916 à l'hôpital auxiliaire de Levallois-Perret (Seine) suite à des blessures de guerre.
  • Jacques Pierre Berlin, né le 25 mai 1887, est tué à l'ennemi le 15 avril 1917 dans le secteur de Juvincourt.
  • Léon Joseph Parigot, né le 7 janvier 1897, est tué à l'ennemi le 4 septembre 1917 dans les Bois des Fossés à Beaumont (Meuse).
  • Louis Jules Guillaume, né le 1er octobre 1877, est mort à Saint-Florentin de pleurésie contractée en Lorraine.
  • Louis Albert Truchy, né le 15 septembre 1881, est mort pour la France le 9 mai 1918 de blessures de guerre sur le champ de bataille de Brétigny (Oise).
  • Fernand Garnier, né le 6 juin 1890, est mort pour la France le 13 mai 1918 dans le secteur de Mont-sans-Nom (Marne).
  • Eugène Henri Reveillard, né le 21 décembre 1891, est mort pour la France dans la Forêt de Retz (Aisne).
  • Henri Emile Fournier, né le 22 décembre 1918, est incorporé au 167ème Régiment d'Infanterie.

Il est important de noter que certains Poilus sont inscrits sur le monument aux morts de Chailley sans y être nés. Ils y ont sans doute habité, y avaient des parents, ou leur décès y a été transcrit. Ces vies, même brisées, continuent de résonner à travers les générations, rappelant le prix de la paix et l'importance de ne jamais oublier.

Monument aux morts de Chailley

L'histoire de l' "Écurie des Poilus", une société par actions simplifiée créée en 2024, axée sur l'exploitation de carrières de chevaux de course, l'élevage, et le commerce de chevaux, bien que portant un nom évocateur, s'inscrit dans une réalité économique moderne, distincte du sacrifice des soldats de la Grande Guerre. Néanmoins, le nom choisi témoigne de la persistance de la mémoire des "Poilus" dans le paysage français, même dans des contextes insoupçonnés.

Ces récits, qu'ils soient issus de reconstitutions méticuleuses ou de recherches généalogiques locales, participent à un effort collectif de mémoire. Ils nous rappellent que derrière les chiffres des batailles et les noms des généraux, se trouvent des hommes, des vies, des familles touchées par la guerre. Le livre d’or, bien que tâché de boue, demeure un ouvrage inestimable, un témoignage poignant de leur passage. Ils aimaient sûrement la paix, et non la guerre, une aspiration universelle qui résonne avec d'autant plus de force à travers le prisme de leur sacrifice.

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