Bruno Gares prend les rênes de la Fédération Française d'Escrime : Un nouveau chapitre s'ouvre

C’est le grand jour. Celui qui doit, après un vote national, mais régionalisé, dire qui présidera la Fédération française d’escrime (FFE) à partir d’octobre et jusqu’aux Jeux olympiques parisiens de 2024. Et dans cette course effrénée depuis plusieurs mois, le Castonétois Bruno Gares tient un rôle majeur. En effet, le maître d’armes ruthénois et ancien armurier des équipes de France entend bien prendre la place de l’actuelle présidente Isabelle Lamour-Spennato, elle aussi candidate à sa propre succession. La campagne a été assez rude. De longs mois durant lesquels les deux équipes ont pu exprimer leurs points de vue, différents pour le moins.

Bruno Gares, nouveau président de la Fédération Française d'Escrime

Un scrutin tendu pour une fédération en mutation

Aujourd'hui, les dirigeants de tous les clubs hexagonaux, des plus petits aux plus grands, sont donc appelés à élire leur nouveau représentant national, via un scrutin de liste, établi dans chaque région et non dématérialisé. C’est le samedi 26 septembre qu'a lieu l'élection pour devenir président de la Fédération française d’escrime (FFE). Le maître d’armes ruthénois et ancien armurier des équipes de France, Bruno Gares, visait la place de l’actuelle présidente Isabelle Lamour-Spennato, également candidate à sa propre succession. La campagne, d'une durée de plusieurs mois, a été marquée par une rude confrontation entre les deux équipes, qui ont exposé des visions divergentes sur l'avenir de la discipline. Ce contexte a également été marqué par une baisse notable du nombre de licenciés, un enjeu majeur pour la fédération.

L’Aveyronnais, élu un temps dans sa commune d’Onet-le-Château, a multiplié les rencontres avec les clubs au cours des derniers mois. Ces échanges se sont déroulés aussi bien lors de réunions sur le terrain que par visioconférences, une adaptation nécessaire face à la crise sanitaire.

Les résultats d'une élection décisive

Bruno Gares est arrivé en tête du scrutin samedi et est devenu le nouveau président de la fédération française d'escrime, devançant ainsi la sortante, Isabelle Lamour. Isabelle Lamour n'effectuera donc pas un troisième mandat d'affilée à la tête de la fédération française d'escrime. Son rival, Bruno Gares, sera le prochain président, même si les résultats sortis des urnes annoncés samedi ne sont pas encore des chiffres définitifs.

La liste menée par Bruno Gares a devancé celle de la présidente sortante Isabelle Lamour lors du scrutin au cours duquel les présidents de clubs élisaient les membres du futur comité directeur de la FFE. La liste Bruno Gares aurait obtenu environ 55 % des suffrages, celle d'Isabelle Lamour 45 %. Ces résultats ont été indiqués à l'issue du scrutin organisé dans chaque comité régional ou interdépartemental. La commission de validation des opérations électorales de la FFE devrait annoncer en début de semaine prochaine les résultats définitifs, le scrutin de la Guadeloupe étant toujours en attente samedi soir. Pour autant, l'avance de Bruno Gares n'est pas de nature à être remise en cause.

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Les premières déclarations du nouveau président

« Je suis heureux de ce résultat, fier de l'équipe qui m'entoure, mais conscient que le plus dur ne fait que commencer, parce que j'ai bien l'intention de mettre en œuvre le projet ambitieux pour l'escrime que j'ai développé pendant ces longs mois de campagne », a déclaré Bruno Gares, ancien conseiller au cabinet de Laura Flessel du temps où celle-ci était ministre. Il a ajouté : « Je remercie l'ensemble des présidents et des présidentes des clubs qui ont voté pour moi. Et je m'engage à œuvrer pour l'ensemble des acteurs de notre sport. » Bruno Gares est ainsi le premier maître d'armes à devenir président de la FFE.

L'équipe dirigeante, composée de 31 membres sur 33 (les deux derniers étant des "personnalités qualifiées"), sera intronisée le 10 octobre à l'occasion d'une Assemblée générale élective.

