Jean-Pierre Barjon : Un Leader aux Multiples Facettes à la Tête du Trot Français

Jean-Pierre Barjon, une figure emblématique de l'entrepreneuriat français et un passionné des courses hippiques, a été réélu à la présidence de la Société d’Encouragement à l’élevage du Trotteur Français (SETF) pour un nouveau mandat de quatre ans, débutant le 1er janvier 2024. Cette reconduction à la tête de la SETF, confirmée lors de la réunion du Comité 2024-2027 le jeudi 14 février 2023, témoigne de la confiance accordée à sa vision et à son leadership. Il a remporté l'élection avec 29 voix au premier tour, devançant ainsi Gilles Jeziorski, Caroline Sionneau et Stéphane Provoost. Il sera secondé dans ses fonctions par trois vice-présidents : Franck Pellerot, Olivier de Seyssel et Joël Séché.

Jean-Pierre Barjon président de la SETF

Parcours d'un Entrepreneur Visionnaire

À 64 ans, Jean-Pierre Barjon est bien plus qu'un simple président d'une organisation hippique. Il est un éleveur et propriétaire de chevaux de course accompli, occupant la 5ème place parmi les propriétaires en 2023 grâce à la gestion du haras de la Source et des Chênes, ainsi que de l'écurie Jean-Pierre-Barjon. Sous ses couleurs, il a célébré de nombreuses victoires prestigieuses, notamment 25 courses de Groupe I, dont le convoité Prix d’Amérique en 2009 avec Meaulnes du Corta, et le Prix de Cornulier à deux reprises en 2019 et 2020 avec Bilibili. Ses succès s'étendent également à 42 victoires de Groupe II.

Avant de se consacrer pleinement au monde des courses, Jean-Pierre Barjon a forgé sa carrière dans le secteur de l'informatique, avant de se réorienter vers le domaine de la grande consommation. Doté d'une fibre entrepreneuriale prononcée, il a fait preuve d'une audace remarquable à l'âge de 35 ans en entreprenant la transformation de la marque de limonade Lorina. Cette entreprise emblématique, relancée avec un succès retentissant, lui a valu la prestigieuse distinction de Chevalier de la Légion d'Honneur en 2016.

L'histoire de Lorina est une illustration parfaite de sa philosophie entrepreneuriale. "Quand j’ai racheté Lorina, je l’ai fait au départ comme un hobby, pas comme un projet d’entreprise", confie-t-il. Il a conservé son emploi pendant deux années supplémentaires, se consacrant à l'entreprise le soir et le week-end. Ce dévouement a permis de multiplier le chiffre d'affaires par 1200 et les revenus de l'entreprise par 4000. Il souligne l'importance de s'entourer de personnes qualifiées, formant ce qu'il appelle "la chaîne de l’amitié", incluant des experts en marketing, des directeurs artistiques et des spécialistes de la création de valeur. La grande distribution a constitué un levier essentiel pour le développement de Lorina, permettant à un produit autrefois local de conquérir les marchés nationaux et internationaux. "Ce qu’on oublie souvent, c’est qu’il y a 50 ans, vous aviez une fabrique de limonade dans tous les villages de plus de 3000 habitants. C’était un produit local, mais qui ne se vendait pas hors de sa région. Or, la distribution moderne avec sa logistique nous a permis de vendre nos produits aux États-Unis, en Espagne, en Italie mais aussi partout en France", explique-t-il.

Bouteille de limonade Lorina

Une Vision Stratégique pour le Trot Français

La réélection de Jean-Pierre Barjon intervient dans un contexte économique favorable pour la SETF. Les résultats financiers de l'exercice 2023 s'annoncent excédentaires, avec un résultat net prévisionnel de 3 millions d'euros, dépassant les attentes initiales. Pour 2024, les orientations budgétaires valident une progression des enjeux de 2%, qui, combinée à une gestion rigoureuse des charges du PMU, devrait entraîner une augmentation des recettes de la SETF d'environ 9 millions d'euros. Les charges de fonctionnement sont prévues à la baisse, tandis que des investissements significatifs sont planifiés pour les sites et le siège. Cette gestion prudente et ambitieuse devrait aboutir à un résultat net positif de 6,7 millions d'euros en 2024.

L'enveloppe des encouragements destinés à la filière est estimée à 299 millions d'euros pour 2024, soit une hausse de 6,6 millions par rapport à 2023. Cette somme comprend les allocations, les primes aux éleveurs et divers soutiens à la filière. La répartition de cette enveloppe, entre Paris et la Province, sera déterminée par le nouveau Conseil d'Administration et le Comité. Des soutiens complémentaires s'élèvent à 6,5 millions d'euros, couvrant l'aide sociale, l'aide à l'emploi pour les entraîneurs et le soutien à l'élevage.

Un élément clé de cette gestion est la finalisation du dossier de location de la rue d’Astorg, qui aura un impact financier positif de 1,55 million d’euros dès 2024. "Toutes les parties prenantes se sont félicitées de cette issue", souligne le communiqué.