Les réactions et les tensions post-électorales

Huit mois après l’élection du nouveau président de la Fédération française d’escrime (FFE), Bruno Gares, les plaies ne sont toujours pas refermées. Isabelle Lamour n’a pas apprécié les propos de son successeur. Le premier à dégainer fut l’ex-directeur administratif de la FFE (2016-2020). "Le secrétariat n’a jamais cessé son activité." La deuxième salve de critiques et de précisions est venue d’Isabelle Lamour, la présidente sortante battue le 26 septembre dernier. Elle non plus n’a pas apprécié les propos de Bruno Gares ("Quand je suis arrivé… Tous les bureaux étaient vides…. Ils m’ont tout fait."). "M. Gares est seul responsable de la page blanche dont il se prétend victime", répond Isabelle Lamour dans un communiqué. "1- l’administration de la Fédération Française d’Escrime s’est mise à l’entière disposition de M. Gares. 2- les documents relatifs à l’activité de la FFE ont été rendus accessibles. 3- les cadres de la direction technique (évincés par M. Gares) ont été consultés. 4- les comptes étaient à jour et les salaires payés."

Isabelle Lamour conteste également la baisse du nombre de licenciés évoquée par Bruno Gares dans son interview du mois de mai. "16 000 en 10 ans : c’est faux." Elle poursuit : "M. Gares se plaît à user d’une rhétorique trompeuse selon laquelle les équipes précédentes n’ont jamais rien fait avant lui. Que "la fédération ne servait à rien" ! Je lui laisse assumer une analyse aussi simpliste qu’injurieuse envers les centaines de bénévoles et de cadres techniques qui ont œuvré à la bonne marche de cette belle fédération." Isabelle Lamour a promis de ne plus rien laisser passer.

Archives de la Fédération Française d'Escrime

L'influence de Laura Flessel et les perspectives de changement

La victoire de Bruno Gares est aussi interprétée comme celle de Laura Flessel, une figure de l'escrime français et ancienne ministre des Sports. Laura Flessel avait apporté son soutien à Bruno Gares, qui avait été à l'origine de sa nomination au ministère des Sports entre mai 2017 et septembre 2018.

Quelle sera désormais la « mission » de l’ancienne ministre, qui ne figurait pas sur la liste ? « Bruno sera un président à 100 %, Laura en plus de son implication sur les territoires, travaillera dans les instances internationales », expliquait il y a quelques jours l'association « Escrime, Esprit Club » chargée de faire campagne et qui évoquait « un duo de choc ».

Reste que la « non-réélection » d’Isabelle Lamour a réveillé les espoirs de ceux qui se sont lancés à la conquête d’autres fédérations. Bien que la fédération d’escrime ait un mode de scrutin moins verrouillé que d’autres institutions (ce sont les clubs qui votent directement et non des grands électeurs), certains imaginent le changement possible. Ce qui risque d’accroître encore un peu plus les tensions.

L'escrime française : défis et opportunités

Le nouveau président de la FFE, Bruno Gares, hérite d'une fédération confrontée à plusieurs défis. La baisse du nombre de licenciés est une préoccupation majeure, nécessitant des stratégies innovantes pour attirer de nouveaux pratiquants et fidéliser les membres actuels. La crise sanitaire a également eu un impact significatif sur l'organisation des compétitions et la vie des clubs.

Le projet ambitieux de Bruno Gares vise à redynamiser l'escrime française, en s'appuyant sur le développement des territoires et une présence accrue dans les instances internationales. La collaboration avec des personnalités comme Laura Flessel pourrait apporter une expertise précieuse dans ces domaines. L'objectif est de renforcer la compétitivité de la France dans les compétitions internationales, tout en assurant une pratique sportive accessible et conviviale pour tous.

La gouvernance de la fédération, marquée par des tensions post-électorales, devra trouver un équilibre pour permettre une mise en œuvre sereine du nouveau projet. La capacité de Bruno Gares à rassembler les différentes composantes du monde de l'escrime sera déterminante pour l'avenir de la discipline.