Jean-Pierre Barjon a tenu à exprimer sa gratitude envers les membres du Comité qui quitteront leurs fonctions à la fin de l'année, citant nommément Matthieu Abrivard, Pierre Belloche, Joël Bourgeois, Joëlle Conti, Maurice Dahdi, Romain Derieux, Jean-Philippe Dubois, Paul Essartial, Jacques Frappat, Guillaume Garot, Alain Génestar, Alain Pagès, Serge Peltier, Serge Poilane, Olivier Raffin, Dominique Riquet, Jean-Philippe Sémeillon, Claude Simon, Jean-Pierre Thomain et Guy Verva. Il a salué leur implication et le travail accompli durant la mandature.

L'Élevage comme Terrain de Jeu Entrepreneurial

La passion de Jean-Pierre Barjon pour l'élevage de chevaux de courses est née d'une curiosité précoce pour le succès des grands industriels. "Dès que j’ai été adolescent, j’ai essayé de comprendre d’où venait le succès des grands industriels. J’ai lu toutes les biographies des grands noms de l’industrie, de Marcel Dassault à Lagardère. Ce dernier notamment passait deux heures par jour à s’intéresser à l’élevage, aux courses et aux chevaux", raconte-t-il. Il a découvert dans ce domaine un "terrain d’action rêvé pour un entrepreneur. Il n’y a pas meilleur terrain de jeu ! Il y a une prise de risque absolue et dans l’élevage, vous pouvez construire sur des partis pris, ce qui est particulièrement intéressant."

Malgré une retraite confortable après le succès de Lorina, Jean-Pierre Barjon a choisi de relever un nouveau défi en devenant président de Le Trot en 2010. Cette décision était motivée par la conviction que les tendances de l'industrie n'étaient pas favorables. Il a ainsi défendu le programme "Entreprendre pour sauver les courses". "Moi qui étais un entrepreneur solitaire prenant des risques souvent seul face à l’adversité, me voici, à l’âge de la retraite, me demandant ce que je n’avais pas encore fait. Il se trouve que je n’avais pas travaillé pour le monde associatif", explique-t-il.

Aujourd'hui, il préside la chaîne Equidia, et avec Le Trot et Le Galop, il supervise 230 hippodromes et est administrateur du PMU. L'organisation de 18 000 courses par an, impliquant 3500 emplois gérés par Le Trot et Le Galop, témoigne de l'ampleur de sa responsabilité.

Hippodrome de Vincennes

Objectifs et Défis pour l'Avenir

Le système de courses français est leader en Europe et dans le monde. Les objectifs de Jean-Pierre Barjon jusqu'à la fin de son mandat sont clairs : maintenir et accroître la prospérité de la filière. "Comme dans toute entreprise, industrie ou système commercial, tout l’objectif est de baisser les charges et d’augmenter les marges. Pour augmenter les marges, il faut avoir plus de clients, de nouveaux jeux, des courses plus attractives pour les parieurs, de nouveaux partenariats", affirme-t-il. L'innovation, selon lui, réside dans la compréhension et l'adaptation constantes aux besoins des clients, notamment à travers le digital et la présence auprès des nouvelles générations.

Les "Assises du Trot" et les "Assises de l’élevage" ont été des initiatives clés pour comprendre les attentes des clients et des parieurs, ainsi que pour ajuster la race du trotteur français aux exigences de performance. Ces démarches s'inscrivent dans une vision à long terme, visant à assurer la pérennité de la filière.

Jean-Pierre Barjon se montre optimiste quant à l'avenir. "On voit bien que tous les modèles ont une fin. Malgré tout ce qu’on dit, il y a une prise de conscience des dirigeants, des entrepreneurs et des salariés de cette nécessaire intégration économique." Il insiste sur l'importance de l'Europe comme un grand marché à conquérir, tout en réaffirmant l'attachement à l'identité française.

Son parcours entrepreneurial est marqué par une approche humaine et un partage de valeurs. "Ce qui est important pour un entrepreneur, c’est de délivrer : délivrer un produit, délivrer un chiffre d’affaires, délivrer une marge. Il n’y a rien d’artificiel", déclare-t-il. Il croit en la force des équipes et en la capacité de créer de la valeur pour tous. Son moteur principal n'est pas seulement l'argent, mais l'envie d'entreprendre et la capacité à rebondir.

Jean-Pierre Barjon, président de Le Trot, a été vu sur l’hippodrome de Pornichet le 11 juillet 2024, démontrant son implication constante auprès des acteurs de la filière. Originaire de Perpignan, né en 1959, son adaptabilité trouve ses racines dans une enfance marquée par les déménagements fréquents dus à la profession de son père, directeur de Monoprix. Ces expériences ont forgé son caractère et sa capacité à relever les défis.

Hippodrome de Pornichet

L'histoire de Jean-Pierre Barjon est celle d'un homme qui a su allier avec succès le monde de l'entreprise et celui des courses hippiques, apportant une vision stratégique et un dynamisme entrepreneuriaux à la tête du Trot français. Sa réélection confirme sa position de leader, prêt à relever les défis de demain pour assurer la prospérité et l'innovation au sein de la filière.

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