Carte de France des clubs d'escrime

Un regard académique sur la gouvernance sportive

L'élection à la tête de la Fédération Française d'Escrime s'inscrit dans un contexte plus large de gouvernance des organisations sportives. Les travaux académiques sur le sujet mettent en lumière la complexité des processus décisionnels, les enjeux de pouvoir et l'importance des réseaux.

Les recherches menées par Bruno Gares, notamment son habilitation à diriger des recherches en sociologie de l'Université Paris-Saclay, portent sur la "clôture et l'étalon", l'arpentage des lignes de pouvoir en sociologue de l'appropriation et de la quantification. Son mémoire inédit, "Quand la mer monte, à qui appartiennent les plages ? L’affaire Martin’s Beach : enquête socio-historique sur le pouvoir d’appropriation des rivages et les résistances de l’indisponible (1838-2024)", révèle une analyse fine des mécanismes de pouvoir et des dynamiques sociales.

De même, son doctorat en science politique, obtenu à Sciences Po Paris, intitulé "Déchiffrer l’« Europe compétitive ». Étude du benchmarking comme technique de coordination intergouvernementale dans le cadre de la stratégie de Lisbonne", démontre une expertise dans l'analyse des structures de gouvernance et des stratégies de coordination à l'échelle internationale. Ces travaux académiques, bien que portant sur des domaines distincts, éclairent la démarche analytique et la compréhension des enjeux de pouvoir qui animent le nouveau président de la FFE.

Ces approches académiques, axées sur la sociologie, la science politique et l'histoire, offrent un éclairage précieux sur les dynamiques qui régissent les fédérations sportives. Elles soulignent l'importance d'une analyse rigoureuse des structures, des acteurs et des processus qui façonnent la gouvernance du sport. La capacité de Bruno Gares à transposer ces connaissances dans la pratique de sa fonction présidentielle sera un atout majeur pour le développement de l'escrime française.

L'escrime, un sport d'histoire et de tradition

L'escrime, pratiquée depuis des siècles, est un sport qui allie technique, stratégie et élégance. Ses origines remontent aux techniques de combat à l'épée, développées au fil du temps pour devenir une discipline sportive codifiée. Les différentes armes - fleuret, épée et sabre - offrent chacune des spécificités tactiques et techniques, rendant la pratique variée et stimulante.

La France a une longue et riche histoire dans le monde de l'escrime. De nombreux maîtres d'armes français ont contribué à l'évolution de la discipline, tant sur le plan technique qu'en matière de pédagogie. Les clubs d'escrime, souvent portés par des bénévoles passionnés, jouent un rôle essentiel dans la transmission de ce patrimoine sportif.

La FFE, en tant qu'instance dirigeante, a pour mission de promouvoir l'escrime, de soutenir les clubs, de former les entraîneurs et les arbitres, et de représenter la France dans les compétitions internationales. Le nouveau président, Bruno Gares, fort de son expérience d'ancien maître d'armes et de sa formation académique, est appelé à relever ces défis et à écrire un nouveau chapitre de l'histoire de l'escrime française.

Illustrations d'escrimeurs en action

Les enjeux de la préparation olympique

L'élection de Bruno Gares intervient à un moment crucial pour l'escrime française, à moins de deux ans des Jeux Olympiques de Paris 2024. La préparation des athlètes, le soutien aux équipes nationales et la mise en place d'une stratégie performante sont des priorités absolues.

La nouvelle équipe dirigeante devra travailler en étroite collaboration avec les entraîneurs, les ligues régionales et les athlètes pour optimiser les conditions d'entraînement et de compétition. L'objectif est de permettre aux escrimeurs français de briller lors des Jeux Olympiques à domicile et de susciter un engouement renouvelé pour la discipline.

Le parcours de Bruno Gares, du maître d'armes au président de fédération, témoigne d'une profonde connaissance du monde de l'escrime et d'une volonté d'agir pour son développement. Sa vision, nourrie par son expérience et ses recherches académiques, pourrait apporter un souffle nouveau à la discipline et la préparer au mieux aux défis futurs.

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